Veau sous la mère, entre tradition et modernité

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En boucherie, on l’appelle veau fermier élevé sous la mère ou veau de lait sous la mère...
L’expression «veau sous la mère», désignant une manière très naturelle d’élever un jeune animal, est née après-guerre, pour souligner la différence entre une méthode ancestrale et l’élevage en batterie.
Aujourd’hui, c’est une filière et un label (rouge) très prisés, pour une production à forte valeur ajoutée devenue insuffisante pour faire face aux besoins d’un marché et d’une consommation qui ne connaissent pas la crise.
Depuis plusieurs années l’association Le Veau sous la mère se mobilise pour attirer de nouveaux producteurs, car pour répondre à la demande et couvrir le déficit de production il faudrait en trouver une centaine par an.
«Les atouts de la filière, en particulier se rentabilité supérieure aux autres productions bovines, ses débouchés garantis, en font un métier valorisant et beaucoup moins contraignant qu’autrefois» indique Francis Rousseau animateur de l’association Veau sous la mère venu présenter il y a quelques jours la filière à l’ensemble des partenaires.
«Après avoir ciblé les jeunes en formation dans les filières agricoles, cette année, notre association s’oriente plus particulièrement vers les jeunes en projet ou en cours d’installation, mais également les producteurs de broutards et les éleveurs laitiers en recherche de diversification ou de reconversion».
L’association a mis en place un système de parrainage, afin qu’aucun nouvel installé dans la filière ne se retrouve isolé.
Mais l’argument-phare est évidemment économique. La production de veau sous la mère offre la meilleure rentabilité à l’hectare d’herbe ou à la vache de toutes les productions du troupeau allaitant et dégage une trésorerie rapide et régulière.
Dans ce sens, les éleveurs laitiers, qui sont de plus en plus nombreux à jeter l’éponge, sont également sensibilisés à cette possible reconversion.
«On ne pourra développer cette filière d’excellence que si on augmente le nombre d’éleveurs», explique Francis Rousseau.
A l’heure de la crise de la filière laitière, le veau sous la mère peut constituer une alternative de valorisation intéressante. Les chambres d’agriculture abondent dans ce sens dans leurs rapports annuels. Grâce à un créneau haut de gamme (label) contractualisé, le veau de lait résiste à toutes les crises.
C’est sur l’exploitation de Christelle Record sur la commune de Baulou qu’il a lancé la campagne de mobilisation pour l’avenir de la filière veau sous la mère 2015, non sans avoir présenté en détail l’accompagnement des futurs installés dans cette production avant de visiter l’exploitation et d’assister en direct à la tétée du soir.
Installée officiellement en octobre 2011, la jeune femme a choisi cette filière exigeante, 25 bêtes par an vendues chez les bouchers de la région, uniquement du veau de race limousine, élevé à l’ancienne.
Pour conserver la blancheur de la viande, le veau se nourrit exclusivement de lait pendant 5 mois et vit dans l’obscurité de l’étable.
Certes une production plus contraignante que le broutard traditionnel, mais tellement plus valorisante. «Rien n’est laissé au hasard, l’alimentation des mères, les soins apportés aux veaux, c’est la méthode des anciens que j’ai écouté pour la reproduire au mieux».
Les conditions de travail ont fortement évolué et les éleveurs tirent leur épingle du jeu en optimisant la valorisation. Pour les veaux sous la mère labellisés label rouge le kilo de carcasse en 2013-2013 était vendu à 9 € alors que le veau boucherie classique est à 5,5 €. La plus-value est garantie, mais cela ne suffit pas à créer des vocations pour relancer la production.
Aussi l’association lance une grande campagne de communication afin d’attirer les éleveurs. «L’Ariège est un département prioritaire, la production y a beaucoup baissé depuis une vingtaine d’années. Elle a pourtant un potentiel énorme: des petites structures et prairies avec des productions de qualité», conclut l’animateur de la filière du Veau sous la mère.
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