Pestivirose de l'Isard: 7000 ovins actuellement testés sur le grand massif d'Orlu
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Dans le cadre de l’Assemblée Générale des chasseurs de l’Ariège, Jean-Pierre Alzieu, vétérinaire, responsable du laboratoire départemental a fait le point sur le suivi de la faune sauvage.
Un suivi réalisé grâce aux bonnes relations entretenues avec le monde cynégétique qui permettent chaque année de réaliser des prélèvements sur les sangliers abattus pendant la saison de chasse (un sanglier sur trois est analysé) afin d’éviter tout problème de trichinellose, une maladie grave pour l’homme, et de réaliser une veille sanitaire globale sur la faune sauvage.
Pestivirose de l’isard: une prophylaxie sanitaire mise en place à titre expérimental
Parmi les gros dossiers suivis par la FDC09 en relation avec Jean-Pierre Alzieu, le virus dont souffrent les isards depuis de longues années.
Apparu sur le massif à la fin des années 90, il a fait d’importants dégâts jusqu’en 2002 et continue à impacter le renouvellement de cette espèce emblématique des Pyrénées.
Le pestivirus de l’isard, officiellement identifié en 2002 par le directeur du laboratoire départemental, appartient à l’ensemble des pestivirus apparentés à la Border Disease des ovins (BD en abrégé et en particulier à la BDV4).
Une enquête sérologique effectuée en 2011-2012 sur 6500 ovins transhumants a révélé une proportion très élevée d’ovins séropositifs vis-à-vis de la BD en estive avec quasiment aucune estive épargnée.
Des questions se sont posées quant à l’origine du virus circulant : est-il déjà présent dans les élevages avant estive, s’est-il propagé, amplifié par la circulation intercheptel ou encore est-ce le fruit d’échanges possibles entre ovins et isards?
Pour y répondre, une étude spécifique (financée par le laboratoire départemental et le groupement de défense sanitaire, en partenariat avec l’École Vétérinaire de Toulouse) a été menée en 2013 à l’échelle de deux massifs, celui du Montcalm et celui d’Orlu.
À travers ces travaux, on a pu démontrer que sur les moutons transhumants, il y a des souches relativement proches et que moutons et isards pourraient échanger ces souches virales. « Les études montrent que la totalité des pestivirus isolés sont du même génotype.
Aujourd’hui le débat de savoir qui de l’isard ou du mouton a été le premier infecté est totalement dépassé, précise Jean-Pierre Alzieu. Ce qui compte par-dessus tout c’est de protéger les cheptels ovins ariégeois de la Border Disease».
En définitive la prophylaxie vaccinale n’a pas été retenue, on lui a préféré un dépistage systématique des individus porteurs du virus (les fameux «IPI» pour permanent immunotolérant) responsables de la contamination des cheptels ovins (sur les estives les bêtes se mélangent) et par-là même des hardes d’isards.
«Deux solutions s’offraient à nous: le dépistage de tous les moutons qui vont à la montagne (avec analyses sanguines pour savoir s’ils sont porteurs du virus) ou le dépistage exclusif des effectifs porteurs de la maladie».
La zone expérimentale sur laquelle est actuellement réalisé ce test grandeur nature est située sur le grand massif d’Orlu (il s’étend de Mérens-L’Hospitalet à Quérigut et bien entendu aux vallées D’orlu-Orgeix), soit 6 groupements pastoraux.
Sur les 7000 prélèvements prévus avant la montée en estive, 4000 ont déjà été réalisés et sur 11 cheptels contrôlés, 4 se sont révélés positifs: «la viropositivité est faible (entre 0,5 et 1,5 %), c’est supportable pour les éleveurs qui sont contraints de réformer ces animaux positifs, poursuit Jean-Pierre Alzieu.
Les bêtes testées positives sont comestibles pour l’homme (elles vont à l’abattoir). Mais au-delà, c’est un pari gagnant/gagnant, car les éleveurs assainissent leurs troupeaux (ils redescendent propre des estives) et les échanges moutons-isards sont réduits, ce qui permet d’évaluer une rapide restauration des populations sur 3 à 5 ans».
Une solution couteuse pour les financeurs (FDC09, ONCFS, ONF, GDS, Conseil départemental et syndical communal Orlu-Orgeix), car ce plan va coûter au final 55 000 €. Mais le jeu en vaut bien la chandelle.

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