Assemblée générale 2008 des chasseurs à Seix
C’est aux côtés de Christine Tequi, maire de Seix, Emilienne Sans-Nahort, présidente de l’ACCA locale, Jean-François Valette, Préfet de l’Ariège, Julien Souquet, conseiller général du canton d’Oust, qu’Etienne-Jean Barbelanne, président de la fédération départementale des chasseurs a ouvert l’ordre du jour de la dernière assemblée générale devant près de cinq cents chasseurs venus de tout le département … y compris du Quérigut.
Parmi les invités, Denis Péloffi, représentant la chambre d’agriculture, Julien Ferré pour les propriétaires forestiers, Michel Nègre président de la fédération départementale des chasseurs du Tarn ou Henri Bonnafé président de la fédération de la Haute-Garonne.
Après avoir approuvé le compte rendu financier et le budget prévisionnel, le président s’est livré au bilan de l’activité de la fédération départementale des chasseurs, indiquant qu’il s’agissait de «coller au plus près des intérêts des chasseurs, tout en remplissant la mission qui lui a été confiée par le législateur, une mission de service public» Sur le plan législatif, le président a notamment évoqué un décret du 14 mars 2007 sur les dégâts forestiers.
«Il risque d’être catastrophique si nous ne sommes pas vigilants sur le respect des plans de chasse.
En effet le préfet pourra désormais, sur l’avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage, décider que le plan de chasse est, sur tout ou partie du territoire, obligatoire pour une espèce de gibier, quelle qu’elle soit.
Notre fédération devra tout de même être consultée et aura bien sûr son mot à dire. Mais tout de même quel risque…
Ce décret vise directement la prévention et l’indemnisation des dégâts sylvicoles, notamment si les bénéficiaires du droit de chasse n’ont pas prélevé le nombre minimum d’animaux défini par la commission»
Concernant la suppression du gel obligatoire de terres agricoles, le président de la fédération des chasseurs, «eu égard l’intérêt que représentent les jachères pour la faune sauvage», a co-signé une motion de la Fédération Nationale en faveur de leur maintien.
Quant au Grenelle: «après celui de l’environnement, arrivent maintenant les assises ou le Grenelle de la bientraitance animale. A quand je vous le demande, la bientraitance du chasseur, la bientraitance de la ruralité?
Quel désastre pourraient constater Nicolas Hulot et les défenseurs de la cause animale, si nous refusions, pour une année seulement, de payer les dégâts, bien sûr en leur en transmettant la charge…j’attendrais avec le plus grand intérêt leur réaction»
Evoquant le service de garderie et son nouveau chef, Hervé Poudouroux: «il est démontré tous les jours sa détermination de mieux collaborer avec la Fédération pour les besoins de la chasse …
Je forme le voeu que nos rapports avec l’ONF soient directs et fréquents pour parvenir à une meilleure compréhension sur les terrains chassables»
Les techniciens réalisent des comptages d’espèces sur le terrain afin de dénombrer les populations de gibier et d’ajuster les plans de chasse.
Au regard de ces tendances, le président de la fédération a fait quelques commentaires. «Tout d’abord concernant la population de sangliers…l’an dernier j’avais été à l’écoute des réclamations faites sur la baisse, soit disant significative, de la bête noire.
De très bons résultats ont pu satisfaire le plus grand nombre d’entre nous mais conduit la fédération à une vigilance continue, sinon les indemnités à verser après dégâts pourraient être en forte augmentation.
Je rappelle que le compte dégâts est un compte particulier qui n’est abondé que par nos timbres et bracelets. Mais je vous rassure, l’abondance du grand gibier n’est pas la seule cause de ce déficit, nous observons une véritable envolée des prix des denrées agricoles qui pour certains ont vu leur prix multiplié par 1,5 soit 50% de plus en moyenne.
En 2006-2007, 285 dossiers ont été payés pour un montant de 179.978€ (surfaces détruites: 741,97 hectares) ; en 2007-2008, 290 dossiers ont été reçus à ce jour et 218 payés pour un montant de 189.100€ (surfaces détruites : 258,64 hectares).
D’une année sur l’autre l’augmentation du tarif des denrées est conséquent: +21,70% pour le maïs grain, +94,41% pour le tournesol et +65,46%pour le blé… Notre budget en ce domaine ayant épuisé ses réserves, je vous propose d’augmenter le timbre grand gibier à 30€ pour faire face aux exigences de notre comptabilité...
Le Conseil d’administration a décidé de soutenir, à la demande des agriculteurs, un alignement pour l’ensemble du département des dates de fermetures du grand gibier au dernier dimanche de janvier…
Les chevreuils, cerfs, l’isard (le plan de chasse a octroyé 987 bracelets), le mouflon… se portent bien, je serais beaucoup plus modéré, surtout pour toutes les espèces sédentaires, exception bien sûr pour le lièvre, qui se porte à merveille sur la quasi-totalité du département»
Et le président d’évoquer dans le menu l’état de santé des espèces rencontrées sur le territoire du département: le perdreau, le faisan et le lapin sont souvent en difficulté, sauf sur quelques territoires rarissimes.
M. Barbelanne a engagé une commission «petit gibier» chargée d’une réflexion sur les réimplantations de ces espèces. «Je vais prochainement recevoir les techniciens de plusieurs départements qui ont réussi une certaine adaptation du lapin sur leur territoire»
Rappelant que le site d’Arrabaux était à la disposition des chasseurs: «la Fédération poursuit les travaux d’adaptation à nos besoins. Ce centre de formation aux règles de sécurité, au permis de chasser, au piégeage, au réglage de carabine, peut aussi s’adapter à d’autres activités et j’attends vos demandes»
Enfin le président a évoqué ce qu’il entendait par cette pratique des espaces naturels. «Ce sont là des activités essentielles dans la diversité de nos travaux pour l’exercice de la chasse et qui en font une réussite…
Dans ce monde, où de nombreuses directives nous amènent à considérer différemment ces espaces, où la ruralité connaît une déprise sans pareil, où l’agriculture est bien souvent décriée, où l’artisanat n’est plus considéré comme un atout majeur de la vie à la campagne, nous devons aux côtés des agriculteurs, des forestiers, des pêcheurs et bien d’autres encore, continuer sans relâche de nous donner les moyens de nous faire entendre, de faire voir que nous sommes de véritables protecteurs et aménageurs de ces espaces.
Il est indispensable que chacun d’entre nous participe aux débats qui conditionnent l’avenir de nos territoires et leur utilisation. L’être humain en a un grand besoin, le chasseur aussi. Montrons notre vrai visage d’écologiste de terrain, alors que nos adversaires font de l’écologie de bureau.
Ne nous laissons pas déborder, soyons attentifs aux autres qui pratiquent aussi la campagne, sachons avoir des comportements maîtrisés, sachons être courtois, allons même au devant d’eux, alors peut-être à défaut d’être aimés, soyons respectés»
Parmi les personnalités invitées, certaines ont pris la parole, notamment Hervé Péloffi, président de la Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles et représentant le président de la chambre d’agriculture.
Pour lui il faut produire davantage de céréales et il s’est clairement positionné contre la motion signée par la fédération départementale des chasseurs remettant au goût du jour la jachère.
Denis Péloffi a appelé de ses vœux l’harmonisation des dates de fermeture de la chasse au sanglier dans les départements limitrophes, il a évoqué les dégâts de sangliers et la nécessité d’une position unie face à la possible apparition du loup.
Le préfet de l’Ariège, sensibilisé aux questions de l’environnement et de la chasse, a présenté le cadre général de travail de l’Etat.
«Dans le contexte du grenelle de l’Environnement, la gestion de la problématique de la chasse est basée sur l’écoute des contraintes des uns et des autres grâce à un travail de concertation. Les modalités de chasse du grand tétras ont été subordonnées à l’état des effectifs, notamment dans certains secteurs»
Il souhaite engager des discussions avec les divers acteurs concernés, pour maintenir la population de sangliers.
Rappelant «qu’il s’est toujours montré à l’écoute des représentants du pastoralisme, sur la question de l’ours», il juge «inacceptable les excès dont sont victimes les agents en place pour gérer au mieux les contraintes subies»
Après l’approbation d’un certain nombre de cotisations pour la saison à venir (le timbre fédéral n’a pas augmenté, il est toujours de 72€), les personnalités ont procédé à la remise des récompenses.
Emilienne Sans-Nahort (psdte de l’ACCA de Seix) et Mathieu Galy (fils de Jean-Philippe Galy, président de l’AICA de Luzenac-Unac) ont reçu une médaille d’argent. André Nougarol (psdt de l’AICA du Castillonnais), Michel O’Connel (psdt de l’ACCA de Soueix), Auguste Bénazet (ACCA d’Ercé) et Jean Servat (administrateur de l’ACCA de Biert) ont reçu la médaille de bronze.
A noter que l’effectif des chasseurs dans le département de l’Ariège est en légère augmentation: on compte désormais 40 adhérents de plus, ce qui passe le nombre des chasseurs à 7500 (dont 120 femmes).
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |