Mesures annoncées pour les seniors: des dispositifs pas neufs

© AFP/Archives - Valery Hache
François Hollande a annoncé jeudi deux mesures en faveur des seniors au chômage : une aide pour les chômeurs en fin de droits ne pouvant pas encore partir à la retraite et un contrat aidé pour ceux qui souhaitent retrouver un emploi. A qui s'adressent ces mesures ? S'agit-il de nouveaux dispositifs ?
Q: Quel type d'aide envisagé ?R: Le chef de l'Etat a annoncé une prestation "pour les personnes qui ont toutes leurs annuités, qui ont plus de 60 ans et qui ne trouveront plus d'emploi jusqu'à 62 ans", l'âge légal de la retraite, afin de "les conduire à la retraite".
Il s'agira "d'une prolongation de l'allocation transitoire de solidarité (ATS) pour les générations nées en 1954, 1955 et 1956", a expliqué vendredi à l'AFP le ministère du Travail.
L'ATS, dans sa formule actuelle, et l'allocation équivalent retraite (AER) sont deux dispositifs similaires qui coexistent encore aujourd'hui, même si l'ATS a été créée pour remplacer l'AER.
Ces allocations ont bénéficié ou bénéficient encore aujourd'hui aux chômeurs en fin de droits nés en 1952 et 1953 ayant tous leurs trimestres pour bénéficier d'une retraite à taux plein mais n'ayant pas l'âge légal pour partir.
Le montant journalier de l'ATS/AER est de 34,78 euros, soit environ 1.050 euros par mois.
Q: Qui pourra bénéficier de cette extension de l'ATS ?R: Les seniors nés entre 1954 et 1956, ne rentrant pas dans le dispositif "carrière longue", qui permet de prendre la retraite à 60 ans.
"Cela peut être un filet de sécurité pour les gens qui ont +validé+ des trimestres - au nom de la maladie par exemple - mais pas +cotisé+ tous leurs trimestres et ne peuvent donc pas bénéficier de la retraite anticipée +carrière longue+", estime-t-on à la Caisse nationale d'assurance vieillesse, pour laquelle cela ne devrait pas concerner "des cohortes énormes de personnes".
Il s'agit de "quelques milliers de personnes pour la génération 1954", selon le ministère du Travail.
L'ATS étendue accompagnera aussi jusqu'à leur 60 ans les chômeurs nés en 1955 ou 1956 pouvant prétendre à une retraite anticipée au titre de la +carrière longue+, parce qu'ils ont commencé à travailler avant 20 ans et cotisé le nombre de trimestres requis.
Une personne née en 1955, ayant ses 166 trimestres (41,5 ans de cotisations) peut avoir une retraite à taux plein à 60 ans, en 2015, sans attendre l'âge légal, c'est-à-dire en 2017.
Q: Combien cela coûtera-t-il ?R: En 2013, le rétablissement de l'AER (ou "ATS 2013") pour les générations 1952 et 1953 avait coûté 80 millions d'euros. Le coût de l'extension pourrait être inférieur avec un nombre de bénéficiaires moindre, estime-t-on à l'Elysée.
Q: Contrats aidés: seront-ils spécifiques aux seniors ?R: Plutôt que de parler de "la mise en place d'un contrat" aidé réservé aux seniors, comme annoncé par le chef de l'État jeudi, le ministère du Travail évoque un "fléchage" des seniors vers les contrats aidés déjà existants.
"Nous allons demander à nos réseaux prescripteurs de mettre l'accent sur les seniors pour qu'ils bénéficient des emplois aidés", précise-t-on au ministère. Des "instructions", mais pas d'objectifs chiffrés.
"Il ne s'agit pas de forcer le retour au travail pour des publics qui sont très proches de la retraite, mais de leur donner une attention particulière s'ils en font le choix" ajoute l'entourage du ministre, qui concède qu'il s'agit "d'un assez petit nombre de personnes."
Du côté de l'Elysée, on penche plutôt vers des contrats aidés à temps partiel, en complément de l'Allocation de solidarité spécifique (ASS), attribuée sous conditions aux demandeurs d'emploi de plus de 50 ans qui ont épuisé leurs droits à l'assurance chômage.
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