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Couserans: l'ours responsable d'une attaque sur l'estive de Pouilh?

© midinews (archives) - Kaphoto

C’est mercredi matin que les services compétents de l’Etat devaient se rendre sur l’estive de Pouilh située sur le hameau de Salau, commune de Couflens en Couserans.

Ils étaient accompagnés du berger en charge du troupeau de brebis semble t-il attaqué et par des responsables de la coordination pyrénéenne Aspap/Addip, farouchement opposée à la réintroduction d’ours.

Selon l’association pour le développement durable de l’identité des Pyrénées, l'estive de Pouilh aurait subi une grosse attaque suivie d’un dérochement dans la nuit de dimanche à lundi.

«Plusieurs dizaines de bêtes au tapis, des agneaux lacérés par les oursons qui suivaient la mère, une brebis trouvée avec trois pattes cassées, etc. Tout n'a pas été vu à cause de la brume et déjà des nuées de vautours qui ne s'écartent même pas lorsqu'on s'approche. Depuis une semaine, des attaques ponctuelles faisaient craindre le pire, c'est arrivé» commentent les associations.

Parmi les victimes de cette possible attaque, plusieurs brebis et agneaux tués, et un groupe de brebis affolées qui ont succombé dans une chute sur les pentes escarpées de la crête où elles passaient la nuit.

Une situation de plus en plus insupportable pour l’Addip sur les estives couserannaises «où aucune n'est à l'abri malgré la présence permanente de Patous et bergers, et sur Pouilh, d'un des plus anciens bergers de la zone unanimement reconnu pour la qualité de son travail depuis des décennies plus un stagiaire très volontaire»
Pour les pro-ours, pas un hasard que cela soit arrivé sur l’estive de PouilhDans ce genre de situation, la réaction des associations pro-ours ne se fait pas attendre. Ainsi les association Férus et Pays de l’Ours - Adet n’ont pas manqué l’occasion de donner leur point de vue.

Le premier responsable selon eux, le berger «certes ancien dans la profession, est surtout connu pour être totalement opposé aux mesures de protection des troupeaux. Les brebis y sont donc extrêmement vulnérables et exposées aux nombreux risques liés au milieu montagnard: chutes, maladies, parasites, foudre et prédation» pour les pro-ours.

«Ailleurs en Ariège comme partout dans les Pyrénées, de plus en plus de bergers regroupent les troupeaux chaque nuit et les protègent avec des chiens patous. Et à chaque fois, le résultat est le même: une baisse très significative des pertes et prédations.

Il n’y a plus guère que l’Addip et l’Aspap pour nier l’évidence et dissuader les éleveurs et bergers de protéger leurs troupeaux, avec les risques et conséquences insensés que cela implique, comme on le on voit à Pouilh
» insistent les deux associations pro-ours.

Eux-aussi veulent connaître les conditions exactes de ces lourdes pertes. Des pertes qui ne seront indemnisées seulement si l’ours peut être mis en cause.

De son côté, la Préfecture de l'Ariège pourrait communiquer dans les prochains jours.

Anne-Sophie Fontanet | 11/09/2013 - 18:16 | Lu: 34584 fois