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Saverdun: davantage de souplesse de travail pour les sapeurs pompiers volontaires

© midinews 2013

Vendredi dernier avait lieu à Saverdun, dans la salle du conseil de la Communauté de communes, la signature de conventions de disponibilité d'agents communaux et intercommunaux, sapeurs pompiers volontaires au SDIS, sur leur temps de travail.

Employés à la Communauté de communes ou à la maison de retraite de Saverdun, ces agents doivent en effet s'absenter régulièrement pour intervenir en tant que pompiers volontaires. Bien qu'une certaine souplesse existe déjà, la signature de ces conventions était nécessaire pour fixer par écrit les droits de ces agents.

Encourager le volontariat
Philippe Calléja, le maire de Saverdun, rappelle que «ces conventions sont établies pour formaliser la possibilité donnée à des salariés des collectivités de pouvoir exercer leur métier de sapeur pompier de manière cohérente, en les libérant durant leurs heures de travail en cas d'intervention.

La municipalité souhaite soutenir cette démarche de solidarité et encourager le volontariat. C'est un geste politique fort de la collectivité, qui a toujours travaillé en étroite collaboration avec le corps des pompiers
»

De son côté, Patrick Léonardelli, le chef de centre de Saverdun, a salué l'implication de Philippe Calléja, qu'il qualifie de «maire réactif»; il se réjouit d'être responsable d'un «centre aussi riche, tant au niveau du personnel présent en nombre et très impliqué, que par la bienveillance de la municipalité, qui prête par exemple des locaux pour les manœuvres mensuelles.

Grâce à ces conventions, les sapeurs pompiers pourront aussi être détachés pour aller en formation, 10 jours par an pendant leurs trois premières années d'exercice, puis 5 jours par an
»

Comment se déroule le départ en intervention des SPV pendant le temps de travail?
Le centre de Saverdun est l'un des plus importants de l'Ariège, avec 20% des départs d'interventions du département depuis Saverdun.

«Afin de garantir un départ rapide, un système d'alerte spécial a été mis en place. Un ordinateur recherche sur sa base de données les personnels disponibles, en priorité ceux qui sont en repos et ceux dont la dernière intervention est la plus ancienne, explique Patrick Léonardelli. Il arrive cependant que des sapeurs pompiers soient appelés pendant leur temps de travail si leurs compétences particulières sont nécessaires»

Une fois alertés par leur «biper», les agents doivent immédiatement cesser leur activité et se rendre sur le lieu d'intervention. Ces départs, à la fois brutaux et réguliers, pourraient contrarier les chefs de service ou les autres employés, car le travail entrepris reste en suspens pendant plusieurs heures, voire plus longtemps.

Au contraire, c'est avec compréhension que l'ensemble du personnel voit le pompier volontaire partir. «Le fait de terminer le travail entrepris par le sapeur pompier volontaire est une forme de solidarité de la part des agents, souligne un chef de service. Ils participent ainsi indirectement à leur action»

Des interventions de plus en plus lointaines: «à chaque canton, à chaque commune sa solution»
Le centre de secours de Saverdun ne limite pas son action à la commune. Il intervient aussi à Mazères, Lézat ou Le Fossat.

Philippe Calléja insiste sur le fait que ces communes ne donnant pas la possibilité à leurs agents SPV de s'absenter de leur travail, un autre centre de secours est sollicité, en l'occurrence celui de Saverdun.

«Cela pose problème car la durée d'intervention est plus longue: les pompiers mobilisés s'absentent donc plus longtemps de leur travail et ne sont plus disponibles sur la commune en cas de besoin»

À un pompier de Mazères qui lui fait remarquer que les casernes ferment une à une et sont en difficulté, le maire rétorque qu'un maillage de casernes existe, mais que le personnel doit pouvoir exercer.

Il poursuit: «le fait de rendre les agents communaux plus disponibles est une contrainte financière car les salaires des pompiers qui partent sont maintenus. Cela est payé par les impôts de la Communauté de communes, donc pour la vallée de la Lèze, ce n'est pas normal»

«Aux maires de faire des choix!, lance-t-il. Sinon la mairie de Saverdun enverra des factures pour payer les heures de travail perdues par les pompiers. L'objectif est de créer un électrochoc pour que chacun prenne ses responsabilités. Pour Mazères, le problème est différent puisqu'il s'agit de la Communauté de communes. C'est surtout un problème qui concerne la vallée de la Lèze»

Un appel aux communes qui ne manquera pas d'interpeller les élus concernés.

CD | 28/06/2013 - 19:05 | Lu: 6691 fois