Attentat contre Charlie-Hebdo: émotions spontanées et condamnations unanimes en Ariège

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Le drame s’est noué à Paris, mais l’émotion a parcouru la France entière, et même bien au-delà. En Ariège aussi, les réactions ont été immédiates. Des anonymes, des personnalités politiques ou du secteur privé, les témoignages ont afflué au sein de notre rédaction dans l’après-midi.
Tandis que des manifestations spontanées prenaient corps dans la capitale ou à Toulouse, la délégation ariégeoise de la Ligue des Droits de l’Homme lançait un appel à la mobilisation du plus grand nombre, ce jeudi 8 janvier, à 17 heures, sous la halle aux grains des allées de Villote à Foix.
Peu de temps après, on apprenait qu’une coordination de la jeunesse fuxéenne appelait à participer à ce rassemblement. A cette occasion, elle proposera une pièce de théâtre, «Discrimination», pour exprimer sa «solidarité face à cet odieux attentat» Un temps d’échange est prévu en suivant à la salle Jean-Jaurès de l’Hôtel de Ville.
Une indignation et une émotion de citoyens ariégeois éprouvées et exprimées par les responsables politiques du département face aux morts tragiques des journalistes et des policiers tués mercredi matin.
Henri Nayrou: Une barbarie absolue
Ainsi, le président du Conseil général, journaliste de profession, affirme que «l’horrible attaque meurtrière perpétrée dans les locaux de Charlie-Hebdo provoque l’effroi dans les esprits et les consciences»
«Elle touche à l’un des socles fondamentaux des Droits de l’Homme, celui de la liberté de la presse, écrit Henri Nayrou. Cette barbarie absolue veut faire régner la terreur au cœur de notre société pour mieux l’asservir»
Même analyse et même condamnation dans les mots d’Alain Fauré. Le député socialiste ariégeois parlant d’un acte «barbare et lâche» appelle à «l’unité du pays et à la défense sans relâche de la démocratie. Nous devons être unis autour du Président de la République pour dire non à la barbarie et à l’obscurantisme»
Philippe Calléja: Ne pas céder à la peur
En ces heures de deuil, les frontières politiques républicaines sont abolies. Philippe Calléja, président départemental de l’UMP, estime que «notre pays se trouve confronté à l’horreur et à l’indicible. Notre pays paye un lourd tribut à sa volonté de préserver et défendre son idéal de liberté et de tolérance. Mais conformément à l’appel lancé par le Président de la République, nous devons faire bloc et ne pas céder à la peur»
«Pour les victimes, ne cédons pas à la peur, insiste Alain Fauré. Ce sera l’échec de leurs bourreaux»
Pour Arno Coustié et Patricia Esteban, co-secrétaires du Parti de Gauche en Ariège, «notre démocratie fondée sur le principe de la liberté, dont celui de la presse fait intimement partie, est directement mise en danger. Ce sont les principes mêmes de notre démocratie qu’ils veulent mettre en cause. Face à cet acte, il faut une réponse qui mobilise tous les démocrates, une réponse qui montre que nos concitoyens refusent d’être entraînés dans la spirale de la peur», écrivent-ils.
Plusieurs centaines de personnes attendues à Foix
Henri Nayrou insiste à son tour sur la mobilisation citoyenne la plus large. «Je condamne un tel acte avec une tristesse infinie, mais aussi avec la ferme conviction que les citoyens et les gouvernants du monde, loin de baisser la garde devant cette menace aveugle et invisible ont l’impérieux devoir de la combattre sans relâche, mais aussi de tenter d’éclairer les esprits de ces barbares d’un autre temps»
Sur leur page Facebook, Frédérique Massat et Kamel Chibli parlent d’une même voix : «Horreur et barbarie à Charlie-Hebdo. Surtout ne rien lâcher» pour la première, quand le second s’avoue «bouleversé par cette horrible et inqualifiable attaque»
Nul doute que ce jeudi après-midi, alors que les drapeaux auront été mis en berne sur les bâtiments publics des administrations et des collectivités locales comme au Conseil général de l'Ariège ou dans les mairies, plusieurs centaines de personnes témoigneront à leur tour de leur émotion lors du rassemblement fuxéen.
Rassemblements en Ariège:
Foix: 8 janvier à 17h sous la halle, allées de Villote
Saint Girons: 8 janvier à 17h30, place du Champ de Mars
Mirepoix: 8 janvier à 17h devant le lycée
Pamiers: 8 janvier à 17h place de la République
Montaigut-Plantaurel: 10 janvier à 14h devant le monument d'Amnesty International
Lavelanet: 11 janvier à 10h30 devant le Casino sur l'esplanade du centre-ville
Tarascon sur Ariège: 11 janvier à 12h sur le parvis du centre culturel





