Sentein: une action hostile des anti-ours avant une randonnée naturaliste ulcère les participants
Dimanche 26 mai, le soleil brille (enfin) sur l’Ariège. Rendez-vous est donné dès 8h30 à huit participants devant l’office de tourisme de Sentein par Christophe Popelin, accompagnateur en montagne et naturaliste.
Dans le cadre des journées nature organisées par la région Midi-Pyrénées, et depuis trois ans , il amène randonner les participant sur les belles montagnes du Couserans, dans la vallée du Biros, avec comme thématique l’ours brun, présent dans ce coin de l’Ariège.
Sur le chemin du départ, ils passent devant les locaux communaux où se trouvent l’école et la caserne des pompiers et tombent nez à nez avec une banderole d’un goût très douteux. Des oursons en peluche sont pendus avec la mention (écrite avec les fautes d’orthographe comme sur la pancarte) «Vous les voules Vous les gardes - S’ils sortent Ils sont morts»
Christophe Popelin décide d’immédiatement prévenir les gendarmes pour assurer la sécurité des clients. «On ne savait pas si un comité d’accueil nous attendait plus loin» explique l’homme.
Il a décidé d’alerter les médias non pas pour raviver une guerre sur l’ours mais bien pour faire prendre conscience que c’est sous pression qu’il a dû exercer son métier et sa passion ce jour-là.
«Je suis profondément indigné parce qu’en tant que professionnel de la montagne, l’ours fait partie des thématiques comme tant d’autres que j’aborde lors de mes sorties. Je refuse de participer à la loi de l’omerta par rapport au sujet de l’ours en Ariège. Durant mes randonnées, j’aborde le sujet sous l’angle scientifique et naturaliste car l’animal est présent sur ce territoire» insiste-t-il.
«Je trouve qu’il y a un laisser-faire partisan dans ce département par rapport à ces exactions»
«Dès le moment où il est question de l’ours dans ce département, on est pris à partie pour savoir dans quel camp on se trouve. Je veux juste avoir la liberté de pouvoir m’exprimer sur ce sujet avec un discours de naturaliste» précise Christophe. Pour ses commentaires, il s’appuie notamment sur les rapports officiels de l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage).
Aujourd’hui, l’homme souhaite relayer ce climat de tension et de pression qu’il subit dans l’exercice de son métier comme d’autres collègues. «La coupe est un peu pleine et ce n’est qu’un fait parmi tant d’autres» regrette ce professionnel.
Il en veut aussi à la municipalité de Sentein qui aurait été prévenue par les gendarmes de la présence de cette pancarte dès le dimanche mais qui aurait attendu le lundi matin, à l’heure où les élèves entraient en classe, pour faire retirer la banderole provocante.
«Il est temps de faire comprendre que ces gens ont la possibilité de faire entendre leurs voix dans un cadre légal. Je trouve qu’il y a un laisser-faire partisan dans ce département par rapport à ces exactions»
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