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Zebda à la rencontre des lycéens ariégeois: 25 ans après, ils ont toujours des choses à dire

© midinews 2015

C’est dans le cadre de la semaine culturelle des lycées en partenariat avec le service culturel de la ville de Pamiers que les jeunes des trois établissements appaméens participants (lycées Irénée Cros, lycée du Castella et LEGTA) ont organisé des manifestations mettant en valeur le travail mené toute l’année.

Ce jeudi une vingtaine de lycéens accueillait Mustapha et Akim Amokrane du groupe toulousain Zebda, en concert salle du Jeu du Mail samedi prochain (grâce au partenariat avec Art’Cade, l’association de diffusion de musiques actuelles).


La chanson, comme une invitation à la réflexion à l’échange, au partage
Dans la salle des jeunes âgés de 16 à 18 ans qui ont connu, pour la plupart, le groupe grâce à leurs parents, mais qui trouvent aujourd’hui de l’écho dans les paroles engagées de leurs chansons.

«C’est un groupe militant, les mots ont du sens même si on ne retient pas tout» précise cette adolescente qui n’était pas née dans les années 90 à la création du groupe.

Certains sont musiciens et comptent bien parler du métier avec ces deux artistes. «Je joue de la guitare, j’aimerais bien qu’ils nous donnent des ficelles pour percer dans le métier»

D’autres sont tombés par hasard sur le célèbre single des années 98 «Tomber la chemise» et ont découvert la musique métissée et le militantisme de ces Toulousains.

Et au regard des évènements du 11 janvier, les mots des chansons de ce groupe issu du quartier des Isards à Toulouse ont une sonorité particulière. «Ils dénoncent ce qui ne va pas dans la société, il faut retenir un message positif celui du vivre ensemble»

Zedba, le retour : un album poétique et politique 
En 1995, Zebda parlait déjà dans «Le bruit et l’odeur» de l’immigration. Après un break de huit ans, le groupe se retrouve : Le Second Tour sorti en 2012 pour la présidentielle, est un cri de révolte contre la régression sociale.

Aujourd’hui avec Cherokees leur dernier album, l’alchimie fonctionne à nouveau. Sous la dimension festive et «groovy», la politique n’est jamais bien loin, car avec Zebda les chansons sont pensées comme des prises de paroles publiques avec des messages incisifs : indifférence, marchands de sommeil, exclusion, les discriminations, identité nationale…

Mustapha et Akim ont pu témoigner, échanger avec ces jeunes ariégeois. «Faire de la musique c’est prendre la parole, nous avons ce privilège-là […] l’idée de dialoguer, d’échanger a une signification particulière.

L’idée qu’on puisse communiquer les uns avec les autres, tenter d’avoir des choses à partager, des expériences de vie à se raconter, c’est encore plus important à la lumière des évènements qui ont pu se passer ces derniers temps
»

Pour Akim, «malgré le break de Zebda, après les deux disques sortis en deux ans, le groupe a grandi, est devenu plus mature les choses ont changé, mais les thèmes dans les textes de leurs chansons sont malheureusement les mêmes. 

Je dis bien malheureusement, car on aurait aimé une évolution différente de la société. On continuera à dire les choses, à dénoncer les injustices jusqu’au bout
»

Enfin pour ceux qui ont des rêves et des paillettes plein les yeux ou qui regardent trop les émissions de télé-réalité, les frères Amokrane leur ont remis les pieds sur terre.

«On n’a pas de leçon à donner, on n’est pas là pour faire un cours, on est là pour vous montrer que la réussite prend plein de formes, ce n’est pas seulement passer à la télé, avoir son instant de gloire, c’est surtout être bien dans sa vie, partager les choses avec les gens qu’on apprécie, avec lesquels on se construit, essayer d’être le plus courageux possible parce que finalement, il y a une forme de combat dans l’idée de construction»

Les troubadours des minorités culturelles sont de retour: qu’ils soient «Occitans», «Arabes» «Cherokees», «enfants des favelas» mêmes combats, mêmes espoirs !

Après plus de vingt ans d’absence sur les terres ariégeoises, le concert de Zebda s’annonce d’ores et déjà comme un évènement.

Laurence Cabrol | 12/03/2015 - 19:05 | Lu: 15562 fois