ariege > culture > culture
Rite, ou la culture de la différence
14/09/2012 | 19:19
© MidiNews 2012

Septembre. Temps de rentrée et temps pour tracer les bilans notamment sur le plan des activités qui profitent de la saison estivale pour fonctionner.

A l’heure ou les résultats des différentes animations et activités proposées en Couserans durant cette dernière saison remontent dans les différents offices de tourisme du pays, le temps est venu pour les organisateurs du Festival Rite de faire leur bilan eux aussi.

Déjà la 21ème année pour le Festival sous cette forme.

«On s’attendait cette année à un reflux en termes de spectateurs, car l’année dernière pour la 20ème, date anniversaire il y avait des choses exceptionnelles», explique Philippes Bourges.

«La fréquentation s’est effectivement tassée mais nous restons sur les marges de progression des années antérieures»

De fait depuis 2003, le nombre de spectateurs s’accroit chaque année.

Près de 15.000 visiteurs ont été comptabilisés lors de cette 21ème édition, dont 1.600 spectateurs payants pour la grande soirée qui réunit les 300 artistes du Festival sur scène.

«Nous avons réussi à fidéliser une clientèle qui nous a découvert pour cette 20ème exceptionnelle et est revenue cette année»

De fait, labélisée par le Conseil Général comme l’une des cinq manifestations culturelles phares du Couserans, le festival Rite s’est installée durablement comme l’un des rendez-vous attendu de la saison et constitue même pour rester sur un raisonnement purement mathématique la deuxième animation en termes de fréquentation du Couserans (derrière Autrefois le Couserans, ndlr).

Avec des retombées étalées sur la dizaine de jours que dure le festival, qui se situe depuis 10 ans dans les premières semaines du mois d’août.

A l’origine de ce festival, il y a un groupe folklorique «les Bethmalais»


Créé dès 1931 il est essentiellement un groupe folklorique d’animation, de ceux là qu’on trouve dans les fêtes de village pour égayer les soirées festives.

C’est réellement à partir des années 70, sous l’impulsion de Philippe Bourges que les Bethmalais prennent une autre dimension se voulant désormais un groupe de culture traditionnelle et plus particulièrement de cet esprit montagnard si cher aux Couserannais.

Evoluant aux frontières de l’ethnographie et de la musicologie, les Bethmalais s’investissent d’une mission «sauvegarder et empêcher de disparaître la culture traditionnelle locale, préserver cette identité mais aussi la transmettre et la diffuser»

D’énormes travaux de collectage et de recherche dont l’un des aboutissements notables fût la reconstitution du Hautbois du Couserans et le renouveau de sa pratique, ou encore le travail de recherche sur les costumes, fondent cette démarche.

Le festival créé voici 21 ans est une autre concrétisation de cette volonté de faire se croiser, rencontrer les cultures traditionnelles du monde, en privilégiant une approche qualitative.

300 artistes participants (musiciens, chanteurs et danseurs) venus de 10 pays dont certains aux noms aussi exotiques qu’étranges comme les Républiques des Bouriates ou encore de Kabardie-Balkarie ont dernièrement répondu à cette invitation.

En retour les Bethmalais s’auréolent de leur premier prix reçu tout récemment en Pologne.

Un prix qui récompense leurs musique et danse mais aussi le travail quasi scientifique qui le sous-tend.

A l’heure ou beaucoup s’effraient de la mondialisation et de l’uniformisation, pour ne pas dire occidentalisation, des modes de vie, le Festival Rite est le témoin bien vivant d’une autre forme de partage et d’échange entre les cultures du monde.

«Certains «off» improvisés en marge du Festival donnent naissance à des moments d’échanges exceptionnels», commente Philippe Bourges.

Une autre façon de «voir les gens avec leurs différences», de les partager, source d’enrichissement, qui plus que l’animation folklorique expliquent probablement les records d’affluence et la durabilité du festival auprès d’une clientèle française et étrangère, dont 60 à 70% sont des fidèles. 

Avec une volonté toujours poursuivie de faire partager au plus grand nombre ici en milieu rural, donc de privilégier aussi un concept de spectacles éclatés dans les villages du Couserans et au-delà jusque dans le reste du département, le Comminges et la Haute Garonne.

Une passion du partage qui anime les quelques 60 membres de l’association.

«Ici nous n’avons pas de classe pour les très jeunes.

On vient chez nous passé l’adolescence par choix volontaire, ce qui explique probablement le peu de défection à l’âge adulte
»

Des bénévoles qui jouent et dansent, ici et ailleurs dans le monde, mais sont aussi aux manettes pour la logistique et l’organisation de chacun des festivals.

Déjà, les regards se tournent vers l’année prochaine, l’établissement de contacts, la concrétisation de cet autre réseau, moins virtuel celui-là que d’autres, car le programme doit être bouclé d’ici au mois de décembre afin de caler les dates de ces différents groupes de cultures traditionnelles dans ce grand concert des nations.

Ici, les réseaux se tissent, l’échange suscite le partage, l’envie de donner et de recevoir, en maints endroits du monde… ou en Couserans au mois d’août prochain lors de l’édition Rite 2013, le temps d’une rencontre entre les cultures du monde.

actualites Ariege
auteur: Py.M | publié le: 14/09/2012 | 19:19 | Lu: 5678 fois