Saint Lizier: après huit représentations, «Les Rois de France» sont retournés dans leurs tombeaux
Un moment ressuscité par la grâce des «Ateliers de Marie-Pierre», les deux Louis, XIV et XVI ont regagné dimanche soir leurs places respectives dans la mémoire collective de l'Histoire de France.
Devenue spécialiste, avec l'aide d'Annie Lavedan pour les textes et de Laurent Pastourel pour la musique, de la création de comédies musicales à l'usage de ses ateliers, Marie Pierre s'est attaquée en cet an de grâce 2008 à deux des plus grands rois de l'histoire de notre pays: le Roi Soleil, et son arrière petit-fils, le malheureux Louis le seizième.
Mais la présentation de ces deux Majestés faite sur la scène de l'espace culturel du CHAC, à Saint Lizier, durant toute la semaine du 20 au 29 juin s'est avérée quelque peu différente de celle que l'on trouve généralement dans les livres d'histoire.
Plutôt que de nous parler des batailles, guerres et conquêtes guerrières, Annie et Marie-Pierre ont choisi l'angle de la vie, de l'Amour, et des conquêtes galantes.
Ainsi, pour «Le Roi Soleil», la part est-elle faite belle à Marie Mancini, nièce de Mazarin, qui initia le jeune roi aux plaisirs de l'amour. Elle sera la seule, alors que la Cour dans son ensemble croit Louis mort, a garder confiance.
A son retour dans le monde des vivants, il sera empêché d'épouser la belle italienne «sans naissance», pour convoler avec l'infante d'Espagne, «sacrifiant son destin d'homme à celui de Roi»
Plus tard, bien plus tard, après les fastes de Versailles et les épisodes sulfureux de Mme de Montespan, Louis XIV inversera le cours d'une destinée écrite par avance. En épousant Françoise d'Aubigné, gouvernante elle aussi «sans naissance», il va, comme l'écrit Annie Lavedan, «réussir à accomplir bien plus que son destin de Roi, son destin d'homme»
Pour ce superbe spectacle, l'atelier «Ados», fort d'une vingtaine de jeunes chanteurs, danseurs, comédiens plus doués les uns que les autres, est secondé par les danseuses orientales de l'association «Les Mille et Une Nuits»
Autres temps, mêmes mœurs: nous sommes près d'un siècle plus tard sur les barricades de la rue Quinquempois, ruelle commerçante qui a vu la naissance de Charles Gauthier, fils de simple boutiquier, dont «La Révolution Française» nous raconte les amours malheureuses avec Isabelle de Montmorency, issue de la plus haute noblesse. Ils mourront tous les deux.
Cette comédie musicale, interprétée par l'atelier «Adultes», a également le mérite de réhabiliter un tantinet ce brave Louis XVI, tant brocardé pour la passion qu'il portait à la serrurerie, et qui, mal conseillé, n'a pas été en mesure de mettre en place ce régime de monarchie constitutionnelle qu'il souhaitait.
Sa mort sur l'échafaud constitue un des moments forts du spectacle.
A noter que la musique est fort opportunément rythmée tout au long de cette belle comédie par les danseuses de claquettes de Sabine.
Contact: «Les ateliers de Marie-Pierre» Tel: 06 13 38 38 98
Photos: ©AriegeNews 2008 |