accueil  |  ariège   |  france

Transhumance en Haut-Salat: un bel hommage à «Fanfan» Martres

© midinews 2015

Depuis quelques jours ils ont repris le chemin de la montagne…

Vendredi dernier c’est au départ de Belloc qu’éleveurs et courageux qui suivent ce rituel devenu une fête, ont pris la route pour les estives.

Pour la quinzième année consécutive, des milliers de moutons, des centaines de vaches et de chevaux convergent sur les 9 vallées du Couserans et leurs dizaines d’estives.

Tout un pays s’anime au rythme des troupeaux: «la transhumance c’est le respect de la tradition, l’affirmation de notre identité, mais aussi la valorisation de notre métier et une manière d’en assurer la relève» explique Jean-Marc Amilhat, l’infatigable promoteur de cette manifestation qui attire chaque année des centaines de curieux, visiteurs, touristes, personnalités venus d’ici ou d’ailleurs, baigner le temps d’une journée ou d’un week-end dans cette ambiance authentique et festive.

Mais cette année la Transhumance a un goût particulier.

Les moutons sont bien présents, mais François Martres dit «Fanfan» n’est plus là pour les guider. Après avoir lutté de longs mois contre la maladie, il est parti la semaine dernière sur la pointe des pieds. Il a cependant veillé que tout soit prêt pour le grand jour. Et à présent c’est Gisèle sa compagne et Aurélie, 18 ans, sa fille qui reprennent le flambeau.


Ne pas casser les maillons de la chaine pour que la montagne vive… c’est l’esprit de Fanfan qui les guide sur les routes au fil des étapes de cette transhumance: «le plus solide d’entre nous est parti, mais nous devons rester soudé et continuer à nous battre» poursuit Gisèle consciente de la chance d’appartenir à la grande famille des éleveurs.

À la tête du cortège, certains arborent le portrait de Fanfan, un dernier hommage, mais tous savent qu’il sera toujours présent dans les cœurs.

«Quand Claude Baquié est venu lui proposer de relancer les transhumances traditionnelles, il a été le premier à croire et soutenir ce projet, poursuit Jean-Marc Amilhat.

Depuis quinze ans il participait avec son troupeau à cette manifestation dont il était devenu un des piliers.

Aujourd’hui nous voulons continuer à marcher dans ses pas, à faire vivre cet esprit se solidarité, d’amitié, cette passion pour l’élevage.

Et si l’estive du Mont Rouch continue à vivre, c’est pour beaucoup grâce à Fanfan qui a permis à des jeunes éleveurs d’y transhumer
».

Cette passion de l’élevage, Élodie et Aurélie l’ont dans les gênes: «nous sommes quatre éleveurs sur 1500 hectares du groupement pastoral du Mont Rouch. La transhumance c’est aussi l’occasion de mieux faire connaitre notre métier.

C’est un moment intense, les bêtes ont une horloge interne qui les pousse à monter en estive. Cela nous permet de libérer des terrains pour faire les foins ou des cultures pour préparer l’hiver…

Ce qu’on aime dans ce métier c’est que l’on travaille sur du vivant et surtout la liberté qu’il nous procure
».

Parmi les bêtes de Fanfan marquées du «M» de Martres, on a pu apercevoir le «A» d’Aurélie. «Le jour de mes 18 ans, mon père m’a offert un pégadès pour marquer mes brebis, j’en suis très fière».

La relève est là.

Laurence Cabrol | 15/06/2015 - 19:43 | Lu: 27854 fois