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La Bastide de Bousignac: unanimité derrière Roger Sénié, à nouveau des élections fin juillet

© midinews 2013

La mobilisation autour de «l’intégration forcée de la commune à la communauté de communes du pays de Mirepoix au 1er janvier 2013» ne retombe pas, bien au contraire.

Ce dimanche, des Bastidiens se sont rendus par centaines, à pied, devant l’usine Actis au départ d’une manifestation symbolique reliant la Zone Industrielle de Caraud au village. Une minute de recueillement devant le panneau affublé d’un avis de décès en date du 1er janvier 2013 et reprise en cœur de la Marseillaise.

A la tête de ce mouvement, Roger Sénié, élu maire depuis 1947 à La Bastide de Bousignac (338 habitants). «Quand il y a des injustices les gens se mobilisent. Vous voyez ces 25 hectares ont été aménagés sans aucune subvention de l’Etat.

La seule entreprise Actis représente 7ha et devait nous rapporter à partir du 1er janvier 2013, 145 000 euros par an de rentrées fiscales. Mais du jour au lendemain, tout bascule à cause d’un arrêté préfectoral scélérat.

Nous sommes spoliés et surtout en colère car nous avons fait confiance au préfet qui nous avait promis de rentrer dans la communauté de communes au 1er janvier 2014 mais qui en définitive pour répondre à je ne sais quelle pression nous y intègre en 2013. Il y a de quoi être en colère contre les méthodes de l’administration… je suis désabusé et en colère. On nous pousse dans nos derniers retranchements !
»

Une forte mobilisation qui dépasse les clivages politiques tant au niveau de la commune qu’au niveau local comme se réjouit Bernard Sénié, élu démissionnaire.

Car face à «l’incurie des services de l’Etat», rappelons que le maire et son conseil municipal ont démissionné en bloc en début d’année et malgré les élections municipales organisées ce printemps, il n’y a toujours pas de pilote dans l’avion.

«Une délégation mise en place par le préfet gère les affaires courantes (salaires des employés municipaux, exécution des dépenses jusqu’aux prochaines élections, le 21 juillet»

Outre la population qui fait bloc derrière son maire démissionnaire, la cause des petites communes face aux intercommunalités commence à faire des émules et pas seulement, comme on aurait pu le croire, dans les rangs des partis d’opposition… aux côtés de Roger Senié qui fut le patron du RPR local pendant une trentaine d’années, d’autres personnalités se sont jointes au cortège comme le très médiatique Gérard Schivardi, maire de Mailhac dans l’Aude et ancien candidat aux élections présidentielles.

«Pour une fois qu’il y a un maire qui ose dire la vérité! Ça me fait plaisir d’être ici car l’Ariège et l’Aude ont toujours exprimé l’intérêt des population» s’exclame l’élu audois farouchement opposé à une intégration à marche forcée dans l’intercommunalité.

«Ce qui s’est passé ici est totalement illégal. Le préfet ne pouvait pas intégrer en 2013 cette commune dans une communauté de communes sans lui avoir fourni tous les éléments financiers et juridiques. De son côté le président de la communauté de communes avec sa majorité qualifiée a le pouvoir de vous rendre l’argent. Et le préfet ne peut pas s’y opposer»

Et Gérar Schivardi d’ajouter plein de louanges: «c’est un maire extraordinaire. On me dit que c’est un maire de droite… Qu’est-ce que j’en ai à foutre tant qu’on défend les citoyens, sa commune, la République, Une, indivisible et laïque, je me déplace. Et j’espère que lors des prochaines élections il sera réélu à 98% pour donner une leçon à ceux qui prétendent que les communes ne doivent plus exister, que les départements doivent disparaître et tout doit être géré par les métropoles»

Le maire de Mailhac a lancé un vaste mouvement national, il cherche des signatures afin d’obtenir un entretien avec le président de la République et lui parler «les yeux dans les yeux» de l’intercommunalité et de l’acte 3 de la décentralisation.

«Aujourd’hui j’ai 530 signatures, des députés, des sénateurs se sont joints aux maires… Hollande avait promis qu’il reviendrait sur les lois Sarkozy et qu’il lancerait une véritable concertation ce n’est pas le cas»

En écho à ses propos, ceux de Jacky Barbe, maire de La Bastide sur l’Hers depuis 30 ans, venu en voisin porter son soutien aux «pigassous» (appellation donnée aux habitants de La Bastide de Bousignac NDLR).

«Aujourd’hui l’heure est grave pour la France, je crois que dans cette France malade, on a une Ariège moribonde et un Pays d’Olmes qui est à l’agonie, aujourd’hui l’heure n’est pas aux combats d’idées, il faut se serrer les coudes […] Je ne me bats contre personne mais simplement pour essayer de relever la tête. M. Senié au travers de cette zone industrielle, a permis à Laurent Thierry de rester chez nous. Est-ce qu’aujourd’hui, on peut accepter qu’on lui vole, il n’y a pas d’autres mots, 145 000 € par an.

Aujourd’hui, j’en ai ras le bol de l’image de nos politiques. J’ai l’impression qu’on a une voiture en panne et qu’on se bat pour savoir qui va conduire plutôt que de chercher un mécano. Ici ce n’est pas l’intérêt personnel qui est privilégié, ce sont des gens de bonne volonté qui se battent pour leurs concitoyens. Je continuerai ce combat. Je suis là pour réveiller le Pays d’Olmes et j’implore le préfet de faire marche arrière
»

Du côté des Bastidiens, la résistance s’organise: «on ne lâchera rien… la devise de notre village: résister c’est vaincre. On reste tous unis derrière notre maire»

Laurence Cabrol | 01/07/2013 - 19:22 | Lu: 21966 fois