Cantonales à Saint Lizier: ça bouge en Bas-Couserans
Certes, la droite a jeté l'éponge, mais il y aura quand même deux candidats sur ce canton dont certains n'hésitent pas à dire qu'il est, sinon le plus florissant du Couserans du moins celui qui a le plus d'avenir.
Situé à l'entrée Nord du Couserans, celle qui relie le Pays à Toulouse, le canton de Saint Lizier a su conserver son caractère de terroir, avec de belles exploitations agricoles (même si elles se raréfient), une activité économique importante avec 2 zones industrielles et le Centre Hospitalier, deuxième plus important employeur du département, et les plus beaux joyaux du patrimoine local.
C'est dire combien le choix du prochain conseiller général peut être important, y compris au-delà du canton.
Deux hommes pour ce poste, la parité étant réservée, comme d'ailleurs partout en Ariège, à la suppléance, deux hommes tellement différents que l'on pourrait presque dire qu'ils n'ont guère en commun que la couleur poivre et sel de la barbe!
Le «sortant», Raymond Coumes, demande le renouvellement du mandat qui lui a été confié, il y a 6 ans, suite au départ du très charismatique Maurice Fauroux.
Homme du sérail, militant socialiste de la première heure, il gère depuis bientôt 20 ans la petite commune de Mercenac pour laquelle il demande, là aussi, le renouvellement de son mandat.
Si la succession de «JeanJean» lui a causé quelques soucis, tant il est vrai que l'on ne remplace pas facilement un tel homme, elle lui a permis aussi, en accédant au poste de Président de la Communauté de Communes du Bas-Couserans, d'asseoir son autorité et de se poser en interlocuteur incontournable du Couserans vis à vis de l'extérieur (département, région).
D'ailleurs, il assure également la vice présidence du Syndicat mixte du Pays Couserans qui va devoir bientôt se choisir un nouveau président suite au départ programmé de Roger Barrau...
Face à lui François Calvet, ingénieur agricole de formation qui a choisi de mettre ses connaissances en application dans sa ferme de La Hitte où il pratique, de l'entretien des près à la fabrication de fromage, les principes de l'agriculture bio.
Même s'il milite dans ce domaine depuis toujours, il n'a décidé de «rentrer en politique» qu'à l'occasion de la prochaine échéance électorale. Parcours classique du militant syndical et associatif qui souhaite un jour, en occupant un poste d'élu politique responsable, mettre ses idées et son savoir au service du plus grand nombre.
Bien que n'étant membre d'aucun parti politique, il est soutenu par le Parti communiste et Les Verts.
Adversaire farouche du cumul des mandats, (même s'il brigue, dans la liste du maire socialiste sortant, un poste de conseiller municipal sur sa commune de Lacave), il assure qu'il consacrera tout son temps et son énergie à son mandat de conseiller général, s'il est élu bien sûr.
Dans sa campagne, Raymond Coumes, qui a choisi comme suppléante Ginette Busca, maire de Montjoie en Couserans, s'appuie largement sur son bilan dont nous avons extrait quelques points forts.
Dans le secteur social tout d'abord avec une attention toute particulière portée aux secteurs de l'enfance et des personnes en difficulté: «j'y consacre beaucoup de temps», culturel et touristique ensuite, au travers des travaux importants (121 millions d'€uros) consacré au palais des Evêques de Saint Lizier, sans oublier l'environnement auquel le conseiller sortant se dit très attaché.
Pour les 6 années à venir, le candidat socialiste, avec l'appui du Conseil Général compte insister tout particulièrement sur les problèmes de l'emploi au travers des deux zones industrielles de Lorp et de Prat Bonrepaux, de l'avancement des travaux au palais des Evêques (fin programmée en 2009), et du soutien affirmé à l'extension du CHAC.
«Mais ce développement ne se fera pas au détriment de la qualité de vie», affirme Raymond Coumes qui fait de ce domaine sa seconde priorité.
Nouveau en politique, François Calvet n'a, bien évidement, aucun bilan à présenter et à défendre. Epaulé par Odile Gabiot, Infographiste-maquettiste installée à Taurignan-Vieux, il ne conteste d'ailleurs pas fondamentalement le bilan du «sortant», à l'exception notable de la 2X2 voies qui selon lui «ne correspond à aucun besoin de la population, n'a créée aucun emploi, et n'a pas amélioré la qualité de la vie des habitants du canton»
Sur le problème du sempiternel désenclavement, il pense que «ce n'est pas en doublant qu'on désenclave !»
Son programme s'appuie sur un certain nombre de priorités, dont la principale est celle donnée à l'environnement avec un développement économique à base de petites industries non polluantes (filière bois par exemple), une autre approche des transports (priorité au collectif), une aide aux économies d'énergie (principalement dans le bâtiment), un soutien à l'agriculture (avec une préférence pour le «Bio»).
Parmi les propositions fortes, on relève la création d'une «Maison du Salat – Porte du Couserans», en bordure de la RD117 pour la vente de produits locaux et l'accueil touristique, la création d'un cinéma UTOPIA sur le canton, «l'utilisation de produits locaux, sans OGM, dans les cantines et maisons de retraite, et la mise en place d'un Comité Economique, Social et Environnemental Cantonal»
Ce dernier point sera d'ailleurs la première proposition de François Calvet, s'il est élu au soir du 09 mars: ce CESE, qui sera «l'outil de la Démocratie participative pour le développement durable du canton», aura pour rôle de «favoriser l'information de la population, ... et sera consulté avant toutes décisions»
Deux projets, deux conceptions du rôle de Conseiller Général pour ce canton emblématique d'un développement harmonieux du Couserans. Verdict: dimanche 9 Mars...
Photo: ©AriegeNews 2008
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