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Zones d'activité en Ariège: un pari sur le «moyen-long terme»

Vue aérienne de la zone de Prat Long à l'entrée de Tarascon sur Ariège
Crédit photo: Marc Mesplié

En cette période de morosité économique, l’attention se porte naturellement vers les acteurs du développement et de l’emploi. Le regard s’attarde alors sur ces zones d’activité industrielles et artisanales dont certaines semblent désespérément vides… alors que 17 nouveaux parcs sont annoncés selon les chiffres de l’Atlas des parcs d’activité de l’Ariège.

Sur les 75 parcs d’activité recensés dans le département, deux soulèvent des interrogations régulières : la zone du RADA à Tourtrol et celle du Pitarlet à Prat-Bonrepaux.

«Ce sont deux sites qui peuvent effectivement inquiéter», reconnaît Denis Dubrulle, chargé d’études à la CCI de l’Ariège. «Même si des projets étaient en cours d’instruction» précise-t-il.

Tout en comprenant les questionnements relatifs à ces ZA, le directeur de l’agence départementale de développement économique Ariège Expansion rappelle que le remplissage d’une zone d’activité «se calcule sur 15 à 20 ans. Ce sont toujours des dossiers qui se raisonnent sur du moyen-long terme. Je ne suis donc pas inquiet»

Pour Didier Kuss, «il ne faut pas oublier que nous souffrons d’une conjoncture difficile et qu’en période de ralentissement économique, il n’est pas étonnant de constater une baisse du nombre de projets»

Il confirme cependant qu’un dossier d’implantation est à l’étude pour la zone du RADA qui ne compte pour le moment qu’un seul locataire. «Ce sont toujours les premiers projets qui sont les plus longs à faire aboutir, et qu’ensuite il y a un effet d’entraînement», rassure Didier Kuss.

Didier Kuss : «Avec une zone d’activité, on peut accueillir des entreprises. Sans, on n’accueillera jamais personne»

De même, il se dit confiant pour la zone du Pitarlet gérée par la Communauté de communes du Bas Couserans.

«Il n’y a pas d’erreur de commise par la collectivité dans cet aménagement. Deux projets sont, là aussi, en cours. Quand on sait que la zone du Couserans est pleine et qu’il n’y en a pas d’autres dans le secteur, je ne suis pas inquiet pour Pitarlet…»

Pour les professionnels du développement économique, ces zones présentent de nombreux avantages, au premier rang desquels la maîtrise du foncier et la mutualisation des équipements.

«En ce qui me concerne, je préfère disposer de telles réserves foncières équipées plutôt que l’inverse, affirme Didier Kuss. Avec une zone d’activité, un territoire peut accueillir des entreprises. Sans, il n’accueillera jamais personne».

«Je me souviens d’une époque pas si lointaine où les projets capotaient parce que l’on ne parvenait pas à résoudre la problématique du foncier. Les collectivités ont compris l’importance de cette condition et nous avons aujourd’hui la maîtrise du foncier.

Demain, ce sera donc plus facile d’autant plus que ces zones permettent d’éviter les coûts individuels qui sont exponentiels : collecte des déchets, réseaux d’électricité, de gaz, etc. C’est plus facile pour tout le monde
», estime le responsable d’Ariège Expansion.

Denis Dubrulle: «Les communautés de communes ont évité la multiplication des micro-zones»
Denis Dubrulle souligne également l’importance de la prise de conscience des collectivités locales, notamment depuis la généralisation des intercommunalités au début des années 90. «Auparavant, certaines communes s’équipaient dans leur coin. Les communautés de communes ont permis la création de parcs plus cohérents qui répondent aux besoins, tout en évitant la multiplication des micro-zones»

Si le risque de l’éparpillement a été évité, l’Ariège ne dispose-t-elle cependant pas d’un trop grand nombre de zones d’activité ? «Non», répond le technicien de la CCI qui identifie davantage un manque du côté «d’une vision d’ensemble, d’un schéma de développement économique global pour mieux gérer la répartition des projets sur les différentes zones d’activité de l’Ariège ou sur des périmètres comme celui du SCOT»

Didier Kuss veut croire en l’avenir de ces différents parcs. Il prend l’exemple du site de Patau, à Saint-Jean de Verges, concerné dans les prochaines semaines par le dépôt de six permis de construire.

«Ces entreprises ne sont pas des créations, mais des déménagements, des entreprises qui vont bénéficier de meilleures conditions d’exercice de leur activité et pourront être pérennisées»

*L’Atlas des parcs d’activités de l’Ariège est une base de données constituée par Ariège Expansion, la Chambre de Commerce et d’Industrie et la Direction Départementale des Territoires. Il est consultable à l’adresse Internet suivante : www.atlas-zonesactivites09.fr  



Chiffres clés des zones d’activités en Ariège

• 92 parcs recensés, dont 75 réalisés et 17 en projet ;
• 1 pépinière d’entreprises, 4 hôtels d’entreprises et 2 centres d’affaires ;
• 45 % des parcs aménagés depuis plus de 25 ans ;
• 2 parcs sur 3 à moins d’une heure du périphérique toulousain ;
• 60 % des parcs contiennent moins de 10 entreprises ;
• 40 % des parcs concentrent moins de 50 emplois et 40 % plus de 100 ;
• une superficie globale de 1 020 hectares, dont 100 disponibles pour l’implantation de nouvelles entreprises ;
• 350 hectares d’aménagements prévus en extension des parcs existants ou en création de nouveaux parcs.

 

PB | 24/02/2015 - 19:50 | Lu: 17975 fois