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Pourquoi apprennent-ils l'Espéranto?
31/01/2011 | 19:59
© MidiNews 2011

Sur l’étagère, trône un Tintin au Tibet en Espéranto, ou encore divers bouquins de grammaires...

A l’espace d’initiatives sociales et économiques de Mirepoix entre autres, Georges Comte donne des cours d’Espéranto chaque semaine.

Difficile de savoir combien de personnes pratiquent l’Espéranto dans le département.

Même si en Ariège, on estime qu’une dizaine de personnes seraient capables de l’enseigner.

Georges Comte lui, l’a découvert à la fin des années 70.

Et ce n’est qu’en 1987, en faisant un voyage en Europe à vélo, qu’il expérimente le fait de pouvoir partager cette langue avec des étrangers de toutes nationalités.

«La philosophie des gens qui le parlent est fonction de leurs parcours, leurs motivations» explique-t-il.

Mais globalement, il s’agit de «la réalisation du rêve de l’humanité qui est de se comprendre.

Depuis Platon, énormément de philosophes ou de penseurs ont imaginé une langue commune pour que les humains puissent communiquer
»

C’est donc pour répondre au «besoin» d’une langue internationale qu’un certain Ludwik Lejzer Zamenhof a construit l’Espéranto en 1887 sous le nom de Lingvo Internacia («Langue internationale»)

Pour George Comte, «le créateur a senti le besoin d’une langue commune, qui ne soit pas la langue d’un impérialisme.

Même si il ne ressentait pas celà en des termes politiques, quand il a grandi dans une famille juive polonaise, où il entendait parler des Polonais, des Prussiens, des Russes, des Lituaniens
»

Concrètement, on dit que l’Espéranto est facile à apprendre, avec seulement 16 règles de grammaire fondamentales.

Le professeur ariégeois l’a d’ailleurs appris en deux mois, lui qui s’amuse en se remémorant son 2/20 en anglais au baccalauréat.

Quant à Monique, élève espérantiste depuis 20 ans, elle raconte «j’ai eu envie d’apprendre par curiosité, puis parce que je savais qu’il y avait possibilité de correspondre avec plein de gens dans le monde entier»

Quand on lui demande si ce n’est pas un projet utopique, Gorges Comte répond «ce serait utopiste si ce n’était pas pratiqué.

Mais depuis 1887, c’est une langue qui fonctionne, elle est donc comme les autres.

Dès que deux personnes parlent en Esperanto, celà cesse d’être une utopie
»

Georges pourrait d’ailleurs facilement prendre la défense de l’occitan, «une langue qui n’a pas non plus de pays, d’armée et d’argent pour la défendre»

Il ajoute «le problème, c’est quand une seule langue commune devient langue unique, et éteint les autres [...] Je ne suis pas d’accord avec le fait que la république ait détruit les langues régionales.

Je ne suis pas d’accord non plus avec le fait que l’Europe ne produise que des documents en anglais
»

En Ariège, le Cercle d’Etudes Espérantistes organise un stage de chant choral en Espéranto.

Pour en savoir plus: http://esperanto.ariege.free.fr

actualites Ariege
auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 31/01/2011 | 19:59 | Lu: 12443 fois