Textile: les salariés de «Fashion Company» sans salaire depuis le mois de décembre
Crédit photo: R.Vilallon
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Le récent dépôt de bilan de l’entreprise textile «Fashion Company» ne semble émouvoir personne.
Pourtant à Lavelanet, ancienne capitale du textile en Pays d’Olmes, cette situation de cessation de paiement a un écho particulier.
Il s’agit en effet du dernier vestige du textile qui disparait après la Sotap-Carol.
Ces 26 salariés (des anciens d’AVELANA) dont la moitié a plus de 50 ans et les deux tiers sont au smic, ont appris par courrier en début d’année la fin de leur activité.
Il faut bien avouer qu’ils s’en doutaient un peu, à force de morceler l’activité et de transférer le travail au personnel de SEFITA, la filiale marocaine de l’actionnaire majoritaire HOLFIPAR.
«Nous avons assisté impuissants à un dépôt de bilan orchestré, visant à récupérer les actifs des sociétés concernées, en laissant les coûts de licenciement et les allocations chômage des salariés à la charge des Collectivités»
C’est le point de vue du représentant du personnel et des délégués du personnel qui ont saisi le président du tribunal de commerce de Paris où devait avoir lieu ce mardi la première audience.
«La situation de cessation de paiement de Fashion Company ne semble pas nouvelle, au vu des chiffres publiés, précise un des représentant du personnel.
En effet cela fait des années que les pertes sont récurrentes mais cette situation a été cachée, sinon comment expliquer le dépôt très tardif des comptes: ceux de 2012 n’ont été déposés qu’en décembre 2014 et ceux de 2013 en janvier 2015.
Le tribunal a dû la reporter son audience au 11 mars pour complément d’information du dirigeant … Il n’avait pas produit les éléments comptables!
Ca en dit long sur le sérieux de la direction ! Il est vrai que nous n’avons vu Karim Tazi que 3 ou 4 fois depuis 2011 et que malgré nos sollicitations il ne nous a jamais répondu, mis à part pour nous apprendre par courrier qu’une procédure collective était engagée suite au dépôt de bilan du 5 février dernier»
Des salariés qui après avoir fait de la confection, du tissu d’habillement pour Roudière puis pour le groupe Chargeur et enfin pour Avelana n’ont pourtant pas hésité à changer leur fusil d’épaule.
«On était vendeur de nos produits, on est devenu des prestataires avec un seul client, notre actionnaire principal depuis le 1er novembre… et les prestations ne couvrant plus les charges, il est facile après avoir récupéré les stocks, les marques et le fond de commerce par des jeux de créations d’entreprises, de transfert d’une partie de notre travail au Maroc où Karim Tazi a monté une grosse unité intégrée de 800 salariés, de nous faire disparaître»
L’histoire était écrite serait-on tenté de dire, aujourd’hui se joue le dernier acte de cette tragédie en Pays d’Olmes. Les 26 salariés de Fashion Company ne sont pas résignés et c’est la tête haute qu’ils entendent quitter la scène.
Depuis trois mois ils ne perçoivent plus de salaire, d’où cette lettre adressée au président du Tribunal de commerce pour attirer son attention.
«Il ne nous reste pas grand chose mais nous voulons toucher nos droits… depuis le mois de juillet certains parmi nous n’ont plus de travail (une partie de notre activité a été transférée au Maroc) mais doivent continuer à faire acte de présence… on ne peut pas se résigner à finir ainsi».
Ce matin c’est avec l’Unité Territoriale de la DIRECCTE de l’Ariège qu’ils avaient rendez-vous. Ils souhaitent que les services de l’Etat leur facilitent l’accélération de la procédure d’indemnisation.
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