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23/09/2008 imprimer envoyer � un ami commentaires(0)
Lédar: la liquidation Judiciaire du groupe Matussière et Forest est définitivement prononcée

AriegeNews TV

Tribunal de Commerce de Grenoble – 14h30 – la liquidation de Lédar est prononcée.

Quelques minutes plus tard, dans la cour de l'usine, c'est l'effondrement. Les quelques deux cents personnes rassemblées dans un ultime espoir, ouvriers et leurs familles, jeunes,  retraités, citoyens sont atterrés par la nouvelle.

Certes, on se doutait bien que l'issue fatale était inéluctable, mais chacun se forçait à y croire… Après les larmes, c’est un sentiment complexe où se mêlent colère, résignation, dégoût et toujours, malgré tout, une furieuse envie de se battre, qui plane sur le quartier bouclé de Lédar.

Et maintenant ?

«Il faut se (re)mettre au travail, tous réunis autour d'une même table, salariés, élus, de la commune à la région, en passant par le pays et le département, représentants de l'Etat, pour trouver une solution. Car il ne peut pas ne pas y avoir de solution»

Elle se tiendra, cette réunion qu’appelle de ses vœux ce jeune retraité qui ne peux pas comprendre que ses compagnons ne finissent pas leur vie active à l’usine.
Elle se tiendra donc,  dès demain mercredi en début d’après midi, à la préfecture de l’Ariège.

Deux projets devraient y être présentés: un plan que l’on peut qualifier de «global» et qui unit les deux sites de Lédar et de Turckheim.
Il a les faveurs de la direction de l’usine.

Les ouvriers quand à eux préféreraient faire cavalier seul et reprendre Lédar sous forme de SCOP.
«Mais nous ne sommes fermés à aucune proposition» insiste Vincent Ramond, le représentant des ouvriers.

En attendant cette réunion «de la dernière chance», les papetiers couserannais ruminent leur colère et cette insupportable impression de s’être faits duper depuis des années, et plus exactement depuis 2007, année de la vente des fameuses centrales, cédées d’une manière qu’ils jugent parfaitement illégale, contre une promesse d’investir l’argent sur le site. (voir ci-dessous, l'histoire des centrales)

«C’est vrai, nous n’avons aucun engagement écrit, mais cela a été dit, devant témoin, et pour des ariégeois comme nous, la parole donnée vaut tous les écrits du monde»
Apparemment, il n’en est pas de même pour tout le monde…

Dupé aussi par Papresa, cet industriel espagnol qui devait reprendre les rênes de la papeterie.
«Les espagnols sont arrivés alors que nous étions en train de plancher sur la constitution d’une SCOP.

Nous avons eu confiance et nous avons suspendu notre réflexion. On aurait voulu nous empêcher de monter cette SCOP qu’on ne s’y serait pas pris autrement !
»

Trahi par le juge commissaire qui appuie sa demande de mise en liquidation judiciaire sur une perte de plus de seize millions d’euros «non vérifiés» alors que plus de la moitié de cette «dette» est officiellement contestée et que Ledar a produit un dernier exercice bénéficiaire de plus d’un million et demi d’euros, sans les centrales.

Trahi également par des administrateurs qui leur ont fait croire jusqu’au bout que l’usine allait redémarrer.

C’est ainsi qu’ils ont fait rentrer quelques centaines de tonnes de vieux papiers à recycler, et qu’ils ont ralenti volontairement la production de papier «pour désengorger les stocks dans le perspective de la reprise !»

Trahi enfin par la direction du groupe qui a fait acheter par sa filiale AVP pour plus de quatre millions d’euros de vieux papiers «dans l’unique but de vider les caisses avant la liquidation»

Volé, à nouveau, par l’annonce de la cession d’AVP, la «pépite» du groupe, pour cent mille euros.
«Une misère» pleure cette secrétaire désemparée.

Plus insupportable peut-être, ces factures, établies par «Meylan 60», qui est la structure juridique qui gère Lédar, à la maison mère MF SA avec pour intitulé «Agios sur avance de trésorerie pour la période duau …»

Ces factures, découvertes un peu par hasard, varient depuis deux ans entre trois mille et cinq mille euros par mois et sont bien la preuve que MF SA est venu prélever dans la caisse de Lédar une somme d’environ un million et demi d’euros.

«Au lieu de nous verser des intérêts, ils auraient mieux fait de nous rendre le capital !» s’exclame cet ouvrier écœuré.

Certains ont l’impression que l’ «on» a tout fait pour que l’usine ferme.
«Après l’histoire des centrales, certains n’avaient peut-être pas envie que des étrangers viennent fourrer leur nez dans les comptes !»

Prochaine échéance: demain mercredi, «il faudra tout mettre sur la table. Et nous exigerons des garanties» promet Vincent Ramond.

En attendant, l’usine reste occupée.
Le stock de papier, soit environ trois mille tonnes, pour une valeur de près de deux millions d’euros est sous haute surveillance, «et s’il le faut, nous ouvrirons les vannes pour le rendre invendable…» menacent les plus motivés.

Histoire des  centrales hydroélectriques de la société anonyme des papeteries de Lédar

Découverte et maîtrisée par Aristide Berges, enfant du Couserans, l’énergie hydroélectrique a toujours eu la faveur des industriels locaux. C’est ainsi que, dès le 15 juillet 1941, la SA des papeteries de Lédar dépose une demande de «concession de forces hydrauliques» auprès des ministres de l’industrie et de l’agriculture de l’époque, tant il est vrai que les «droits d’eau» sont fortement réglementés.

De rapports d’ingénieurs en avis de ministres en passant par moult lois (dont celle du  26 avril 1924 sur l’emploi obligatoire des mutilés de guerre), on arrive au décret du 13 mars 1961  «concédant à la SA des papeteries de Lédar l’aménagement et l’exploitation de la chute de Saint Girons, sur le Lez, dans le département de l’Ariège»

Ce décret est signé conjointement par Jean Marcel Jeanneney, ministre de l’industrie, Henri Bochereau, ministre de l’agriculture et Michel Debré, premier ministre.

Ce qui est intéressant dans ce décret qui détaille en outre le cahier des charges, est que la concession est attribuée à la SA dans le but exclusif d’alimenter l’usine en électricité.
Cette centrale (tout comme celle de Castillon en Couserans, jumelle) ne saurait ainsi être vendue sans condition:

Article 3: Toute cession totale ou partielle de la concession, tout changement de concessionnaire ne pourra avoir lieu, sous peine de déchéance, qu’en vertu d’une autorisation donnée par décret du Conseil d’Etat.

Le conseil d’état n’ayant même pas été  consulté, cette vente est, selon les ouvriers et leurs avocats, parfaitement illégale, le préfet lui-même ne pouvant se substituer à cette instance incontournable.


Voir à ce propos l'extrait du Journal Officiel du 18 mars 1961 (format PDF - 818 Ko)


Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008
actualites Ariege   auteur: René Sicre  |  publié le: 23/09/2008
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