accueil  |  ariège   |  france

Pyrénées Cathares: le chantier de Mirepoix expliqué

Une cinquantaine de personnes ont répondu présentes au premier rendez-vous 2013 donné par le pays d’art et d’histoire des Pyrénées Cathares. Il s’agissait de découvrir les dessous du chantier de restauration de l’ancienne cathédrale de Mirepoix.

La présentation a démarré à l’extérieur sous un beau soleil de printemps avant de se poursuivre à l’intérieur de l’édifice avec une projection de diaporama.

M. Estèbe, adjoint au maire à la Culture, a introduit la première animation du pays d’art et d’histoire de 2013 en remerciant tous les intervenants ainsi que l’abbé Naït.

Jean-Philippe Ferrant, ingénieur à la conservation régionale des Monuments Historiques, Drac Midi-Pyrénées, a d’abord rappelé que l’Etat est propriétaire des cathédrales et se charge des travaux comme à Pamiers.

Le titre ayant été supprimé à la Révolution pour Mirepoix, l’actuelle église appartient à la commune. La Drac effectue le suivi scientifique des travaux pour vérifier qu’ils soient conformes aux prescriptions.

L’Etat finance à hauteur de 40%, le Conseil régional de 20%, le Conseil général de 20% et la commune de 20%. Les travaux ont été rendus nécessaires car il a été constaté d’importantes dégradations sur les peintures murales intérieures.

Les couvertures hautes, celles de la nef et du chevet, ont été refaites il y a une quinzaine d’années et ne présentent plus d’infiltration d’eau.

En revanche, il a été constaté, notamment lors du diagnostic préalable de 2007, des désordres au niveau des chapelles. Elles avaient été recouvertes dans les années 1940 de dalles de béton qui ne présentaient plus d’étanchéité suffisante.

M. Montreau, de l’agence d’architecture Olivier Weets maître d’œuvre du projet, a pris la suite. La cathédrale étant le fruit de plusieurs campagnes de travaux (chœur du XIVe siècle, chapelles du XVe siècle, agrandissement du XVIe siècle, surélévation et voûte en pierre du XIXe siècle), l’étanchéité n’a jamais été pensée de manière globale.

La question s’est posée de savoir s’il fallait supprimer les dalles béton des années 1940 ou les laisser en rendant les écoulements plus cohérents. La suppression des dalles de béton au profit de dalles en pierre posait problème car ces dalles ont maintenant un rôle structurel auquel l’édifice s’est habitué.

Il a été choisi d’étanchéifier les dalles de béton avec du plomb. Le zinc et le cuivre ne permettent pas la même élasticité. On ne connaît pas la durée de vie des résines actuelles. De plus, l’utilisation du plomb était fréquente au Moyen Âge.

Les pierres les plus altérées ont été changées. Celles qui présentaient des fissures légères ont été consolidées. Le représentant de l’entreprise Correa a précisé que les pierres proviennent d’Espagne. Elles ont été choisies car elles présentent les mêmes caractéristiques visuelles et de résistance que la pierre de l’édifice. Une patine (eau et pigments) est passée sur les pierres pour qu’elles ne dénotent pas trop avec les autres.

On ne peut plus aujourd’hui rouvrir les carrières qui ont originellement servi pour un petit chantier de 5-10 m3. Ce serait trop cher.

M. Malbrel, Directeur de l’atelier de restauration de peintures du même nom, et le technicien en charge du chantier ont évoqué la conservation du décor intérieur. Il s’agit en effet d’une conservation et non d’une restauration. Elle intervient une fois que le couvert est assuré.

Ils ont consolidé les enduits anciens en posant des solins d’enduit qui maintiennent les fragments en place et des coulis de chaux. Ils ont fixé les peintures là où elles s’écaillaient. La belle surprise vient du fait qu’un décor antérieur aux peintures du XIXe siècle a été trouvé dans les chapelles lors des travaux.

La présence de la Drac et des entreprises en charge du chantier ainsi que la projection d’un diaporama par M. Montreau ont permis aux participants d’avoir une bonne idée de ce qu’il se passe derrière les échafaudages!

La prochaine animation du Pays d’art et d’histoire se déroulera le 13 avril prochain à 18h dans la salle polyvalente d’Aigues-Vives. Il s’agit d’une conférence sur les races pyrénéennes d’élevage du XVIIIe siècle à nos jours.

L’intervenant sera Bruno Besche-Commenge, ex-enseignant et chercheur retraité du centre de linguistique et dialectique de Toulouse. Le tarif de la conférence est de deux euros. Elle sera suivie par un apéritif dînatoire avec produits locaux (10 euros) pour lequel il vous faut réserver au 05 61 68 83 76.

Source: Pays d’art et d’histoire des Pyrénées Cathares

25/03/2013 - 19:01 | Lu: 9796 fois