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Carnet de voyage d'une jeune Ariégeoise au Chili: Arica, ses palmiers, sa plage et le reste...
Arica est une petite ville portuaire du nord du Chili, à une heure de la frontière péruvienne.
«L’Illustre Municipalité de San Marcos d’Arica» s'enorgueillit volontiers du Morro, la colline qui surplombe la ville et qui connut le bruit des fusils lors de la Guerre du Pacifique qui opposait Chiliens, Péruviens et Boliviens sur des questions territoriales.
A son patrimoine, Arica fait aussi figurer la cathédrale San Marcos concue dans les ateliers de Gustave Eiffel et qui trône sur la place du centre ville.
Lorsque l’on s’éloigne un peu du centre ville, en suivant la Panaméricaine vers le nord, on arrive dans la Vallée de Lluta, qui fait figure d’oasis de fertilité au milieu des collines de sable qui forment le paysage de la région.
A l’entrée de la Vallée, au bord de la rivière, vit une dizaine de familles dans un campement où la plupart des habitations sont faites de fines planches de bois, de tôles et de cartons récupérés.
Cela fait déjà quatre ans que la première famille est venue s’installer sur ce terrain. Ce qui devait être une solution provisoire est en train de se transformer en habitation définitive pour ceux qui se sont installés et qui continuent à arriver sur les lieux.
Et ce, bien que tout manque. A commencer par un accès régulier aux services basiques tels que l’eau potable, l’électricité et le tout à l’égout.
Pour ce qui est de l’eau, ce sont des camions de la municipalité qui passent une fois par semaine pour remplir des bidons d’acier où l’eau croupit jusqu’au prochain passage.
Les toilettes ne sont rien de plus qu’un trou dans le sol, et un petit moteur fournit une heure d’électricité par jour dont peuvent profiter trois des habitants.
Pour gagner un peu d’argent, Maria stocke des cartons qu’elle tente de revendre. Mais au milieu des cartons jonchés sur le sol, il y a des plastiques et autres poubelles qui ne sont pas sans apporter leur lot de désagréments.
Emilio se plaint des rats que ces déchets attirent. Il a bien tenté de parler avec sa voisine, mais les relations conflictuelles font aussi partie des problèmes auxquels sont confrontés les habitants.
Et il semble que la vieille Maria excelle dans ce domaine.
Emlio vit dans un des baraquements avec sa femme et leur fillette d’un an et demi. Ils l’ont appelée Esperanza.
Il y a un an, ce père de famille était employé dans une boulangerie de la banlieue d’Arica. Une chance car le chômage bat des records dans ces zones de misère.
Mais Emilio n’a jamais fait beaucoup d’études, et malgré les cours du soir qu’il avait décidé de suivre, les calculs dont il était chargé étaient souvent truffés d’erreurs. On l’a licencié et il n’a jamais touché le moindre sou.
Bien sûr, il a pensé à aller devant les tribunaux mais l’idée de faire des démarches pendant un an l’a rebuté. Aujourd’hui il ne sait pas comment il arrive encore à nourrir sa petite famille.
Dans la rivière en contre-bas, il y a des petites crevettes en quantité. L’eau n’est sûrement pas des plus propres, mais les gamins sont chargés d’aller les pêcher de temps en temps pour les repas.
Certains ont même pensé à en ramasser suffisement pour aller les vendre et cela suppose une organisation et des moyens dont personne ne dispose ici.
Et puis il y a William, qui vit avec son vieux père. Comme presque tous les habitants, ces deux là sont malades.
Mais le poste de santé le plus proche est à une heure de marche. Cependant, quelques-uns y sont déjà allés, on a prescrit une diète à Lisette, une opération à Paulo... Mais les traitements ne sont jamais suivis et les soins rarement donnés. Et il en va de même pour les enfants.
Alors que nous nous éloignons, Emilio nous rattrape. Il voudrait aussi nous dire que l’absence de présence policière est un problème.
Parfois, des jeunes viennent avec des voitures neuves et des bagues aux doigts. Et Emilio ne veut pas de trafiquants de drogue devant sa porte.
Dans la lointaine banlieue de «l’Illustre Municipalité de San Marcos d’Arica», vivent quelques familles oubliées et dont la liste des problèmes est interminable. Mais au milieu des déchets et des soucis, vit une petite fille que ses parents ont prénommé Esperanza...
Photos: ©AriegeNews 2007 - Fanny Napolier
Fanny Napolier est une jeune Ariégeoise en stage au Chili pour venir en aide aux enfants des rues. Pendant 5 mois elle portera son regard sur d'autres montagnes. Retrouvez chaque semaine ses aventures au travers de son carnet de voyage. |
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publié le 27/09/2007 |
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