Dans le cadre de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, la cérémonie nationale avait lieu ce jeudi dans les jardins du Luxembourg.
Jean-Pierre Bel, Président du Sénat, accueillait à cette occasion le nouveau président de la République François Hollande, à quelques jours de son investiture officielle.
Le président du Sénat a indiqué au combien il était sensible à cette présence à ses côtés dans ce moment solennel pour commémorer «les mémoires partagées qui forment, toutes ensembles, notre mémoire nationale»
Evoquant Aimé Césaire, retraçant la traite des noirs, les violences de ces razzias par les navires négriers mais aussi la déclaration de Toussaint Louverture en 1793 appelant à «déraciner l’arbre de l’esclavage», puis la première abolition en 1794 et la persévérance de Victor Schoelcher pour que l’émancipation soit réalisée dans les colonies françaises, Jean-Pierre Bel a retracé dans son discours ce long combat d’émancipation.
«L’histoire de l’esclavage et de la traite n’est pas exclusivement l’histoire des descendants de négriers, ni celle des descendants d’esclaves. Ce n’est pas seulement celle des outre-mer français.
C’est l’histoire de la France, du Portugal, des Pays-Bas, de la Suède, de l’Espagne, du Danemark et de la Grande-Bretagne, ici représentés par des historiens et des anthropologues.
C’est l’histoire de l’Europe et de l’humanité toute entière. C’est notre histoire […]
Peu à peu cette histoire se voit accorder la place conséquente qu’elle mérite. Cet énorme travail est celui des historiens, des chercheurs. C’est celui des enseignants et des associations.
C’est enfin celui des institutions de la République, qui doivent favoriser la discussion et l’échange, pour que cette histoire soit partagée, reconnue, valorisée […]
Cette histoire doit être davantage mise en relation avec le processus de construction de la nation française.
Combler ce vide, c’est faire l’effort de porter un autre regard sur l’universalisme républicain.
C’est regarder la France dans sa diversité, et non comme une entité uniforme et abstraite, dépourvue de fondement historique, c’est aider à notre unité nationale et au rassemblement du peuple français.
C’est donner toute leur force aux principes universels de liberté, d’égalité et de fraternité, et prendre l’engagement de lutter contre toutes les discriminations et toutes les formes d’asservissement»
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