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Intempéries en Ariège: maintien de la vigilance orange inondations

© midinews 2015

Beaucoup de neige en montagne et d’eau sur le piémont ou la plaine depuis mardi… Si l’alerte orange avalanches vient d’être levée sur le département de l’Ariège il n’en reste pas moins que les fortes pluies ont provoqué inondations et glissements de terrain.

Trois semaines après l’épisode neigeux qu’ont connu les Pyrénées, de nouvelles intempéries sont actuellement observées sur le département où la neige tombe en abondance (avec une limite pluie-neige à 700 m puis depuis ce jeudi à 1700 m) atteignant localement près de deux mètres.

Des précipitations qui ont contribué à grossir certains cours d’eau (on enregistre de 70 mm à 150 mm de pluie cumulée). Si bien que par endroit les rivières sont proches de la crue comme sur les rives du Salat à Saint Girons ou dans la vallée de l’Hers.

Entre le vent fort en altitude, les quantités de neige très importantes (les principaux couloirs d’avalanche ont été purgés hier) et la variation de l’isotherme, le risque d’avalanche est au maximum en station.

«La RN20 reste praticable, indique Didier Michau de la DIRSO, mais l’ouverture du Pas de la Case n’est pas encore envisagé. La circulation des PL supérieurs à 19 tonnes est rétablie et ils sont invités pour accéder en Andorre à emprunter le tunnel du Puymorens. Une amélioration est cependant attendue pour demain vendredi»

Depuis plusieurs jours les services du Conseil général sont sur le pont pour rendre l’accès du réseau départemental (constitué rappelons-le de 2639 km classés en période hivernale en trois catégories) et celui des stations de ski praticables à la circulation.

Ce matin les engins déneigeurs (pousseurs, fraises et autres camion) travaillaient pour dégager l’accès de la station de Beille qui accueille actuellement les vacanciers des zones B et C. Il faut cependant se munir d’équipements.

Plus préoccupant ce jeudi l’épisode pluvieux
Bédeilhac, Les Cabannes ou le Vicdessos… les équipes de Patrick Marrot sont aujourd’hui sollicitées pour des arbres tombés dans les cours d’eau menaçant les ouvrages, les éboulements sur les routes ou des phénomènes cumulés comme sur la commune de Verdun.

Il est vrai que l’histoire de ce village est étroitement lié aux catastrophes naturelles qui ont émaillé son histoire et qui l’ont plusieurs fois dévasté (notamment le 23 juin 1875 où les torrents de boue ont emporté 30 maisons d’habitation et ont fait 81 morts sur une population de 492 habitants)

La politique de restauration des terrains de montagne RTM mis en place par l’Etat à partir des années 1880 a permis de réaliser des ouvrages dits de «correction torrentielle» sur le capricieux ruisseau des Moulines, des drains sur son bassin d’alimentation, des barrages et autres cônes de déjection.

Mais malgré tous ces importants travaux de génie civil réalisés depuis le XIXe siècle et la surveillance accrue des autorités, les épisodes pluvieux prennent souvent des proportions inattendues.

«Nous avons été sollicités par le maire, car un glissement de terrain sur plus de 30 mètres a entrainé des arbres dans le ruisseau qui créent des désordres et menacent ce pont situé sur la route des Corniches.

Nous travaillons en relation avec le syndicat mixte d’aménagement des rivières (SYMAR) qui emploie l’entreprise AMMARI de Ferrière, spécialisée dans les travaux d’entretien de rivière et nous avons fait venir un débardeur d’Ax les Thermes pour treuiller les arbres avec un engin adapté.

C’est une opération peu ordinaire pour le Conseil général habitué à traiter davantage l’asphalte en cette période de l’année, mais nous avons pris ici l’initiative de protéger notre patrimoine, notamment les ouvrages d’art
»

Le technicien avoue que les phénomènes météorologiques sont violents et récurrents à l’échelle de tout le département et il l’explique par une déprise agricole sur de nombreux territoires qui jusqu’au siècle dernier étaient entretenus par la main de l’homme ou ses troupeaux.

Karine Dulac, directrice du SYMAR  est habituée à prévoir
 «Notre syndicat s’inscrit dans la poursuite d’une volonté de gestion du bassin versant de l’Ariège, il gère donc maintenant environ 94 communes, depuis la frontière andorrane jusqu’à l’aval du barrage de Labarre à Foix. Il a pour vocation l’entretien des cours d’eau, la restauration des berges, afin de protéger les ouvrages, les villages en cas de crues, mais également une mission d’appui et d’information auprès des communes et des riverains de cours d’eau […]

Ce syndicat de rivière intervient sur des cours d’eau non domaniaux qui appartiennent à des particuliers, responsables de l’entretien des berges.

Nous le faisons sous forme de déclaration d’intérêt général et nous sommes aidés financièrement par l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, le Conseil général, le Conseil Régional, 20 % sont à la charge de la communauté des communes (ici c’est celle des vallées d’Ax) adhérent au SYMAR
»

Si l’entretien des cours d’eau est prévu chaque année par tranches, il lui arrive également d’intervenir comme sur ce chantier dans l’urgence. «Nous travaillons sur des linéaires à risque. Le ruisseau des Moulines à Verdun a déjà fait des centaines de morts, il est très surveillé, il y a beaucoup de glissements de terrain sur ce massif, mais les installations RTM ne suffisent malheureusement pas.

Quoiqu’il en soit, depuis quelque temps nous sommes obligés d’intervenir dans l’urgence suite aux intempéries (orages intempestifs ou chutes de neige). Changement climatique ou pas, il faut s’adapter
» poursuit la technicienne qui suit le chantier les pieds dans la neige, la boue et sous une pluie torrentielle.

Laurence Cabrol | 26/02/2015 - 19:28 | Lu: 35867 fois