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Filature Laffont à Niaux: filateurs de pères en fils depuis 1867
Jean-Jacques Laffont, après une solide formation en chaudronnerie, a repris la filature familiale en 1992 et produit encore de la laine cardée avec la laine que lui fournissent les éleveurs de moutons de l’Ariège et des départements limitrophes (Pyrénées Orientales, Haute-Garonne).
Dans sa filature installée dans un ancien moulin (jusqu’en 1932 on se servait encore de la turbine actionnée par la force motrice de l’eau), on assiste à toutes les opérations, de la réception de la laine à sa transformation pour arriver au produit fini en vente dans la boutique. Mais Jean-Jacques réalise également des matelas, du neuf sur mesure et restaure aussi les vieux matelas de laine que les particuliers lui confient.
C’est dans la salle de stockage que sont entreposées les différentes laines en suint qui sont triées: «J’achète la laine directement chez les éleveurs, tous les moutons n’ont pas la même qualité de laine sur le dos, cela se voit à l’œil nu: je n’utilise pas le «manech» c’est la laine qui vient du Pays Basque, chez nous on a beaucoup de «tarasconnaises» et on travaille également (malgré leur prix élevé) le mohair et l’alpaga pour des commandes exceptionnelles.
Ici les laines sont triées en fonction des couleurs (blanche, marron, mohair) et de leur qualité pour réaliser des produits finis. A la filature, j’utilise la laine la plus fine, la plus grossière me servira à faire des matelas »
Jean-Jacques Laffont nous montre au passage sa très belle collection de forces, taillances et autres tondeuses utilisées par les bergers pour tondre leurs moutons avant la montée à l’estive.
Ces toisons brutes sont «ouvertes» sur une grille, on enlève les pailles, les déchets organiques, la terre ou la peinture…et les jares, ces gros poils que l’on trouve chez la tarasconnaise et qui ne sont pas utilisables.
Quand un pull en laine donne des démangeaisons sur le peau c’est souvent à cause du jare «aux alentours de 20 microns, précise Jean-Jacques Laffont, on est insensible aux fibres mais au-delà ça gratte !»
Les toisons sont ensuite lavées dans une eau à 60° puis rincées (dans des cuves où elles tournent 5-6minutes comme dans le tambour d’une machine à laver) et séchées (la laine est stockée dans des casiers chauffés avant d’être filée).
Ensuite la laine passe au battoir en bois et elle est mélangée manuellement avant le passage au loup-carde qui ouvre la matière. L’ensimage (autrefois réalisé avec de l’huile de lin et aujourd’hui avec des huiles de synthèse) permet aux fibres de glisser entre elles.
«à la différence des cheveux ou de l’alpaga qui sont constitués de longues écailles reflétant la lumière, les fibres de la laine possèdent de petites écailles qui réagissent aux conditions extérieures (au froid elles frisent, à la chaleur elles s’allongent)»
Ensuite la filature consiste à transformer la laine en bourre, en fils résistants. L’opération essentielle, c’est le cardage qui consiste à aligner les fibres dans le même sens et rendre ainsi le mélange homogène.
La bascule pèse la même quantité de laine pour une grosseur de fil identique, la laine passe ensuite à travers un assortiment de cardes aux dents de plus en plus fines qui redressent les fibres dans la même sens.
Peu à peu un voile fragile se forme après une dizaine de passages sur des cylindres (10 couches sont nécessaires à sa constitution et il sera ensuite plié en deux). La fileuse de la carde découpe ce voile en fines lanières de laine, qui sur le continu à filer, après torsion et étirage, se transforment en fil résistant.
Il sera mis en écheveaux, lavé et séché. Destination finale, la boutique de vente de la filature ou au tissage pour réaliser des produits finis en Pure Laine Vierge des Pyrénées: pulls, chaussettes, vêtements, robes de chambres, couvertures... Le tissage est réalisé avec le métier à tisser traditionnel à navettes (chez des façonniers) ou grâce à deux métiers à tricoter rectilignes permettant d’autres utilisations de la laine à tricoter.
Jean-Jacques Laffont précise que la teinture est aujourd’hui réalisée par un sous-traitant à Lavelanet et que beaucoup de travail à façon est également réalisé dans d’autres ateliers. Aujourd’hui la filature Laffont n’emploie plus que trois personnes et se diversifie dans la réalisation de peluches: ours, chèvres mais surtout la brebis tarasconnaise reconnaissable à ses fameuses cornes «les morceaux arrivent prédécoupés et nous réalisons en atelier le montage»
Mais une des spécialités de la maison demeure depuis des générations la confection des vêtements de groupes folkloriques et de confréries ariégeoises: Bœuf Gascon, Houlette Gourmande, Tasto Mounjetto…
En ce début de XXIe siècle, la filature Laffont fait figure de dernier bastion d’une longue tradition Pyrénéenne. Un lieu unique, voire insolite, qui fait non seulement revivre le passé du département de l’Ariège mais qui perpétue aussi au fil des générations un savoir-faire en voie de disparition.
La filature est ouverte toute l’année et se visite sur rendez-vous (scolaires du primaire au collège). Visite guidée du 1er juillet au 30 août, du mardi au vendredi à 15h
Filature Jean-Jacques Laffont 09400 Niaux Tel: 05 61 01 43 43 Fax: 05 61 05 89 31
Photos et vidéo: ©AriegeNews 2007 |
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 19/02/2007 |
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