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Foix: exposition Le camp de concentration du Vernet d'Ariège

© midinews 2015

C’est le 20 juillet que se clôturera l’exposition « le camp de concentration du Vernet d’Ariège » située à la mairie de Foix dans la salle Jean Jaurès.

Le vernissage s’est déroulé le lundi 6 juillet et le carnet de dessins intitulé «Voyage dans le curieux pays du Vernet», textes de Sandor Grunhut Garay et dessins de Vladimir Makaroff a été présenté lundi 13 juillet.

Ce carnet original contient des dessins et des cartes postales réalisés par Constantin Sikatchinsky, peintre décorateur russe, interné au camp du Vernet en provenance du camp de Roland Garros en octobre 1939 et livré aux autorités allemandes en juin 1941.

Il est accompagné de textes, réalisé en 1940 pendant l’internement des deux auteurs. Ils y décrivent, avec un humour terrible, la vie dans ce camp de concentration.

Cinq panneaux retracent l’histoire de ce camp de concentration situé en Ariège. Issu de la volonté des gouvernements de faire face «aux concurrents indésirables de la main d’œuvre nationale menacée par le chômage». Des étrangers prenant le travail des Français, voilà des arguments qui ne sont pas nouveaux.
Les heures sombres de l’Ariège
En 1938 le décret Daladier «autorise les préfets à assigner à résidence les réfugiés et demandeurs d’asile».

40 000 personnes ont été enfermées dans le camp entre 1939 et 1944. 215 personnes y sont mortes et 152 reposent dans le cimetière adjacent. La majorité des décès est due à la cachexie (dénutrition très importante). La tuberculose a également fait des ravages parmi les prisonniers.

Le camp devait officiellement accueillir des «hommes, indésirables étrangers» mais on sait maintenant que des femmes et des enfants ont été internés bien qu’ils n’apparaissent pas officiellement sur les registres. Ces personnes sont d’origine juive et ont été raflées en aout 1942 dans le département. De nombreux soldats espagnols, anti fascistes, ont également été parqués dans ce cloaque.

L’exposition présente de nombreux documents collectés auprès des familles des internés ou déposés aux archives départementales de l’Ariège. Des témoignages avérés ont été recueillis auprès de celles et ceux qui ont vécu ces durs moments.

Une exposition pour ne pas oublier, ou apprendre que l’Ariège, terre d’accueil, a quelques zones d’ombre dans son histoire en ayant participé à l’enfer concentrationnaire.

FF | 15/07/2015 - 18:59 | Lu: 10455 fois