Climat: le message de Jean-Louis Etienne aux lycéens ariégeois
Invité dans le cadre de l’université populaire du Pays de Foix, le médecin-explorateur des deux pôles se penche depuis de longues années sur les changements climatiques et ses conséquences sur l’environnement et la biodiversité.
Avant la conférence prévue au centre universitaire, Jean-Louis Etienne s’est rendu au lycée Gabriel Fauré où il a rencontré trois classes d’élèves de seconde.
C’est à travers son parcours «très riche et sinueux», ses observations au cours de ses expéditions scientifiques que le médecin tarnais est devenu un témoin privilégié du réchauffement climatique.
Avant de participer en décembre prochain à la COP 21, il vient de formuler une contribution remise à l’Académie des Technologies intitulée «La COP 21: sceller les bases d’une gouvernance du climat de la terre».
Faire preuve de pédagogie
Dans ce texte, il lance un appel aux chefs d’État, mais surtout aux citoyens du monde à s’engager en faveur de la planète.
«J’ai une devise, soyez efficaces dans votre propre périmètre d’influence.
Regardez comme c’est difficile de changer ses propres habitudes. Nous ne pouvons pas changer globalement le monde, mais si chacun est actif dans son périmètre d’influence, nous pouvons changer le cours de l’histoire».
Concernant les jeunes générations, Jean-Louis Etiennne est plutôt optimiste: «elles sont informées, on en parle partout dans les médias, toute l’ingratitude de l’éducation nationale c’est d’attendre des réactions positives, mais le grain est semé.
Il faut leur expliquer simplement la machine climatique (c’est ce que je tente de faire aujourd’hui) afin de leur donner des éléments de réflexion et surtout de comprendre que l’homme avec les émissions de gaz carbonique est devenu acteur du changement climatique (...) il est important de les initier, de faire appel à leur gêne environnemental de manière à ce qu’ils soient dans le futur imprégnés de cette culture.»
Pour Jean-Louis Etienne le changement climatique est une réalité: «Quand on fréquente les régions polaires, quand on va dans les montagnes et que l’on voit peu à peu disparaitre les glaciers des Pyrénées, cela donne des indications, le changement climatique est une réalité.
On connait le coupable c’est l’excès de gaz carbonique dans l’air qui vient de la combustion des énergies fossiles (du charbon surtout, mais aussi du pétrole et du gaz).
Il faut réduire les consommations énergétiques, mais le climat s’inscrit dans un ensemble, il y a non seulement la consommation énergétique, mais il faut aussi faire attention à la pollution, au recyclage...
C’est un ensemble de choses qui sont en train de se passer et le climat est un révélateur d’une nécessité d’une gouvernance mondiale... ce n’est pas un pays ou un gouvernement qui va s’occuper du climat, c’est la planète entière et cela ne pourra se faire que si l’ensemble des régions prennent part à la solution finale»
Saisir l’opportunité de la COP 21 pour mobiliser les citoyens du monde autour du climat
Après les leçons de Kyoto, les échecs de Copenhague, Paris ne doit pas passer à côté des solutions.
La conférence du mois de décembre aura un rôle évident mais elle peut, selon l’explorateur, également avoir des effets négatifs sur la dynamique impulsée si les diplomates prennent la main: «la COP 21 c’est essayer de trouver un dénominateur commun à l’ensemble des pays.
Tous n’ont pas les mêmes objectifs. L’Europe est plutôt bonne élève, les États-Unis de Barack Obama se sont prononcés en faveur de cet élan, même la Chine qui est pourtant le plus grand pollueur a compris qu’il fallait faire quelque chose.
Nous assistons à deux phénomènes: ce qui se passe sur les territoires avec des actions en faveur de l’environnement, ce que font les particuliers chez eux et même les industriels qui ont pris des dispositions vertueuses... il y a une partie des pays sensibilisés à ces questions de climat et de pollution.
De l’autre côté, il y a cette grande conférence de diplomates et ma crainte c’est qu’elle se termine sur un échec sous prétexte de ne pas avoir trouvé de dénominateur commun.
Certains attendent que les politiques disent qu’ils ne savent pas quoi faire pour ne rien faire. Ce serait dramatique, car aujourd’hui il y a une véritable dynamique à l’échelle planétaire.
Il ne faudrait pas qu’elle soit brisée par les réponses négatives des diplomates... pour cela, il faut trouver un plan B, permettant d’encourager ceux qui sont déjà à l’œuvre et de sceller les bases d’un modèle de gouvernance»
COP 21, quatre objectifs à atteindre
La COP 21 réunira à Paris en décembre 2015, tout ce que la planète compte d’acteurs en vue d’une stratégie planétaire pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, en particulier le CO2, reconnu par la communauté scientifique comme étant le facteur de l’accroissement du bilan thermique à la surface de la Terre et responsable des changements climatiques afférents.
Cette conférence internationale qui réunira 195 pays et l’Union Européenne est qualifiée de la plus importante réunion diplomatique mondiale jamais réalisée.
Toute la difficulté portera sur l’acceptation de mesures équitables pour réduire les émissions de gaz à effet de serre sans porter préjudice au développement des pays.
La France qui va coordonner ces deux semaines de débats a défini quatre objectifs:
- Aboutir à un accord universel sur les limitations d’émissions de CO2 pour limiter à 2°C la hausse de la température moyenne dans le siècle, par rapport à l’ère pré-industrielle.
- Étudier les «Contributions nationales» que tous les États participants s’engagent à mettre en œuvre pour lutter contre le changement climatique, dans l’optique d’un maintien du réchauffement à 2°C dans le siècle.
Il incombe aux «pays du nord», responsables historiques de l’excès de stock de CO2 anthropique dans l’atmosphère de fournir l’essentiel des efforts selon le principe de «responsabilité commune, mais différenciée.»
- Apporter des réponses sur les financements promis est très attendu par les pays en développement.
Le Fonds vert a été créé au sommet de Copenhague, en 2009, pour aider les pays en développement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et s’adapter au changement climatique.
Comment atteindre 100 milliards de dollars par an à l’horizon de 2020? Le Fonds vert, qui a réuni 9,3 milliards de dollars à ce jour, est depuis quatre ans un des plus vifs sujets de tensions entre les pays en développement et les pays industrialisés, responsables historiques du changement climatique.
- Mettre en œuvre l’Agenda des solutions. Les gouvernements ne seront pas en mesure à eux seuls d’assurer un niveau d’investissement dans les énergies propres compatibles avec l’objectif de 2°C.
Les entreprises, les communes et les régions seront mobilisées pour que les actions non gouvernementales côtoient les projets des gouvernements, dans un programme intitulé «Agenda des solutions»: marché du carbone, nouvelles économies, ville durable…
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