Début des vendanges au domaine des côteaux d'Engraviès: 2015, certainement un très bon millésime
Le soleil de cette fin d’été baigne les vignes en terrasse d’Embayourt qui résonnent entre éclats de voix et bruit de sécateur.
Les vendanges débutent sur les coteaux d’Engraviès avec cette parcelle de Syrah et devraient se poursuivre sur le domaine jusqu’à la fin de la semaine avec le Merlot et le Cabernet Sauvignon.
Les plus anciens ceps de vignes ont été plantés en 1998 par Philippe Babin, qui a participé à l’époque à la réintroduction du vin en Ariège.
L’emblématique vigneron ariégeois à la moustache généreuse au béret vissé sur la tête a désormais passé la main. C’est à présent Thomas Piquemal qui après avoir été salarié, a repris ce vignoble Bio de 8 hectares niché au cœur de la vallée du Douctouyre.
«J’ai quitté l’Ariège pour le vin et quelques années après je suis revenu au pays grâce au vin», ponctue dans un large sourire ce passionné.
Après un BTS en viticulture-œnologie à Carcassonne et un stage dans le minervois, ce fuxéen passe près de six années dans le vignoble bourguignon où il fait ses armes et apprend véritablement le métier: Meursault, Nuit Saint Georges… des noms qui résonnent aux oreilles des connaisseurs.
En 2011, de retour en Ariège, Philippe Babin décèle en lui un réel potentiel… et c’est naturellement qu’il reprend le vignoble.
Il s’agit d’un projet murement préparé: «à présent il y a davantage de stress, avoue le jeune propriétaire, mais être à la tête d’une exploitation c’est quelque chose dont je rêvais depuis longtemps… C’est un beau challenge!»
Il s’est entouré de l’expertise de Peter Pheline, diplômé d’œnologie à l’école d’Agronomie de Toulouse, rencontré sur les vignes de Cailloup à Pamiers et désormais salarié sur le domaine.
La vendange se prépare depuis plusieurs semaines: «je fais des prélèvements en amont et quand l’équilibre entre le sucre et l’alcool est enfin trouvé, après avoir regardé la météo, on peut déclencher les hostilités.»
Il fait appel à la même équipe d’une année sur l’autre. Parmi ces ouvriers viticoles, François originaire des Albères dans les Pyrénées-Orientales qui entame sa 4ème saison dans le vignoble ariégeois. «Je suis entouré de vignes dans mon pays, mais c’est ici que je vendange… l’ambiance, les paysages… j’aime beaucoup l’Ariège»
La cuvée 2015 augure un cru d’exception
Du soleil au bon moment et en abondance, un bon millésime en perspective selon Thomas qui reste cependant modeste: «on fait un produit avec la nature, c’est elle qui décide au final.
Ici nous sommes en Bio, la vendange est manuelle, nous avons fait le choix de privilégier des produits qualitatifs… Peu de quantité, mais de la qualité: entre 30 à 35 000 bouteilles par récolte.
L’élevage et le travail de vinification dure deux ans après la récolte, on essaie vraiment de trouver des subtilités pour que nos vins soient encore meilleurs.»
Parmi ces subtilités, Thomas suit un procès bien maitrisé: après la récolte (un hectare par jour) les comportes sont acheminées à la cave où à lieu l’encuvage: «la vinification repose sur une première fermentation (elle dure de 10 jours à 3 semaines selon que le vin est plus ou moins tanique), c’est-à-dire la transformation du sucre en alcool par les levures (ici en Bio le raisin fermente sans autres produits); il faut maitriser tous les paramètres que ce soit la température, l’oxygène…
Il faut savoir écouter le vin, cela demande une surveillance quotidienne.
Enfin, il y a l’élevage pendant 12 mois en futs de chêne pour oxygéner le vin et avoir un produit qui a véritablement goût à raisin… ce n’est pas une science exacte, mais au départ si on n’a pas une bonne vendange on n’a pas de bon vin.»
Selon lui, 2013 était un millésime puissant, 2014 plus équilibré, plus fruité, 2015 sera plus concentré.
En reprenant ce vignoble ariégeois, Thomas entend étendre les circuits de commercialisation et trouver de nouveaux débouchés au vin du Domaine d’Engraviès.
Son prédécesseur écoulait déjà quelques bouteilles aux États-Unis par l’intermédiaire de la diaspora ariégeoise installée à New-York, le jeune homme recevait il y a quelques jours à sa cave de Vira une délégation canadienne… une piste à explorer.
En attendant de déguster les bouteilles du millésime 2015 (commercialisées au printemps 2017), les autres cuvées sont disponibles sous les appellations «Fleur de Cailloux, Orchidée, Roc de Maillols et Solo (la parcelle de Syrah d’Embayourt)»… un vin qui a un goût d’Ariège!
Pour en savoir plus:
http://www.coteauxdengravies.com
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