Élections régionales: Bernard Gondran, «j'adhère depuis longtemps aux idées du Front National»

De gauche à droite: Laurence Lefort, Nicolas Brunet, Andrée Violin, Louis Aliot, Isabelle Rivière, Bernard Gondran
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Même si l’identité de la tête de liste ariégeoise de son mouvement a «fuité» dans les médias depuis une bonne semaine (et provoqué de nombreuses réactions), Louis Aliot n’a pas caché sa satisfaction, lundi, à Foix, en présidant à la présentation officielle de sa liste départementale.

Chef de file du Rassemblement Bleu Marine pour les prochaines élections régionales, le natif de l’Ariège avait ainsi donné rendez-vous à ses colistiers, au premier rang desquels Bernard Gondran, ancien maire UMP de Saint-Girons.

À leurs côtés, Andrée Violin, Marc Marty, Laurence Lefort, Nicolas Brunet et Isabelle Rivière qui ont tous eu l’occasion d’arborer les couleurs du Front National lors des récentes élections départementales.

Pour Louis Aliot, la composition de la liste répond à un principe simple: mêler la notoriété d’une personnalité locale à l’enthousiasme d’une équipe renouvelée. «Avec la candidature de Bernard Gondran ici, comme avec d’autres ailleurs, le FN s’est engagé dans une politique d’ouverture.

Nous essayons de confier la tête de liste à une personnalité, mais nous voulons aussi donner leur chance à des jeunes dans un département qui est difficile pour nous
»

Ne pouvant ignorer la virulence des réactions qui ont suivi l’annonce de la candidature de l’ancien édile saint-gironnais, Louis Aliot n’a pas ménagé sa peine pour souligner combien il avait été «surpris des attaques de la droite vis-à-vis de Bernard Gondran que je suis allé chercher. (...)

D’ailleurs, je le remercie d’avoir accepté d’être tête de liste. Nous nous avons l’idée de rassembler et non l’inverse
»

Je ne suis pas allé plus tôt au FN car il était diabolisé par les médias
Pour sa part, Bernard Gondran feint de ne pas comprendre les raisons de la colère exprimée notamment par ses anciens colistiers de l’opposition municipale à Saint-Girons (lire notre article du 23/10/15).

«Je ne vois ce que cette situation a d’exceptionnel. Cela fait quatre ans que je ne suis plus à l’UMP. Les autres sont libres, je le suis aussi.

J’ai donc ma place au sein de cette liste, d’autant plus que j’adhère depuis longtemps à certaines idées du FN… même quand j’étais le suppléant de André Trigano aux élections législatives
», révèle Bernard Gondran.

Alors, pourquoi avoir attendu pour marquer son ralliement? «Je n’étais pas au FN par souci d’efficacité. Je pensais que le RPR, puis l’UMP finiraient par appliquer les idées du Front National.

Et si je ne suis pas allé plus tôt au FN c’est qu’il était diabolisé par les médias. J’affirme que le diable n’est pas au FN. D’ailleurs, aujourd’hui, il n’y a plus de diabolisation.
»
Carole Delga et Dominique Reynié dans le collimateur
Candidats normaux, donc, les colistiers du Rassemblement Bleu Marine se sont attachés à évoquer la campagne à venir.

Louis Aliot s’est alors clairement positionné comme l’alternative aux partis dits traditionnels: «Je lance un appel aux électeurs de la droite et du centre. La gauche et le PS ont eu leur chemin de Damas*. Les électeurs de droite sont trompés par M. Reynié.

D’ailleurs M. Reynié, pour nous est inéligible. Ces gens-là ne représentent pas la droite. Sarkozy a imposé un candidat compatible avec la gauche. Les Républicains et l’UDI, c’est l’alliance de la carpe et du lapin
». Blanc-bonnet et bonnet-blanc en somme.

Et d’attaquer la favorite des sondages, Carole Delga (PS): «au gouvernement, elle a été la ministre de la faillite des petites entreprises. Elle ne réussira pas à la région ce qu’elle a échoué à faire quand elle était ministre. En plus, le contexte national fait que le PS est en grande faiblesse», assène-t-il.

En matière de programme, avant d’en dévoiler le détail dans les prochaines semaines, Louis Aliot, livre les pistes de réflexion définies avec ses équipes de campagne.

«Nous nous engageons dans une logique de revitalisation rurale. Il faudra déconcentrer les emplois des métropoles vers les zones rurales, notamment en créant des zones franches rurales.

Nous développerons les commerces multiservices et les centres de santé en zone rurale
», assure le chef de file RBM.

Mais, prudent, et conscient de l’ampleur de la tâche qui attendra les vainqueurs du 13 décembre, Louis Aliot indique qu’une fois élus «nous respecterons les accords passés par nos prédécesseurs».

* Se convertir à une doctrine (après l’avoir combattue), trouver sa voie.

PH | 26/10/2015 - 19:35 | Lu: 9193 fois