Dans l’atelier de fabrication, la fusion des éléments que sont l’eau et la pierre font un joyeux raffut terrible...
Et les deux ouvriers Antoine et André, casques sur les oreilles, ont plus de trente ans de métier dans les mains.
Ils répètent des gestes sûrs: découper, façonner, puis polir sous arrosage le précieux grès schisteux extrait de la carrière de Saurat.
Ces gestes et ces bruits sont ceux de la dernière fabrique de pierres à aiguiser naturelles des Pyrénées.
Toutes les autres ont fermé, mais celle-là a tenu bon et a su tirer son épingle du jeu.
Créée en 1900 par la famille Cuminetti, Alain Soucille a repris l’affaire en famille en 2007. Un pas tout naturel pour celui qui est originaire de Thiers (près de Clermont-Ferrand), la capitale des couteaux...
La carrière d’extraction est à deux kilomètres environ de l’atelier.
Trois mois dans l’année, les ouvriers vont extraire des dalles, de la roche douce dans la carrière à ciel ouvert et de la roche dure du filon souterrain.
«C’est beaucoup de travail, on peut imaginer qu’il faut extraire 4 à 5 fois plus de volumes de roches pour le volume que l’on va ramener pour les tailler» explique le gérant.
Dans l’atelier, l’eau est partout. Et c’est même la force motrice du ruisseau qui permet de faire coulisser et s’activer la «berceuse», une sorte de bac rempli de pierres et d’eau qui fait des allers-retours.
«C’est le principe du tonneau de polissage où l’on met des pierres, ça tourne et elles se polissent entre elles» explique Alain Soucille, «là c’est pareil ça fait un mouvement d’aller-retour. On obtient une surface grainée qui va donner de l’accroche à l’affutage...»
Au fil du temps, les pierres à aiguiser se sont adaptées à de nouveaux usages. On trouve des pierres à couteaux, à faux, des pierres pour outils à bois, et même des limes à ongles.
L’atelier de Saurat, un des derniers en Europe, fait de la résistance dans un marché envahi par les pierres synthétiques. Mais Alain Soucille compte bien se développer à l’export.
Et la pierre naturelle a encore des arguments. Récemment, elle a séduit des designers qui ont dessiné un objet tendance: le «lingot d’or gris des Pyrénées»
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