© MidiNews (archives)
D.M, tout juste majeur, a été présenté hier au tribunal correctionnel en comparution immédiate, pour outrage, port d'arme et menaces.
En détention provisoire, le jeune homme a, le 2 août dernier place Notre Dame de Pamiers, participé à une bagarre ayant dégénéré.
Ce soir là, il buvait du whisky en compagnie d'amis, lorsque la victime est arrivée porteuse d'un marteau et d'une planche. L'homme qui devait arranger la porte de sa maison est alors pris à partie par le groupe.
La police intervient et parvient à séparer les belligérants en ayant dû faire usage de gaz. D.M va alors chez lui, récupère son pistolet à grenailles et revient menacer la victime: «si tu continues, je vais te crever»
Les policiers sont à nouveau appelés par des témoins et là les choses se gâtent. Notre jeune prévenu insulte un policier (une litanie d'insultes vraiment crasses) et tente de s'enfuir.
Les policiers se lancent à sa poursuite et sont alors l'objet de jets de pierre de la part de deux de ses copains, de jeunes mineurs devant être présentés au juge des enfants.
A la barre du tribunal, D.M explique avoir été cherché cette arme, «un souvenir d'un braquage effectué sur Toulouse, juste pour faire peur». Rires dans la salle quand ce garçon se remémore ses actions passées.
A 18 ans, il a un passé de délinquant. Elevé par ses grands-parents, il n'a pas de formation, «rien ne l'ayant intéressé»
«7 mentions figurent déjà sur son casier» rappelle le procureur. Des condamnations pour vol aggravé, vol en réunion, recel.
Pour Olivier Caracotch, «on ne saurait accepter que les services de police soient pris à partie par des groupes, qu'ils soient l'objet de jets de cailloux, d'outrages»
«La justice, depuis 3 ans maintenant, a tout essayé» poursuit-il se référant à la personnalité du prévenu: protection judiciaire, sursis simple, travail d'intérêt général, mise à l'épreuve, le jeune homme a tout essayé... 3 mois de prison ferme et maintien en détention étaient alors requis.
A la défense, Me Fabbri revient sur les propos du procureur, «des faits désagréables qui ne revêtent pas des faits de gravité»; l'avocat explique que l'arme n'était pas chargée, qu'il ne l'a pas sortie. Aucune munition n'a été trouvée chez lui, «il ne s'agit que d'un jouet»
Invectives, insultes, ok, mais pas de menaces soutient Me Fabbri pour qui «c'est un enfant qui doit être jugé aujourd'hui»
Après avoir dénoncé les carences éducatives de son client, une société «pas capable de le remettre dans le droit chemin», l'avocat a plaidé pour une peine «apportant des solutions»
D.M a écopé de trois mois ferme, il est reparti en maison d'arrêt; ses sursis ont été révoqués et en sus, il devra indemniser sa victime (400 €).
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