Les parents de Vincent Lambert menacent de saisir la justice pour le tranfert de leur fils
© AFP/Archives - Herve Oudin
Les parents de Vincent Lambert, opposés à l'arrêt des soins de leur fils hospitalisé à Reims, ont demandé au CHU son transfert vers une unité spécialisée à Strasbourg et menacent de saisir la justice en cas de refus, a-t-on appris mercredi de leur avocat.
"Une place attend Vincent dans un service spécialisé dans l'accueil des patients en état pauci-relationnel et végétatif à Oberhausbergen (près de Strasbourg)", a expliqué à l'AFP Jean Paillot, l'avocat de Viviane et Pierre Lambert, les parents du patient hospitalisé à Reims depuis 2008.
Ce service est dirigé par le docteur Bernard Jeanblanc, un proche des parents, qui affirme que Vincent n'est pas en état végétatif mais dans un état de conscience minimale, contredisant le diagnostic des trois professeurs de médecine experts en neuroscience, mandatés par le Conseil d'Etat en avril 2014.
"Nous avons eu un contact avec les avocats du CHU de Reims qui par ailleurs n'a aucun droit de retenir un patient, et en cas de refus nous saisirons la justice administrative ou le ministère de la Santé", a poursuivi l'avocat.
Selon lui, Marisol Touraine a reconnu mardi au Sénat à l'occasion de la proposition de loi sur la fin de vie, que Vincent Lambert "n'était pas en fin de vie" et que "l'expression de (sa) volonté (à refuser l'acharnement thérapeutique) fait l'objet d'interrogations et de débats".
"On ne peut invoquer la prétendue volonté d'un homme pour provoquer sa mort quand ses volontés sont déclarées incertaines par le supérieur hiérarchique direct du CHU de Reims", a affirmé l'avocat.
Me Paillot a également réclamé "une rééducation à la déglutition" pour le patient qui est nourri et hydraté artificiellement par une sonde entérale, une méthode considérée par le Conseil d'Etat et la justice européenne comme un traitement médical à part entière et l'objet d'une obstination déraisonnable dans son cas particulier.
"Vincent est en capacité d'être alimenté à la cuillère, il a fait beaucoup de progrès à la déglutition", a estimé Me Paillot qui reconnait que le patient n'a jamais perdu - et de fait jamais retrouvé - ce réflexe, contrairement à ce qu'il avait affirmé précédemment, sous-entendant une évolution favorable.
Pour les parents, qui s'opposent par tous les moyens à la décision d'arrêter les traitements de leur fils validée par le Conseil d'Etat et confirmée par la justice européenne le 5 juin dernier, le possible retrait de la sonde rendrait de fait son application impossible.
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