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Les chasseurs Ariégeois en ordre de bataille contre «le lobby anti-chasse et les écolos»

© midinews 2015

Samedi l’assemble générale des chasseurs avait lieu à Montgailhard. Le verbe était haut et engagé, mais aussi franc et sincère, à l’image de son président Jean-Luc Fernandez qui depuis six ans renouvelle avec délice cet exercice de style.

C’est devant un auditoire conquis de près de 700 chasseurs qu’il a dénoncé tour à tour dans son rapport moral «les nombreuses attaques dont sont victimes les chasseurs», le «lobby anti-chasse», «les mouvances intégristes» ou «le péril vert».

Le président Fernandez n’a pas manqué de faire passer quelques messages en direction des parlementaires (le député Alain Fauré à ses côtés à la tribune a été pris à témoin pour dénoncer la politique nationale) ou des conseillers régionaux qui brillaient par leur absence.
Haro sur les écolos et autre lobby anti-chasse
«La stratégie de nos adversaires est claire, elle s’appuie sur l’adoption de nouveaux textes et chaque projet de loi est prétexte à de nouvelles attaques et restrictions validées sans la moindre difficulté.

Il est absolument scandaleux que les parlementaires soient systématiquement soumis à l’influence du lobby anti-chasse à l’origine de propositions qui viennent polluer les textes
».

Parmi ces textes il a été question du principe de consultation du public, du nouveau statut de l’animal dans le Code civil (désormais considéré comme «un être vivant doué de sensibilité») ou de la loi sur la biodiversité: «à cause de l’absentéisme des parlementaires (moins de 15 députés siégeaient ce jeudi 19 mars dans l’hémicycle), nos adversaires ont porté quelques mauvais coups à la chasse traditionnelle, notamment en prononçant l’interdiction de la chasse de nuit, de la chasse à la glu, du déterrage.

Aujourd’hui le texte va passer au Sénat, mais peut-on encore compte sur nos sénateurs pour le retoquer? En tout cas celui de l’Ariège préfère s’inscrire à la commission forêt qu’à celle de la chasse et ne répond pas à mes courriers
».

Quant à la création de l’agence de la Biodiversité, «fumeuse et verdissante usine à gaz» ou devraient se trouver réunis tous les organismes en charge des affaires environnementales (ONEMA, établissement public des parcs nationaux.. et peut-être à terme l’ONF et l’ONCFS), elle sera dirigée par l’astrophysicien Hubert Reeves, président du Rassemblement des Opposants à la Chasse (ROC), un très mauvais signal pour les chasseurs.

Le président a rappelé «l’absolue nécessité d’agir au plus tôt contre la mouvance anti-chasse intégriste», car depuis quelques semaines les agressions et les exactions se multiplient: «nous étions habitués aux graffitis imbéciles, aux pièges vandalisés, aux articles nauséabonds ou à l’intrusion violentes de casseurs au sein de battues ou de chasse à courre.

Depuis quelques semaines, l’escalade de la violence et de la haine est en marche. Les chasseurs ariégeois n’aspirent qu’à une chose, vivre et pratiquer en paix, mais attention ils savent aussi répondre aux provocations et si nécessaire livrer bataille
».
Et si les chasseurs revenaient en politique ?
Enfin il a été question de la réforme territoriale et du fonctionnement de la région.

«Lors des dernières élections départementales, certains d’entre nous se sont ventés d’être écolos… Augustin Bonrepaux s’est toujours évertué par le passé d’éloigner le péril vert de l’hémicycle…

Et bien je vous le dis quand un élu vert sera en capacité de rentrer au sein de l’assemblée départementale, il aura un chasseur en face. Les 7000 chasseurs ariégeois ont un certain poids politique qui à tout instant peut être mobilisé
».

Quant à la future grande région Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées, le président Fernandez n’augure rien de facile au niveau cynégétique: «pour coller à cette nouvelle organisation, deux Fédérations régionales des Chasseurs devront demain se réunir et à travers elles, 12 fédérations départementales.

Apprendre à travailler ensemble, alors que les problématiques pyrénéennes, cévenoles ou languedociennes n’ont rien de commun, ne sera pas chose aisée. Nous essayerons bien sûr de faire en sorte que ces super régions cynégétiques ne deviennent pas des usines à gaz aux coûts démultipliés, ingouvernables et ingérables, car trop éloignés du terrain
».

Enfin pour clore ce chapitre régional, Jean-Luc Fernandez a évoqué la distribution des subventions à destination de tout ce que la région compte d’associations environnementales (7 millions d’euros par an) et dans le même temps la même Région Midi-Pyrénées alloue aux 8 fédérations, à leurs plus de 90 000 adhérents, 90 000 €, soit moins d’1 € par chasseur: «la région nous donne l’aumône, les pièces jaunes et en plus vient contrôler le travail que nous réalisons sur le terrain pour l’usage de ces fonds, ce qui est le comble de l’humiliation…

Quel dommage que les conseillers régionaux ne soient des nôtres aujourd’hui, ils auraient pu nous apporter quelques explications ! » Dans la foulée le président Fernandez, emporté par les applaudissements de la salle s’est prêté à quelques réflexions: «jamais nous n’avons été autant entendus que lorsque nous avions des élus au conseil Régional. Peut-être faudrait-il à nouveau refaire de la politique ?»
Très consensuel au sujet de l’ours
Avant de conclure, le responsable des chasseurs ariégeois a remercié Nathalie Marthien Préfet de l’Ariège (représentée par Ronan Boillot, secrétaire général de la Préfecture) et ses services pour l’écoute faite aux chasseurs avant de s’arrêter sur les grands prédateurs.

Il n’y a pas si longtemps la seule évocation de l’ours faisait fâcher tout rouge Jean-Luc Fernandez, car il y voyait notamment des contraintes faites à la pratique de la chasse en battue. Mais au fil du temps, il a été prouvé que cette pratique séculaire ne suscitait pas de contre-indication au développement de la biodiversité.

Preuve en est, les 29 ours pyrénéens sont localisés sur les 40 communes ariégeoises où on enregistre un des plus forts nombres de battues. Pour lui «aujourd’hui le débat est clos par contre si nous sommes arrivés à ce consensus en Ariège, nous n’accepterons aucune compromission ni aucune contrainte…

Quant à la consanguinité que les écolos veulent instrumentaliser pour trainer l’État en Justice et le voir condamné à lâcher de nouveaux ours, depuis Adam et Ève, nous savons bien qu’elle est sans effet sur les espèces !
»

Enfin, Jean-Luc Fernandez a appelé à davantage de lumière sur le dossier loup (dont il subodore quelques trafics): «plutôt que de ratifier en catimini la convention de Berne qui protégera demain en plus du loup, les hybrides chiens/loups, le gouvernement et le ministère se grandiraient à faire toute la lumière sur les trafics en tout genre dont l’espèce fait l’objet.

Cela mettait à coup sûr en évidence une apparition artificielle de l’espèce dans l’hexagone et bien sûr en Ariège. Cela devrait aussi remettre en cause la protection imbécile dont ces animaux bénéficient
». Avant d’ironiser sur le fait qu’un arrêté national va permettre de tirer le loup dans le département alors qu’officiellement il n’y en a pas.


Bilan de la saison en quelques chiffres

Une saison 2014-2015 satisfaisante avec la validation de 6844 permis de chasser (soit 21 de moins que l’an passé), preuve d’une certaine stabilité des effectifs en Ariège. Au cours des 5 sessions du permis de chasser, 174 candidats ont été reçus.

Concernant les dégâts grand gibier, la FDC09 a assuré la gestion de 288 dossiers, leur nombre est constant même si le prix des denrées fluctue. 453 demandes de plans de chasse ont été instruites et 7513 bracelets distribués.

Autre source de satisfaction, 1100 sangliers ont été prélevés soit une hausse de 20 %, indispensable à l’équilibre cynégétique. 27 chasseurs ont suivi la formation «examen initial de la venaison» obligatoire pour s’assurer de la salubrité de la venaison.
Laurence Cabrol | 27/04/2015 - 18:53 | Lu: 58537 fois