Combien de journées de la femme avant l'égalité ? (partie 2)

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La journée internationale de la femme a pris aujourd’hui une dimension mondiale grâce aux mouvements humanistes. Si des efforts sous l’égide de l’ONU sont déployés pour aider la condition féminine dans certains pays en voie de développement, il ne va pas sans dire que sur notre territoire nous en sommes encore à l’âge de pierre dans certains domaines.
Nous en étions aux inégalités salariales entre homme et femme à tâche égale en France à la fin de notre première partie. Est-ce qu’une évolution législative aiderait à modifier les structures profondes des mentalités? Ces vieux schémas patriarcaux encore bien ancrés dans l’inconscient collectif…
La partie n’est pas gagnée, il n’y a qu’à voir les discriminations sexistes, le harcèlement, le manque de respect qui ne sont pas en reste sur le lieu de travail sans parler des inconvenances rencontrées au moment des entretiens d’embauche concernant les situations familiales des femmes, des questions jamais posées aux hommes.
D’autres combats sont menés tous les jours pas des bénévoles le plus souvent qui n’attendent pas le 8 mars pour éradiquer le droit de cuissage et autres obscénités toujours d’actualités ou celui des violences conjugales où une femme meurt en France tous les 2 jours sous les coups de son compagnon.
Combien de temps, de journées, d’années, de siècles pour faire de ces sujets des antiquités?
Les femmes pyrénéennes
Si des femmes aujourd’hui connues et reconnues ont contribué à notre liberté de dire, de penser et de faire à une époque où l’homme avait plein pouvoir et régnait en maître suprême il y eût d’autres femmes plus ordinaires qui changèrent la donne.
Retour sur les conditions de vie dans ces vallées reculées des Pyrénées où la misère foisonne en raison d’une situation matérielle sans cesse remise en cause. Les guerres 14-18 et 39-45 étant les principales responsables.
Quand les hommes partiront au front, les femmes devront combiner leur vie de famille et de travail seules le plus souvent. Cependant des liens de solidarité se tissent rapidement et deviennent indéfectibles. On désigne d’ailleurs la famille et la communauté ariégeoise sous le nom de «vesiau», voisin.
Ensuite les entre-deux-guerres et l’après-Seconde Guerre mondiale s’entêtent à être des périodes difficiles tant sur le plan économique que démographique ce qui oblige les hommes à multiplier les activités afin de rester au pays ou à partir sur les routes de l’exode pour vendre leur camelote. Là encore les femmes pyrénéennes s’affirmeront au sein de leur famille et devront diriger l’exploitation familiale.
Cap d’oustau chef de maison ou droit d’aînesse
Elles possèdent les mêmes droits que les hommes. La famille est bâtie autour du couple avec les ascendants et les enfants ainsi que les membres célibataires.
Excepté dans d’autres vallées soumises au droit romain, latinisées et patriarcales, les partages successoraux étaient interdits par la coutume dans les Pyrénées centrales et occidentales. À chaque génération, l’aîné (e), homme ou femme recueillait le patrimoine ancestral avec le devoir de le maintenir et de le transmettre de la même façon.
Dans certaines contrées dès sa jeunesse la femme est protégée par la loi la mettant à l’abri de toute violence. «Qui force ou viole une femme de son corps doit être décapitée. Qui séduit fille pucelle et la connaît charnellement doit la prendre pour femme et la faire doter».
Une fois mariée elle se devait de se soumettre à son époux qui gardait sur elle le droit de la corriger, mais en sa qualité d’aînesse l’autorité de la femme à l’intérieur de la famille n’est pas contestée. Elle consent également toutes sortes de contrats sans l’autorisation de son mari. Le nom de la famille est donné au gendre.
Il est dit et écrit dans certains corpus de Jean-François Soulet et d’Isaure Gratacos que l’homme par son mariage avec une héritière devenait le premier domestique de sa femme. En cas de décès de son épouse, il possédait seulement l’usufruit des biens et les administrait jusqu’à la majorité des enfants qui était de 25 ans à l’époque.
Un homme de la vallée né en 1943 dira «L’ainé (e) reprenait la terre, le second faisait des concours dans l’administration, la gendarmerie, les douaniers. Et les troisièmes, ils faisaient ce qu’ils pouvaient. Et c’est ceux-là qui restaient célibataires, les femmes aussi».
Dans le prochain et dernier épisode, nous vous parlerons de la coutume de l’année probatoire reflétant une liberté de mœurs étonnante sous l’Ancien Régime et de quelques femmes du Biros au 20e quand elles allaient bavarder avec les belles de Paris en cure aux sources du Pradeau pendant que leurs maris travaillaient aux mines.
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