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Carnet de voyage d'une jeune Ariégeoise en Amérique Latine: sur les eaux du lac Titicaca au Pérou
Quand on arrive au petit jour au terminal de bus de Puno, on peut voir les premières lueurs du jour caresser la surface du lac Titicaca.
C’est un mélange de verts et de gris qui s’offre aux yeux du voyageur matinal.
Pour faire une virée sur ces eaux à 3500 metres d’altitude, peu d’autres moyens que de s’embarquer sur l’un des nombreux bateaux qui attendent le touriste, alignés le long du ponton de bois.
Début de matinée, le petit bateau à moteur d’une dizaine de mètres, prend le large. Le drapeau péruvien flotte fièrement à la proue.
Peu après avoir quitté le port de Puno, l’embarcation s’enfonce dans les algues blondes. C’est précisément avec cette «totora» que les habitants des îles Uros construisent leur territoire.
C’est la première escale. Ces amats d’îlots sont entièrement artificiels. Grâce à une matière naturelle flottante, sur laquelle ils disposent des successives couches de totora, les habitants construisent leur sol.
Avec cette même plante, ils font aussi habitations et embarcations. Etant donné qu’ils vivent essentiellement du tourisme, quelques étals proposent de l’artisanat traditionnel: chuyos en laine d’alpaca, boîtes en bois décorées au feu et autres tissages et bijoux évoquant plus ou moins explicitement la culture Inca.
La seconde escale, c’est l’île d’Amantani que l’on atteint après quatre bonnes heures de voyage. Là, le tourisme est particulierement organisé.
Pas un hôtel, pas une publicité pour promouvoir tel ou tel lieu... La communauté s’est organisée de manière à ce que ce soit les habitants qui puissent profiter du tourisme important que draine le mythique lac.
De fait, quand le groupe débarque, une quinzaine de vieillards attendent sur le quai. Une poignée d’habitants fournit chambres et repas.
Et il ne s’agit pas de savoir lequel d’entre eux attirera le plus de personnes: tout est organisé un peu facon «voyage scolaire», et voilà les passagers répartis dans les familles. Certaines parlent plus ou moins bien l’espagnol, d’autres seulement quechua; ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes de communication.
Au dessus du village, trône Pachamama, faisant face à Pachatata, les deux collines de l’île. Au sommet de cette dernière, des ruines pré-incas. Mais arrivé là-haut, le spectacle, c’est surtout le soleil qui se couche et les lumières de fin de journée qui se reflètent sur l’eau, dans la fraîcheur du soir.
L’éclairage étant plus que sommaire dans le village, c’est à la lueur de la lampe de poche qu’il faut retrouver le chemin de la maison. De murets de pierre en chemins de terre, après avoir traversé quelques jardins plus ou moins cultivés, croisé un âne et un troupeau de brebis, voilà le petit portillon blanc.
Dans la maison, pas d’électricité non plus, c’est donc à la bougie que se déguste le fromage frit accompagné de papas et de maté de munia, herbe odorante qui ne semble pousser que sur îles du Titicaca.
Au matin le voyage reprend en direction de l’île voisine Taquile. Etant bien plus touristique, c’est pour ce qu’on peut trouver hors du village que l’endroit vaut le détour.
En grimpant jusqu’au sommet d’un des mamelons de l’île par des chemins pavés et bordés de murets de pierre, on peut trouver la tranquilité que mérite la contemplation du lieu. Là, passent des vieux avec leurs troupeaux de brebis et des enfants avec des cerfs-volants.
Tout autour, une immense étendue bleue paraissant parfois sans fin, parfois bordée par les collines de la côte. Puis, il est temps de retourner à Puno.
Quelques heures de bateau et le ponton est en vue. Demain, d’autres embarcations partiront.
Photos: ©AriegeNews 2007 - Fanny Napolier
Fanny Napolier est une jeune Ariégeoise en stage au Chili pour venir en aide aux enfants des rues. Pendant 5 mois elle portera son regard sur d'autres montagnes. Retrouvez chaque semaine ses aventures au travers de son carnet de voyage. |
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publié le 13/09/2007 |
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