A défaut d’étudier l’épaisseur des pelures d’oignons pour nous informer sur la dureté de l’hiver, les techniciens du centre départemental d’Antichan (ils sont six) ont pour mission d’assurer la sécurité des personnes et des biens face aux aléas de l’atmosphère.
«Nous avons une obligation de moyens; nous devons tout mettre en œuvre pour assurer les meilleures prévisions possibles», précise Stéphane Cœur, délégué départemental Météo France.
Et lorsque l'on évoque avec lui la pagaille engendrée par les derniers épisodes neigeux sur la région parisienne, il précise: «nos prévisions étaient excellentes à un ou deux centimètres près pour le reste no comment!
Cependant, il arrive que l’on se trompe car la météo utilise un certain nombre d’hypothèses et une quantité importante de modèles numériques […]
On ne peut pas toujours modéliser la réalité, il faut prendre en compte les échanges océaniques, atmosphériques, le couvert végétal, les phénomènes de convexion (mécanique des fluides, thermo-dynamique) […]
Il existe une interface, c’est le prévisionniste qui visualise les champs du modèle avec sa connaissance.
Cela donne une expertise supplémentaire. Le chef prévisionniste à Toulouse est un véritable chef d’orchestre !»
Le service météo d’Antichan a été créé en 1949, à la sortie de la seconde guerre mondiale et comme dans la plupart des cas installé près d’un aérodrome; car depuis les pionniers de l’aéropostale les hommes ont compris que l’aéronautique était liée à la météo.
Ce service décentralisé de Météo France concentre son activité sur la sécurité des personnes et travaille en étroite relation avec la Préfecture, le SDIS…
Une fois par semaine, une équipe de techniciens (formés à Chamonix) effectue des sondages du manteau neigeux dans les stations… ils partent en hors piste pour réaliser une batterie de tests et contribuent ainsi à la rédaction du bulletin Avalanche.
Tous les matins, les stations ariégeoises communiquent par téléphone une série de renseignements sur la hauteur de neige tombée pendant la nuit, la stabilité du manteau, les températures, le vent… des mesures de terrain indispensables pour la météo des stations et les risques d’avalanches.
Un étroit partenariat avec la DIR Sud-Ouest permet de connaitre à l’instant «t» l’état de la RN20, de Pamiers à l'Andorre.
Des stations automatiques (stations nivôses) alimentées par panneaux photovoltaïques ont été installées à l’Hospitalet et au Port d’Aulas afin de mesurer la neige, le vent, la température, l’humidité… ces données sont transmises par satellite.
A ce dispositif en bordure d’axe routier, Météo France dispose également de stations automatiques de type «Radome» à Léran, Cos, Montaut et sur le plateau de Beille; ainsi que d’un réseau d’une trentaine de bénévoles équipés de pluviomètres et de thermomètres qui relèvent tous les jours des données dans tout le département de l’Ariège.
Sans oublier que Météo France a participé avec les Européens à la mise en orbite des satellites géostationnaires «Météosat» qui ont permis d’affiner considérablement la qualité des données.
«Nous participons au maillage du réseau mondial […] toutes les heures, toutes les stations du monde font des observations pour avoir une vision de la météo à la hauteur de la planète […]
Nous savons aujourd’hui que les courants côtiers saisonniers (El Niño et La Niña) ont des répercussions sur l’atmosphère et des conséquences jusqu’ici; c’est le principe du battement d’une aile de papillon»
Depuis plusieurs jours le département enregistre des températures printanières, dignes d’un mois d’avril; peut-on parler de redoux?
Selon Stéphane Cœur, il s’agit d’un flux de Sud isolé qui n’a rien d’extraordinaire: «le relief des Pyrénées favorise les effets de foehn.
Mais ne nous y trompons pas l’hiver passé a été le plus froid des vingt dernières années et à l’échelle de notre planète, le climat continue à se réchauffer.
Localement les impressions sont faussées, on garde en mémoire tel évènement climatique en relation avec tel évènement émotionnel, c’est pour cette raison que nous avons pour mission d’enregistrer la mémoire du climat dans une banque de données nationale»
Depuis près de trente ans, date à laquelle il est rentré à Météo France, les choses ont évolué: «dans les années 80, c’était Albert Simon qui faisait la météo, il n’y avait qu’un kiosque téléphonique […]
Aujourd’hui, la météo est moins mystérieuse pour le grand public qui s’intéresse de plus en plus à cette «science»
De nombreux sites sur Internet permettent de donner des rudiments aux apprentis climatologues […] Pour les passionnés il existe l’Ecole Nationale de la Météo (ENM) à Toulouse qui forme à nos métiers»
Le centre départemental Météo France de l’Ariège est sous la tutelle du ministère de l'Ecologie, du Développement durable, du Transport et du Logement.
Afin de réduire les coûts de fonctionnement des services publics, plusieurs fermetures de centres sont prévus à l’horizon 2017 (un centre sur deux).
Des échéances qui se précisent pour Antichan qui devrait mettre la clé sous la porte en 2014.
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