Le Fossat: 12 salariés de la FMTT en grève
La FMTT construit des maisons transportables, un concept venu des Etats-Unis d’Amérique qui a rapidement séduit les Européens et notamment Hubert Razès, fondateur de cette entreprise ariégeoise, décédé fin juin dans un tragique accident d’ULM.
Ses enfants ont pris la relève et aussitôt organisé un plan de restructuration. Marcel Derny, délégué du personnel, a reçu le mois dernier une lettre annonçant le licenciement de 12 salariés.
Ces licenciements n’étaient pas nominatifs puisque seuls étaient mentionnés les postes concernés: chef d’atelier, dessinateur, plaquiste, carreleur…
Les salariés touchés par cette mesure (il est facile de les reconnaître dans une entreprise d’une trentaine de personnes) se disent choqués par un tel procédé, ils s’étonnent du manque de concertation et de la suppression de ces postes clés, correspondant à un tiers du personnel, dont la moitié en production, alors que paradoxalement selon eux les CDD et les pré-retraités échappent à cette sanction.
Après une première grève de trois jours, le délégué du personnel a fait appel à Yves Mousty, délégué CGT Lèze-Arize pour tenter de renouer le dialogue avec la direction.
Les salariés ont symboliquement installé jeudi matin un piquet de grève devant l’entreprise.
«Les salariés ne contestent pas le licenciement puisque licenciement économique il y a […] mais il faut mettre en place un plan social avec le départ des pré-retraités et installer le dialogue, explique le délégué CGT.
Nous sommes surpris de voir que les salariés travaillent 39h et fassent des heures supplémentaires […] pourquoi ne pas passer aux 35h cela ferait gagner deux postes !»
Aux dires des salariés en grève, jeudi dernier, le délégué du personnel était convoqué pour signer le protocole de licenciement, il a refusé de le faire dans ces conditions.
«On supprime peu à peu notre travail en le faisant faire par les autres […] et on sait nous reprocher de ne pas nous impliquer suffisamment dans l’entreprise mais on est mis au placard depuis des semaines»
A cette «tactique pour faire monter la pression», il faut ajouter une note de service affichée dénonçant des vols de matière première et de marchandises… «Nous ne sommes pas des voleurs! s’exclame Thierry Marc, chef d’atelier.
Depuis deux mois la direction souhaite mettre en place son plan de restructuration, la crise financière est arrivée à point nommée: effectif trop important, augmentation des matières premières, crise de l’immobilier doublée d’une réduction de l’attribution des crédits aux particuliers. Autant de prétextes pour nous laisser sur le carreau»
«Et qui dit qu’il ne s’agit pas du premier épisode d’une longue série, ajoute Jacques Poirrotte, carreleur. Jusqu’à présent on réalisait trois maisons par mois, depuis six mois, il n’en sort plus qu’une par mois […]
Il n’y a pas de logique dans ces licenciements puisque trois corps de métiers ne sont pas touchés (les menuisiers, charpentiers, poseurs) […] à moins que la logique soit ailleurs»
Et pour Yves Mousty de la CGT cette diminution de 40% de la masse salariale laisse présager la vente prochaine de la société: «notre objectif c'est de sauver 2 ou 3 postes»
Dans la matinée, Madame Bourges de la direction départementale du travail était reçue par la direction et les salariés lui ont fait savoir qu’ils étaient prêts à s’asseoir autour de la table des négociations. La direction quant à elle, n’a pas souhaité s’exprimer.
Ndlr: la direction a accepté de recevoir les salariés vendredi 14 novembre à 10h30. Les salariés ont voté la poursuite de la grève jusqu'à l'aboutissement des négociations.
 Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |