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Pamiers: José-Xavier Polet, «poète de la ligne»

© midinews 2015

Visiter l’exposition de cet artiste et plasticien Belge est un voyage dans l’interrogation permanente, au fil des regards que l’on pose sur la vingtaine de ses œuvres exposées à la galerie «Les Carmes arts contemporains» à Pamiers depuis vendredi 27 jusqu’au 28 mars prochain.
La ligne ! What is the Question?
Tout au long de nos pas, qui nous guident vers les travaux de l’artiste, ils nous invitent à nous interroger, au travers de ce que l’on voit, à trouver l’expression de la ligne, à l’interpréter, à chercher de la comprendre, dans son contexte, à réfléchir sur le sens de l’orientation que l’on peut lui donner, à moins que ce soit elle qui nous impose sa direction…

Tout cela au cœur de la couleur que l’on peut ressentir comme une expression presque naïve.

La ligne est, tout à la fois, verticale, mais pas rectitude, du moins pas celle que l’on veut nous imposer, seulement celle que nous-mêmes nous pouvons nous imposer à nous même.

Elle est aussi horizontale, mais forcément droite! De quel côté penche-t-elle? Et pourquoi?
Elle est diagonale, comme celle du fou? Comme une synthèse rapide de votre existence?
Elle est brisée, comme une vie, comme un espoir? Témoignage de nos environnements à des dates précises?
Elle s’effiloche, comme notre durée de vie au fils du temps? La vanité de nos comportements?
Elle monte vers le haut, pour mieux nous hisser nous-mêmes vers un monde meilleur?
Elle se courbe, reflet de notre servitude devant le monde de la finance? De notre laxisme quotidien?

La ligne, chez José-Xavier Polet, c’est un peu tout cela et beaucoup plus à la fois…

C’est la liberté de penser, de s’exprimer, de regarder et surtout de voir, d’apercevoir, de ressentir, de s’imprégner, de chercher à comprendre, d’interpréter, de sourire ou de pleurer.

Ce tableau, est-il l’expression d’un soupirail, celui d’une prison? Et quand je le regarde, de quel côté je suis? De l’extérieur, à la recherche de trouver le prisonnier, comme un voyeur qui oublie qu’il peut aussi être de l’autre côté du soupirail, à l’intérieur, regardant le vert du pâturage, qui s’étale au-delà des barreaux ! L’herbe est-elle vraiment plus verte ailleurs? 

Et celui-ci, inspiré des chars russes à Budapest, ces lignes, sur fond rouge rosé, sont-elles la représentation de la liberté écrasée dans le sang?

Ces parallèles alignées en verticales, sur un jaune clair de couleur vive, souvenir de Port-Saïd, quel sens de l’histoire retracent-elles sur fond de lumière intense du soleil de l’orient ?

Venez visiter cette exposition, vous ne pourrez pas en sortir sans vous avoir posé de questions. Devant les tableaux des lettres, sont-elles les témoignages d’un temps passé, avec derrière le mystère de l’enveloppe, le contenu d’un document qui est peut-être le message de l’amour?

Cet artisan, au sens le plus noble de ce terme, car il réalise lui-même ses œuvres, de la planche de bois jusqu’à la préparation du fond qui soutient sa création, nous bouscule et nous oblige à concevoir que l’art abstrait est plus qu’une expression que déchiffre l’œil!

Il nous donne à penser, il nous impose une réflexion personnelle au travers de l’utopie et de son interprétation.

Certaines personnes sont tentées de croire qu’un enfant de huit ans ferait la même chose… !

Si c’est le cas, il faut les encourager à transcrire sur la toile leur génie !

Pat Chaddy | 04/03/2015 - 19:51 | Lu: 9120 fois