Sècheresse: situation préoccupante en Ariège
25/05/2011 | 19:55
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Au niveau national, on n’avait pas vu cela depuis 1976.

En Ariège, «on rencontre ce genre de situation environ une année sur dix» précise Jean-François Desbouis, à la tête de la DDT (direction départementale des territoires).

Avec très peu de précipitations cet hiver, un printemps particulièrement sec, et un déficit d’enneigement en haute montagne, le manque d’eau commence déjà à se faire cruellement ressentir.

Premières conséquences: des mesures de restriction ont été prises par le préfet suite au dernier «comité sécheresse»* réuni le 18 mai dernier.

Dans l’Hers vif (le secteur le plus touché), les prélèvements en eau sont interdits 1 jour sur 4.

Côté particuliers, il s’agit de limiter le remplissage des piscines, le lavage des voitures hors station de lavage, le nettoyage des façades, ou encore l’arrosage aux heures chaudes.

Car le département a beau être bordé au sud par les Pyrénées, ses réservoirs en eau ne se sont pas remplis comme prévu.

Pour évaluer cette sècheresse, on surveille le débit des cours d’eau (l’Hers vif, la Lèze, l’Ariège, l’Arize), mais aussi sur le niveau des retenues.

Le principal barrage est celui de Montbel (dont la capacité est de 60 millions de m3, actuellement rempli à 34 millions de m3).

Mais il y a aussi celui de Mondély (rempli à 3,4 millions de m3 sur une capacité totale de 4).

Avec enfin celui de Filleit (plein à 3,6 millions de m3 sur 4,9).

D’autres barrages EDF existent en montagne mais ont plutôt vocation à produire de l’électricité.

C’est donc vers le plus gros fournisseur, le barrage de Montbel, que tous les regards se tournent en ce moment.

Le SMDEA (syndicat mixte départemental de l’eau et de l’assainissement) en est l’exploitant.

Selon son directeur Christian Alvarez, la situation est préoccupante, «il nous manque à peu près 1 million de m3 par rapport à une année normale»

Mais il n’y aurait (pour le moment) pas de problèmes majeurs liés à l’eau potable, «on n'est pas dans le cas de figure où certaines populations pourraient être privées d’eau, comme on l’a connu certaines années»

Par contre, du côté des agriculteurs, c’est l’inquiétude générale.

Jean-Yves Bousquet mêle l’élevage et la culture de céréales près de Mirepoix, à la frontière avec l’Aude.

Les foins sont presque déjà terminés, la terre est sèche et des tâches plus claires parsèment ses champs.

Il constate, «on a un mois d’avance puisqu’on est en train de finir des foins. La récolte est de moitié par rapport à l’an dernier»

Quant aux céréales en pleine formation, elles sont menacées, «les fortes chaleurs activent fortement la maturité des plantes. Les rendements seront sûrement très affectés»

Le gouvernement a annoncé que les fonds de garanties des calamités agricoles devraient être débloqués d’ici le mois de juin.

Et en Ariège, la prochaine réunion du «comité sècheresse» aura lieu vendredi.

Pour l’instant, il s’agit de régler des problèmes de court et moyen terme, pour mettre d’accord tous les usagers de l’eau et limiter la casse.

Mais viendront ensuite le temps des questions à plus long terme, pour éviter ces récurrentes «crises de l’eau»

Construire de nouvelles retenues, mieux organiser la solidarité entre l’amont et l’aval, entre départements, ou entre barrages; réorienter l’agriculture vers des cultures moins consommatrices d’eau... chacun a déjà sa petite idée derrière l’oreille.

*dans le comité sècheresse, il y a notamment les services de l'Etat, le Conseil Général, l'Association des Maires, le Syndicat Mixte De l'Eau et de l'Assainissement, la Chambre d'Agriculture et les représentants des irrigants

actualites Ariege
auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 25/05/2011 | 19:55 | Lu: 14556 fois