Oust, réunion des éleveurs: «on ne veut pas d'ours ici»
© midinews 2013«Nous ne sommes pas anti-ours, pas plus que nous sommes anti-escargots, mais nous sommes opposés à l’ensauvagement des Pyrénées, nous voulons une montagne vivante»
Hier au soir, une quinzaine d’éleveurs tenaient conférence de presse en la bibliothèque d’Oust, accueillis par le Maire Vincent Rozès. Une conférence à l’initiative de l'ASPAP, bien que Bruno-Besche-Commenge, à l’animation de cette réunion, se fasse aussi porte-parole de l’ADDIP (qui fédère l’ensemble des associations pyrénéennes).
Ce qui devait n’être au départ qu’une conférence de presse est très rapidement devenu réunion des éleveurs où chacun à tour de rôle a exprimé malaise désarroi et opposition virulente au maintien de l’ours.
Une charge anti-programme de réintroduction et pour le retrait des ours qui s’est donc déroulée sans aucun représentant de la logique contraire, ni des services de l’état, devant une assistance acquise d’avance à cette cause. Cela peut être regrettable pour l’équilibre du débat qui s’est alors instauré.
Toujours est-il les éleveurs ont souhaité répondre à la dernière conférence de presse tenue par la nouvelle Préféte, Nathalie Mathien, dont ils soulignent «les contre-vérités et le caractère incomplet et biaisé des données sur lesquelles Mme la Préfète, mal informée, s'est basée pour intervenir», faisant elle-même état de «l’attitude vulgaire et irrationnelle des éleveurs» que ces derniers décrient.
Pour réponse, Bruno-Besche-Commenge a alors évoqué «le mensonge initial de l’état, un scandale, celui par lequel l’union européenne aurait contribué au financement des premières réintroductions d’ours dans le début des années 90», dénonçant qu’il n’ait «jamais été tenu compte de l'opposition des populations locales tandis qu’une association était alors créée ex-nihilo, l’ADET» nomme-t-il «pour faire moins parisien et rendre le projet crédible»
Une théorie du complot au plus haut sommet de l’état, qui expliquerait le retrait dans les années 2000 de l’Europe s’étant aperçue de la supercherie et sur laquelle le même Bruno-Besche-Commenge regrette que la préfète n’ait pas tenu compte des multiples documents fournis pour étayer cette thèse, avant de s’exprimer.
Face à toute cette souffrance, nous attendons des réponses concrètes
Reste néanmoins qu’aujourd’hui, l’ours est bel et bien là et même on estime «entre 8 et 10 les femelles en capacité de se reproduire ce qui peut rapidement porter le nombre d’ours à une cinquantaine dans les années à venir» dira le président de la fédération des chasseurs, Jean-Luc Fernandez qui veut «qu’on parle d’avenir»
Regrettant par ailleurs ce qu’ils considèrent comme une atteinte à leur intégrité, les éleveurs dénoncent «les récentes indemnisations octroyées aux bénéfices du doute qui ne sont pas acceptables moralement»
Pour eux maintenant que les expertises ont été réalisées, avec pour preuve la copie des rapports des agents de l’état, il est temps de communiquer sur les résultats et de faire «apparaître clairement qu’il n’y a plus de doutes possibles et que l’ours est bien la cause de la majorité des prédations qui ont touché les estives sans compter les dérochements comme l’un des derniers, celui de l’Estive de Pouilh»
Et puis, «ce n’est pas parce qu’on indemnise que le problème est réglé. Il reste entier» résume Alain Servat, maire d’Ustou et vice-président de la communauté de communes du canton d’Oust.
Par ailleurs, les éleveurs revendiquent de pouvoir exercer leur métier de manière professionnelle, eux qui ont été contraints de monter plus tard (par la faute de la météo) aux estives et d’en redescendre plus tôt (à cause des prédations) laissant «là-haut une herbe bien verte, alors qu’on grignote sur les réserves de l’hiver»
S’il laisse entendre que l’ASPAP a diligenté deux enquêtes administratives sur l’origine des prédations mais également plus scientifique sur tous les effets induits par celles-ci (déstructuration des troupeaux, avortements), désormais Bruno-Besche-Commenge pose la question, une fois de plus: «on veut savoir auprès des services de l’état ce qu’ils veulent faire, quelles solutions concrètes ils peuvent nous apporter»
Pour les éleveurs présents la cause est entendue, «il n’y a pas de cohabitation possible»
Le maire de Saint-Lary Gérard Dubuc, fermement «opposé à cet ensauvagement», rajoutant: «les Pyrénées sont fabriquées par l’homme, l’ours n’y a pas sa place. Il y a 15 ans que l’état ne répond plus à ce qu’il a lui-même créé contre la volonté des populations locales. Depuis la venue des représentants de l’état (des ministères de l’environnement et de l’agriculture) il y a deux mois, rien n’a changé»
Pour l’ASPAP, il faut en tirer les conséquences, «enlever ces ours, les placer en un lieu où ils ne nuiront à personne. Il est inadmissible de continuer à en faire subir les conséquences à ceux qui ne voulaient pas de l’ours»
«Des ours, renchérit Bruno-Besche-Commenge, on n’en veut plus ici ou alors on n’est plus en démocratie»
Pour autant «c’est une réelle souffrance qu’entend montrer la profession qui s’inquiète pour le devenir même du métier, son âme et la passion nécessaire pour l’exercer. C’est un vrai problème de fond. Je sens monter une colère forte, dira encore le maire de Saint-Lary, face aux menaces qui pèsent sur toutes les activités de montagne, l’agriculture et l’élevage, mais aussi le tourisme. Il faut écouter les gens de terrain et que l’état apporte des réponses concrètes»
Avec l’hiver approchant, il est certain que le problème va se poser avec moins d’acuité, pourtant il est clair qu’il reste bel et bien entier.
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