Drones actifs sur culture de maïs: la révolution agricole en Ariège
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Plus d’une cinquantaine de professionnels se sont déplacés ce jeudi sur l’exploitation de Jérôme Sottana aux Pujols pour une démonstration organisée dans le cadre d’Innov’action, une initiative mise en place par les Chambres d’Agriculture de la région Midi-Pyrénées pour faire découvrir les performances agroécologiques et les innovations développées localement.
Notre agriculteur ariégeois est un céréalier à la tête d’une exploitation de 146 hectares (dont 53 de maïs semence, 14 de colza semence, blé, tournesol…), mais c’est aussi le président des producteurs de maïs semence (SPSMS).
Il s’est associé à la start’up ariégeoise Drones & Co, spécialisée dans le drone civil à usage professionnel pour travailler sur un mode d’épandage aérien réalisé par un curieux engin à hélices bardé de technologies intelligentes.
Il s’agit de larguer dans les champs des capsules de trichogrammes, ce sont des microguêpes utilisées dans la lutte biologique contre la pyrale du maïs, un papillon de nuit dont les larves attaquent et dévastent les cultures.
Dans le seul département de l’Ariège, selon les années, la pyrale peut détruire entre 30 à 40 % des surfaces de maïs. «J’utilise cette lutte biologique sur mes cultures depuis une dizaine d’années, mais le drone est plus efficace et plus précis, précise Jérôme Sottana.
Les tests réalisés ont été concluants, j’ai hâte de voir le processus à grande échelle».
Une agriculture de précision pour des traitements biologiques plus efficaces
«Maïs Top» tel est le nom de ce projet révolutionnaire a été testé pendant de longs mois (voir notre sujet du 10 octobre) et après la période d’expérimentation, les concepteurs espèrent proposer une version commercialisable à partir de 2016.
«La R&D c’est une véritable aventure dont on ne connait pas le résultat final, mais aujourd’hui nous n’en sommes pas loin», indique Philippe Geny de Drones & co heureux d’avoir gagné son pari sur la technologie.
«Nous allons prouver devant ce public de professionnels que nous sommes en mesure de larguer des trichogrammes à bonne vitesse et de traiter correctement 5 hectares en 15 à 20 minutes».
Pour cela un système embarqué intelligent (actif) permettant de libérer les capsules sur les cultures selon un plan de vol très précis et un plan de largage encore plus pointu a été développé en amont par Agénium, partenaire historique de Drones & Co.
«Nous avons développé la partie intelligente de la charge utile, c’est-à-dire la partie électronique (hardware et software), explique Joël Castets qui a conçu avec son équipe un logiciel permettant d’évaluer en temps réel la position du drone, les conditions extérieures (forces du vent, altitude, vitesse) de détecter en fonction de tous ces paramètres le moment opportun de largage…
«Nous sommes l’interface entre l’agriculteur et le drone» poursuit le responsable de cette entreprise d’ingénierie spécialisée dans les solutions de système électronique embarqué. «Nous venons de la défense ou du spatial et nous voulons à présent diversifier nos activités en développant des charges utiles intelligentes adaptables sur les drones… c’est une première en agriculture».
Parmi les visiteurs venus assister à cette démonstration, Jacques Frandon responsable de la société Biotop basés dans la Drôme, visiblement très intéressé par cette technologie: «c’est selon moi l’avenir de l’agriculture et je suis heureux de pouvoir venir en Ariège, un département pionnier en la matière».
Le drone un véritable potentiel pour l’agriculture de demain
«Il y a 500 000 hectares de maïs atteint par la pyrale en France, poursuit Philippe Geny, on imagine le potentiel que cela peut représenter. Le largage de ces capsules de trichogrammes évite la pause manuelle, un manque de précision et leur cout de traitement est compétitif.
De plus les restrictions en matière d’utilisation d’hélicoptère sont telles que le drone constitue une belle alternative garantissant toutes les mesures de sécurité en matière de survol à basse altitude.
En participant à cette agriculture raisonnée de précision et en utilisant des agents bio, nous sommes convaincus d’être dans le sens de l’histoire. Et si nous pouvons être un vecteur vertueux de cette révolution verte, cela nous convient tout à fait !»
«Maïs Top» va rentrer en phase d’industrialisation, mais Drones & Co et Agenium travaillent déjà sur nouveau drone, capable à terme de faire du largage, de la pulvérisation, de l’observation, mais surtout sur une nouvelle application.
Il s’agit d’un programme développé avec l’ONF pour lutter contre les chenilles processionnaires.
La dynamique est lancée, les compétences sont là et les applications peuvent se développer à l’infini dans le domaine agricole. La révolution verte est en marche.
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