Grève aux Ets Cottes SA: les responsables belges sur le site ariégeois
L’entreprise Roland Cottes, crée en 1964 a intégré le groupe Vandemoortele en novembre 2004, leader européen de la boulangerie industrielle.
Ce groupe alimentaire belge à dimension européenne, s’est diversifié en trois secteurs: les produits soja, les margarines et graisses, enfin les produits de boulangerie surgelées qui enregistrent depuis plus de cinq ans de fortes croissances.
«En trois ans nous sommes passés d’une PME familiale à une logique d’entreprise performante» explique Claude Morin, directeur des sites du Fossat et de St-Estève, «c’est peut-être ce changement de culture au niveau de l’entreprise qui est à l’origine du conflit actuel»
Les deux usines emploient 320 personnes, soit une centaine de personnes de plus en trois ans et «50 embauches CDD prévues en 2008»
«Entre le mois d’août et janvier 2007, les salaires ont augmenté de 14, 84%, ce qui porte avec les primes le salaire à 18,30% de plus que le SMIC.
Lors des négociations salariales annuelles au mois de janvier dernier, nous avons finalisé un accord portant à 3,8% d’augmentation de notre masse salariale qui se traduit par: 1,5% d’augmentation générale, 0,5% de réajustement de grille, 1,8% au titre de la participation de l’entreprise à la prise en charge de la mutuelle de santé. Compte tenu de l’augmentation des matières premières et de l’énergie il nous est difficile de faire plus»
Les responsables du groupe belge étaient attendus par la direction ariégeoise jeudi après-midi et tous misaient sur cette rencontre pour débloquer la situation.
L’usine est bloquée depuis le 4 février et plus aucun camion ne sort du site ariégeois alors que le travail a repris sur le site de St-Estève dans les Pyrénées Orientales après une semaine de grève.
«Dans très peu de temps les citernes de gaz seront vides et les stocks de farine aussi, pronostique un salarié en grève, la grande distribution va bientôt être touchée» «Il aura fallu onze jours de grève pour faire déplacer la direction belge explique Philippe Cicutto, et nous n’avons pas l’intention de nous arrêter là»
Après la première rencontre, le petit groupe de huit personnes (la direction a accepté dans la délégation un membre de l’UD CGT 09 et un membre de la fédération nationale agro-alimentaire) est galvanisé: «ils ont compris qu’il y a une grosse détermination de notre part… ils n’ont pas parlé de négociation mais la discussion reste ouverte»
17h30, le groupe remonte en salle de réunion… à chaque interruption de séance, Frédérique Birebent de l’UD CGT 09 fait le point avec les troupes qui scandent sous les fenêtres de la direction «On ne lâchera rien !»
Enfin, il est près de 20h, les rencontres sont interrompues jusqu’au lendemain matin, vendredi. Les grévistes se retrouvent auprès du feu: «demain nous allons renouveler l’opération, il faut montrer notre détermination avec un maximum de monde, les élus, la population…
L’enjeu dépasse l’usine du Fossat, le territoire est mobilisé et au-delà le département …après l’AG, on ne descend pas au-dessous de la proposition faite par le médiateur, c’est 5,1% … la balle est dans leur camp !»
Nous rencontrons M. Feryn, directeur industriel du groupe Vandemoortele, qui s’est déplacé jusqu’à l’usine ariégeoise pour selon lui «soutenir le managment local, les négociations annuelles ont abouties à une proposition de 3,8% de la masse salariale… ce qui est correct. Nous sommes venu écouter notre personnel et chercher une solution à cette crise… Nous sommes encore en terme de se parler, on discute, on les écoute mais on ne négocie pas… on continue à chercher une solution»
Aujourd’hui vendredi au treizième jour de grève, la mobilisation risque d’être encore importante devant les Ets Cottes du Fossat. La direction et les responsables belges du groupe devaient rencontrer le médiateur dans la matinée avant de recevoir les salariés…
Photo et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |