Le projet est ambitieux: construire une centrale dite de «cogénération» biomasse à partir du bois, sur le secteur de Foix.
Elle serait dédiée à la fois à la production d’électricité revendue à EDF, mais aussi à la production de chaleur distribuée par un réseau qui permettrait de chauffer un grand nombre de bâtiments publics à Foix et dans les environs.
L’idée est en marche depuis 2009. En 2010, c’est même le seul projet dit «biomasse» du sud-ouest qui a été approuvé par le ministère de l’écologie.
A l’origine de la démarche, il y a l’entreprise «Forestis Industries» à Saint-Paul-de-Jarrat, spécialisée dans la filière bois (scierie, menuiserie industrielle, charpente).
Ce sont ses déchets qui viendraient alimenter la centrale, ainsi que des plaquettes forestières issues de la forêt ariégeoise.
Le coût de l’investissement est important: 18,124 millions d’euros pour la centrale, et 10 millions d’euros pour construire le réseau de chaleur.
Mais la réussite du projet est basée sur une collaboration public-privé originale.
En effet, les clients de ce réseau de chaleur seraient pour la plupart des collectivités: la mairie de Foix, la communauté de communes de Foix, le Conseil général, l’Etat, la chambre d’agriculture, ou encore le Conseil Régional.
En décembre, ces institutions ont donné leurs accords de principe: elles acceptent de voir augmenter leurs factures énergétiques, en finançant le surcoût lié au rachat d’une énergie durable.
Depuis que ces engagements ont été pris, le projet semble viable, les simulations tiennent la route.
Du côté du Conseil général, on explique: «nous serons le premier client. C’est pour cela que nous n’apporterons pas de subventions directes.
Même si nous interviendrons aussi en matière d’accompagnement technique et de conseil»
Pour le département, le surcoût est estimé à 21 286€. Il s’élève à un peu plus de 11 000€ pour la communauté de communes du pays de Foix, qui grâce au réseau compte chauffer les forges de Pyrènes, la maison de l’enfance, la future piscine ou encore la crèche.
«Le développement des énergie renouvelables, il ne suffit pas d’en parler, il faut le faire dès qu’on le peut, explique Jean-Christophe Bonrepaux (président de la communauté de communes de Foix), il y a aussi l’emploi, puisque c’est une possibilité de développer la filière bois»
Sans oublier un choix durable, «quand on regarde l’évolution du prix des énergies fossiles, on se dit que le surcoût pourrait être amené à se réduire»
Dans le même esprit, Danielle Delavergne (élue à la mairie de Foix) précise: «le surcoût nous semble supportable puisque de toute façon, le coût de l’énergie subit une hausse très importante»
S’il aboutit, le projet pourrait permettre de créer une trentaine d’emplois (sur la centrale, mais aussi sur la filière bois).
Reste à définir un montage juridique et financier solide. Un groupe de travail a été créé. Il rendra ses conclusions au 1er mai.
| La filière bois: un enjeu pour l’Ariège En Ariège, il y a 187 000 hectares de forêt privée. Elles génèrent plus de 800 000 m3 de nouveaux bois. Mais seulement 146 000m3 sont exploités annuellement: soit 18,25% de l’accroissement naturel de la forêt. Les chiffres parlent d’eux même: la ressource bois est sous-exploitée en Ariège. Première raison: la difficulté d’extraction du bois dans des zones de montagne pentues et difficiles d’accès. Mal entretenue, il faut aussi faire un travail sur la forêt pour améliorer la qualité du bois, en plantant des essences plus nobles, plus facilement valorisables. Mais le principal frein est que la forêt appartient à une multitude de propriétaires privés. La surface moyenne des propriétés forestières est de seulement 2 hectares. Or, on estime que l’exploitation de la forêt n’est économiquement viable qu’ à partir d’unités de 200 à 300 hectares. Une des solutions serait de créer un nouveau concept de «Gestionnaires Locataires Sylviculteurs» sur des territoires forestiers pertinents. Des analyses sont en cours pour préciser les statuts juridiques qui pourraient être envisagés. Les choses avancent peu à peu. Tandis qu’il n’existait en 2003 que 2 plateformes de production de plaquette forestière et 9 chaudières, la filière est organisée à partir de 5 plateformes qui alimentent 21 chaufferies publiques. Vu les projets en marche, ce chiffre pourrait passer à 31 d’ici 2013. La consommation de plaquettes forestières, qui représentait 200 tonnes en 2003 est aujourd’hui de 2321 tonnes. Elle est estimée à 4306 tonnes pour 2013. |
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