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Les petites histoires de Mélanie: les châteaux de la Vicomté

Crédit photo: Michel Burley

Depuis 2004, le collectif de recherches sur les «fortifications médiévales dans les comtés de Foix, Couserans et Comminges» travaille sur un programme qui donne lieu chaque année à une publication scientifique.

Dans l’ouvrage de vulgarisation qui vient de paraitre « Châteaux et forts médiévaux en Couserans », Denis Mirouse et Pascal Audabram, membres de ce collectif, ont mis en commun leurs travaux respectifs pour nous inviter à découvrir les vestiges qui peuplent le Couserans.

Les châteaux du Couserans correspondent à des secteurs et des bâtisseurs différents. Parmi les «châteaux de l’Évêque», ceux de Comminges ou du Levant, apparaissent les châteaux de la vicomté.

Au XIIe siècle, la vicomté n’était qu’une partie du Couserans et celle-ci se trouvait sous la suzeraineté des comtes de Comminges. Ses châteaux étaient installés sur le secteur du Haut Salat.

Sur cette liste on dénombre le Ker de Massat, perché sur son univers minéral dominant la vallée de l’Arac ; le Castel Amour, bâtisse du XIVe ou XVe siècle, un castel «d’amour et de haine» dévasté par les habitants de la commune de Massat ; Mongelous qui garde l’entrée de la vallée de Massat n’ayant laissé qu’une motte et un fossé ; le château du Trein, détruit en 1830 par les villageois pourfendeurs des droits féodaux, ses vestiges furent emportés pour construire la nouvelle église du village d’Ustou ; Mirabat perché à 1270 m d’altitude, le plus élevé du Couserans, idéalement positionné pour surveiller les cols du Haut Salat ; Lagarde, forteresse royale de la fin du XIIIe siècle aux tours d’angles et mâchicoulis toujours visibles.

Le château de Seix, demeure seigneuriale qui abrite aujourd’hui le Centre d’Interprétation du Patrimoine du Couserans ; ou encore le Castera de Vic d’Oust sur les hauteurs de l’église romane Notre-Dame.

Les vicomtes de Couserans étaient issus des comtes de Comminges. «Comme leurs ancêtres du Xe siècle, ils adoptèrent le nom de Roger et leur cadet celui d’Arnaud. La terre du vicomte commençait à Saint-Girons. Ville bâtie autour d’un prieuré, Saint-Girons n’a rien conservé des tours et remparts qui entouraient la ville.

Cependant, le Moyen-âge a laissé son empreinte dans le tracé de ses rues. À cette époque le château vicomtal était au quartier Palétès. Son nom, l’Espiugue, vient de la grotte ou spoulga contre laquelle il s’appuyait
». L’Espiugue, au même titre que Lacourt, Chunaut ou Encourtiech, faisait partie des fortifications directement tenues par les vicomtes. Elles furent les quatre résidences principales de ces hauts dignitaires.

Lacourt était le siège des premiers vicomtes de Couserans. Symbole seigneurial, il ne subsiste que quelques ruines qui dominent le village sur la rive gauche du Salat. En rive droite se situe l’autre partie de l’agglomération regroupée autour de son église.

On ne trouve aucune mention de cette fortification avant la période moderne. Mais grâce à la présence d’un mur sur la partie sommitale et à l’agencement de ses pierres, on peut dater le site castral de la fin du XIIe siècle.

Chunaut, son exceptionnelle tour ronde qui se dresse encore fièrement matérialise l’entrée sur le territoire vicomtal. Arrondie, campée sur un promontoire, le château domine les gorges de la Ribaute qui mènent aux vallées du Haut Salat.

Sa particularité est de posséder une tour ronde qui diffère des tours quadrangulaires des environs. Cette mode est sans doute apparue au cours du XIIIe siècle, après que Roger II, vicomte de Couserans ait acquis le Pallars, situé au sud, et comté référent en cette architecture. Au pied du château s’est développé le hameau de Chunaut.  

«Le château d’Encourtiech verrouille l’entrée de la vallée de Rivèrenert dont l’activité minière remonte à l’Antiquité». Il est sans doute le plus impressionnant des vestiges bâtis. Érigé à la fin du XIIIe siècle ou au début du XVe siècle, sa belle élévation de murs, une tourelle d’angle et des meurtrières sont encore visibles aujourd’hui.

Comme le rappelle Pascal Audabram, ces fortifications souvent méconnues sont longtemps restées dissimulées sous une épaisse végétation. Elles n’attendent plus que vous pour se révéler enfin.

À lire: «Châteaux et forts médiévaux en Couserans», une invitation à la découverte, Denis Mirouse, Pascal Audabram, Editions Le Pas d’Oiseau, 93 pages, 2015. Un livre riche de cartes, dessins, photographies et de textes clairs et précis. Un très bel ouvrage à garder en poche pour visiter les châteaux du Couserans !


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Mélanie Savès | 10/07/2015 - 19:18 | Lu: 6683 fois