Un arbre en chêne de 5,20 mètres de long, suspendu dans les airs à une immense grue pour être introduit par le toit...
Les voisins des Forges de Pyrène à Montgaillard avaient les yeux rivés vers le ciel ce vendredi matin, au moment où l’énorme martinet de bois et de fer a été réinstallé à sa place millénaire.
Après 150 ans de bons et loyaux services, l’axe principal d’entraînement (un énorme marteau actionné par une roue hydraulique) avait fini par casser.
Or, la forge à martinet de Montgaillard est une des dernières en activité en France. Elle a aussi été classée monument historique en 1980. D’où la décision du Conseil général de l’Ariège de la remplacer (37 400 € d’investissement).
Les meilleurs artisans ariégeois ont été mobilisés: Jean-Marc Estaque (meilleur ouvrier de France en menuiserie), mais aussi l’entreprise Cuxac et fils de Villeneuve d’Olmes pour la partie des pièces métalliques.
Sur le terrain aussi, la manœuvre a demandé de solides compétences, avec une équipe de couvreurs, de maçons, et un chef de chantier confirmé à la manœuvre. Tout cela pour effectuer le levage, remettre en place l’arbre, et refaire un toit.
Casque sur la tête, Thomas Migliorero (Couserans Construction) évoque une manœuvre atypique et délicate, «ça semble très simple comme ça mais en fait c’est très compliqué.
Il a fallu peser cet arbre et dimensionner la grue. Puis on a commencé à démonter le toit. Enfin, on a mobilisé les engins de levage pour la logistique»
Lentement mais sûrement, il a fallu manipuler des engins trés lourds: 1,8 tonnes pour le poids du nouvel arbre, 2,3 tonnes pour la roue à aube en fonte, sans compter deux «cames» de 300 et 700 kilos.
Mais après une journée d’opération, ce n’est terminé. Pour finir les travaux (et surtout finir le toit), les ouvriers seront sur le chantier jusqu’à mercredi.
Victor Rodrigues (agent du patrimoine) qui s’occupe de l’entretien du marteau, est ravi «c’est un très joli travail»
La prochaine fois que le marteau cassera? «J’espère que je ne serai pas là pour le voir! Normalement, il devrait tenir au minimum autant que l’autre»
Soit au moins jusqu’en 2162.
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