Bataille de communiqués autour du CHAC -Centre Hospitalier Ariège Couserans-
 Le Couserans est décidément sous les feux de l’actualité.
Alors que le sort des papeteries de Lédar est toujours en suspens, où chaque jour nous apporte son lot de rebondissements (voir notre dossier complet), c’est maintenant au CHAC, établissement phare du Couserans et qui porte, avec ses neuf cents salariés, toute l’économie du Couserans à bout de bras, d’être sur la sellette.
Lundi 22 septembre, sous le titre «Dans un Couserans sinistré, l’hôpital à nouveau en danger», Geneviève Chartier, Présidente du Conseil de Développement du Pays Couserans, pointe le doigt selon elle, sur un risque majeur pour le CHAC: «devenir une annexe du CHIVA» – Centre Hospitalier Intercommunal du Val d’Ariège-, premier établissement du département avec ses quelques mille deux cents salariés.
Dans ce communiqué, (voir AriegeNews du 22/09/2008) la présidente estime que le rapprochement de ces deux établissements ariégeois verrait l’hôpital couserannais vidé de sa substance, sans aucun bénéfice pour le CHIVA.
Elle appelle ainsi de se vœux un rapprochement Saint Girons – Saint Gaudens, autrement dit Couserans- Comminges, plus apte, selon elle, à pérenniser l’ensemble des établissements concernés.
Il ne faut alors pas plus de soixante douze heures à Henri Nayrou, député de l’Ariège et Président du Conseil d’Administration du CHAC pour réagir par un communiqué sous le titre: «Le CHAC n’est pas en danger, il a besoin de vous», communiqué dans lequel il stigmatise ceux qui «prennent du plaisir à détruire ce qu'ils aiment», et affirme qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter et que «Les élus du conseil d'administration ne se tromperont pas de territoire»
Pour bien comprendre les tenants et aboutissants de cette querelle, il faut se reporter au rapport «Larcher» du nom du probable futur président du Sénat qui a signé un texte proposant une «rationalisation du système français de soins hospitaliers»
Ce rapport sert aujourd’hui de base de travail à Roselyne Bachelot, ministre de la santé, pour le projet de loi qui sera présenté, probablement avant la fin de l’année, au parlement, portant réforme du système hospitalier français.
Ce rapport (voir notre article du 14/04/2008) préconise, entre autres, la «création de communautés hospitalières de territoire, calquées sur l’organisation des communautés de communes, qui géreront les regroupements des établissements hospitaliers sur un territoire de santé»
La question fondamentale qui se pose aujourd’hui au CHAC a été exprimée, il y a maintenant quelques mois, par Pierre Yves Gilet, alors directeur de cet établissement.
« Il est clair que les petits hôpitaux ne pourront pas survivre seuls, il faut impérativement se regrouper, coopérer. Mais coopérer avec qui, selon quels critères et sur quels objectifs ? Telle est la vraie question !»
Soyons clairs: Deux choix s’offrent aux décideurs.
Le premier, apparemment le plus évident, consiste à créer un territoire de santé calqué sur le département intégrant, autour du CHIVA, les établissements de Lavelanet, Saint Girons et accessoirement Tarascon.
L’autre choix consisterait à créer une communauté hospitalière regroupant deux territoires culturellement proches et complémentaires, à savoir le Couserans et le Comminges.
Aujourd’hui, à quelques jours de la nomination probable d’un nouveau directeur pour le CHAC (P-Y Gilet, nommé à Saint Gaudens en assure actuellement l’intérim), nombreux sont les couserannais qui s’inquiètent du choix qui sera fait et dont dépend l’avenir de l’établissement saint gironnais.
Henri Nayrou pour sa part, estime qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter.
Alors qu’une pétition lancée il y a quelques jours, prônant un rapprochement Couserans Comminges, a déjà réuni quelques centaines de signatures, nous avons contacté deux protagonistes de cette affaire: Claude Lavigne, Directeur du CHIVA, et le docteur Jean-Louis Vicq, Président de l’Association des Médecins du Couserans depuis sa création, il y a près de vingt cinq ans.
Autant le premier, contacté par téléphone, n’a pas souhaité nous parler de la situation hospitalière en Ariège, autant le second, pourtant généralement peu prolixe, s’est montré véhément pour défendre le rapprochement Saint Girons, Saint Gaudens.
«Une communauté départementale verrait la mort lente du CHAC, qui deviendrait une annexe du CHIVA, limitée à un rôle de diagnostic et de moyen séjour. Dans l’hypothèse d’un tel rapprochement, il est clair que la chirurgie, la maternité, et plus généralement toute la médecine seront rapidement transférées à Foix»
Puis refaisant l’historique de l’Hôpital saint gironnais: «Tout ce qui a été fait depuis vingt cinq ans, depuis, en fait, Jean Ibanes, [ancien maire de Saint Girons NDLR], serait réduit à néant. Nous avons enfin réussi à fidéliser la population locale.
Il est clair que celle-ci préférera, en tout état de cause, se tourner vers Toulouse, les chiffres sont formels» précise ce médecin libéral qui poursuit «un rapprochement CHAC-CHIVA ne serait bénéfique pour personne. C’est un pari perdant-perdant !»
Vendredi se tenait une présélection des candidats au poste de directeur du CHAC. De cette «épreuve» sortira incontestablement un premier indice du choix de territoire qui tracera l’avenir du Centre Hospitalier Ariège Couserans.
Crédit photo: Astoria |