Lédar: négociations sur une poudrière !
Lédar, c’est fini, certes, et l’on sait désormais que l’usine ne redémarrera plus.
Pourtant le dossier n’est pas bouclé pour autant, et les élus du comité d’entreprise, Vincent Ramond en tête, espèrent encore décrocher des conditions dignes du travail et des sacrifices consentis depuis des années.
Ce vendredi après-midi, les protagonistes, dont le Sous-préfet de Saint Girons, le directeur départemental du travail et de l’emploi, Me Brenac et les salariés, avaient rendez-vous dans les bureaux de la sous préfecture pour tenter de sortir honorablement de l’impasse.
Après quelques heures de discussion, il apparaît qu’une solution serait en vue : Me Brenac, liquidateur, accepte de transmettre au juge commissaire la fameuse requête susceptible de débloquer la situation. (voir notre article du 3 octobre 2008)
Cette requête, rédigée au cours de la réunion, avec l’aide d’un conseiller juridique dépêché par le Conseil Général, stipule qu’une prime supra conventionnelle d’un montant de cinq mille euros sera octroyée à tous les salariés de l’ex-usine de Lédar, et qu’un PSE (Plan de Sauvegarde de l’Emploi) exceptionnel, sera établi, à l’attention des licenciés, pour un montant proportionnel à celui qui a été accordé aux ouvriers de Lancey, soit de l’ordre de deux cent cinquante mille euros.
Compte tenu du fait que le juge commissaire de Grenoble, détenteur de la décision finale, avait indiqué que le plan prévu pour les salariés isérois, était parfaitement reproductible, sous réserve d’adaptations locales, aux autres usines du groupe, les négociateurs sont ressortis de cette réunion passablement rassérénés.
Il faut ajouter à cette note positive, la venue sur le site des élus du département, Augustin Bonrepaux, président du Conseil Général, Frédérique Massat, députée et son collègue Henri Nayrou, également conseiller général de Saint Girons en tête.
Outre le soutien moral indispensable dans ces périodes difficiles, ces élus ont assuré aux ouvriers licenciés, qu’ils seraient prioritaires sur les postes susceptibles de se libérer dans la sphère d’influence du Conseil Général.
Il n’en reste pas moins vrai que le site de Lédar reste une véritable poudrière.
Alors que nous avions quitté les lieux, jeudi soir, aux alentours de 21 heures, dans un calme général apparent, il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que les salariés qui gardent le site ne mettent en place une organisation digne de Fort Alamo.
En cas d’intervention hostile venant de l’extérieur, les «assiégés volontaires» sont aujourd’hui en capacité de mettre le feu à l’ensemble du stock de bois présent sur le site, soit environ six mille stères.
D’ailleurs ils ont allumé, dans la nuit, pour s’entraîner et lutter plus efficacement contre la fatigue et le froid, un immense feu de camp. De même, la pression sur le stock de papier «prêt à être livré» se fait plus forte.
Non seulement ces rouleaux sont sous la menace des lances à incendie, mais ils sont aussi, en cas d’urgence, sous la menace d’une pollution chimique leur interdisant même la moindre tentative de recyclage… Ce qui serait tout à fait dommageable dans la mesure où la vente de ce papier pourrait constituer la cagnotte capable de répondre à la requête des salariés.
En signe de bonne volonté, ces derniers ont donné leur accord à Me Brenac pour l’aider à vendre ces bobines dans les meilleures conditions.
On le voit, les négociations avancent mais il paraît évident que si elles ne débouchent pas rapidement, la situation va se tendre entre les négociateurs et des ouvriers qui ne supporteront plus longtemps d’être «baladés»
Photo: ©AriegeNews 2008 |