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Comparution immédiate: l'agresseur au couteau condamné à 3 ans, dont 18 mois avec sursis

© midinews (archives)

Christophe, 40 ans a été présenté cet après-midi en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Foix pour: «violences aggravées, avec trois circonstances aggravantes: ivresse, vulnérabilité et usage d'un couteau»
Dans les faitsDans la nuit de samedi à dimanche une dispute a éclaté dans un appartement de l'avenue Lérida à Foix, deux voisins, prenaient l'apéritif ensemble lorsque le drame a éclaté, dans l'appartement de l'auteur des coups de couteau.

Il semblerait que ce dernier soupçonnait la victime de lui avoir dérobé différents objets. Des objets réapparus peu après à son domicile. Quand les policiers de Foix sont intervenus, alertés par la victime à 20h25, ce dernier né en 1965 venait de recevoir trois coups de couteau et tentait de regagner son domicile, un étage plus haut.

Les policiers trouvaient du sang sur le pallier, dans l'appartement et étaient envahis par une forte odeur de gaz lacrymogène. La victime, prise en charge par les pompiers, était transportée au centre hospitalier du Val d'Ariège, avant d'être évacuée vers Rangueil, «dans un état critique»

Les coups de couteau ont provoqué une lésion au foie, nécessitant 21 jours d'ITT. L'auteur des coups de couteau, Christophe, était quant à lui placé en dégrisement et n'a pu être entendu que le lendemain. Les deux individus étaient connus par les services de police, pour des troubles de voisinage, la victime étant par ailleurs placée sous tutelle, comme majeur protégé.

Sur la bagarre elle même, l'enquête de voisinage n'a pas permis d'apporter de nouveaux éléments; quant aux versions des deux protagonistes, elles différent quant à l'auteur de la première agression. S'agit-il de Gilles, la victime avec sa bombe lacrymogène ou de l'auteur des coups de couteau?
Un naufragé de la viePour l'expert qui a rencontré Christophe à la Maison d'arrêt de Foix, ce dernier «est un naufragé de la vie» Vivant seul à Foix depuis octobre 2013, sans aucune relation avec sa famille ou sa fille, il aurait tenté de se suicider avec un opinel. «Une accumulation de petites choses l'aurait conduit à la dépression»

A la barre du tribunal, le quadragénaire, a expliqué qu'un ras le bol avait mené à cette situation. Ras le bol devant ses affaires volées du fait que sa porte d'entrée ne ferme pas bien, irritation devant les photos pornographiques ou la nourriture avariée, placés dans les boîtes aux lettres de l'immeuble où résident les deux hommes.

C'est donc pour obtenir des explications sur ses objets volés, qu'il aurait invité Gilles à prendre l'apéritif ce samedi soir. Il dépeint la victime comme «limité intellectuellement» et «c'est parce qu'il ne supportait plus sa présence chez lui, que les choses auraient dérapé»

Christophe reconnu en tant que travailleur handicapé, aurait alors eu peur. C'est par peur de cet homme plus grand et plus costaud, et c'est aveuglé par les gaz de la bombe lacrymogène, qu'il aurait porté les coups de couteau. Un couteau Laguiole dont il était en train de se servir. «Il s'agissait d'un geste de défense» a-t-il affirmé.

Gilles pour sa part a livré deux versions différentes aux policiers venus l'interroger à Rangueil où il est toujours hospitalisé. Ce qui est sûr, c'est que tous deux avaient largement dépassé le taux légal d'alcool par litre de sang. Tous deux étaient ivres, après avoir abusé de trop de vodka.

Me Baquero qui défend la victime, se dit «étonnée qu'un homme au discours si construit n'ai pas vu que Gilles est atteint de troubles importants» L'avocate mandatée par la présidente du Tribunal, agacée de voir que personne n'est là pour défendre les intérêts de Gilles, a décidé de se porter partie civile pour son client.

Au Parquet, Olivier Caracotch a souligné la gravité des faits, passibles de 10 ans d'emprisonnement. Des faits aggravés par trois circonstances. Le procureur croit en la version de Gilles. «C'est un faiseur d'histoires, car lui même est empêtré par ses histoires, mais il ne conteste pas la bombe lacrymogène. L'état de légitime défense», ne peut être retenu par Olivier Caracotch qui souligne: «l'un avait une arme incapacitante, l'autre une arme létale»

3 ans dont la moitié assorti d'un sursis simple et mise à l'épreuve pendant 18 mois ont été requis par le procureur. Une peine de prison assortie, d'obligation de soins, de travailler, d'indemniser la victime et interdiction de séjourner en Ariège durant trois ans, «afin d'éviter qu'il ne revienne dans son appartement et ne croise Gilles»

Me Alzieu a rappelé les nombreux antécédents posant le cadre de cette affaire. Un geste malheureux, une perte de patience suite à un trop plein, a conduit à l'agression.

«Mon client est vulnérable, il a vraiment eu peur» Pour l'avocate de la défense qui demande une peine avec sursis, «le doute, les versions différentes, celles contradictoires de la victime doivent être pris en considération»

Avant que ses juges ne sortent délibérer, Christophe a confié au tribunal avoir donné son congé. Il souhaite gagner l'Ardêche: «je veux être loin des autres, loin de la vie»

Le prévenu a été condamné à 3 ans de prison dont 18 mois avec sursis, obligation de soins, interdiction d'Ariège pendant 3 ans, interdiction de détenir une arme pendant 5 ans et maintien en détention.

NR | 01/04/2014 - 18:47 | Lu: 10303 fois