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Surveillance sanitaire du chevreuil en Ariège

© midinews 2015

Le nouveau laboratoire de nécropsie installé dans les locaux de la fédération des chasseurs de l’Ariège permet de réaliser des examens visant à détecter l’apparition de maladies nouvelles (épidémiovigilance) sur le gibier ou les bêtes sauvages.

C’est souvent en relation avec le Dt Jean-Pierre Alzieu, directeur du laboratoire vétérinaire départemental qu’ils se déroulent, mais la disposition des lieux permet aussi d’y accueillir les étudiants de l’école vétérinaire de Toulouse ou d’y réaliser des formations d’examen initial du gibier pour les chasseurs du département.

Cette semaine il s’agissait d’une autopsie sur un chevreuil tué lors d’une chasse sur le piémont ariégeois. «Quand on tire le grand gibier, c’est souvent de loin et on ne distingue pas les détails, explique le vétérinaire.

Mais le chasseur quand il a récupéré cette bête, s’est rendu compte qu’elle était anormalement maigre, qu’elle avait perdu beaucoup de poils et qu’elle avait des mélanomes. Autant de paramètres qui mettent la puce à l’oreille aux chasseurs formés à l’examen initial du gibier
» explique le Dt Alzieu bien décidé à réaliser une autopsie pour déterminer précisément les causes d’affaiblissement anormal de cet animal.

Actuellement il essaie en relation avec le monde agricole, de résoudre les problèmes rencontrés sur les isards, mais il reconnait que les épisodes de mortalité des chevreuils ne sont pas isolés: «il arrive qu’il y en ait ici ou là, souvent d’origine virale, mais ce qui sauve ces populations c’est la gémellité, il y a toujours deux petits… si bien que même si un certain nombre de femelles disparaissent, la population ne tombe jamais».
L’autopsie permet de poser des questions et peut-être d’y répondre
«Les muscles sont beaucoup trop clairs par rapport à la couleur habituelle, il n’y a pas de graisse abdominale ni de graisse péri rénale…

On voit qu’il y a un état de gestation déjà avancé, mais tous ces paramètres ne constituent pas des causes d’affaiblissement naturelles… est-ce un parasite, une infection, une épidémie, les investigations le diront et à partir de là on pourra agir en conséquence.

Car si on laisse courir c’est ensuite trop tard… d’où la nécessité de cette médecine de vigilance
».

La saison de chasse est terminée en Ariège, les chasseurs viennent de ranger leurs fusils au râtelier pour une pause, mais les missions sanitaires de la fédération se poursuivent toute l’année.

Laurence Cabrol | 23/02/2015 - 18:50 | Lu: 19143 fois