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26/11/2005 imprimer envoyer � un ami commentaires(0)
Le travail de la corne est sa passion

Le pays d'Olmes a longtemps été associé à l'industrie du peigne en corne qui connut son apogée au XIXe et pendant la première moitié du XXe siècle avant la domination du peigne en plastique. Les traces écrites les plus anciennes remontent au Moyen Age et avec l'aide de la famille de Lévis, cette longévité a permis le développement d'un savoir-faire local. L'industrie du peigne en corne connaît en effet au XIXe siècle un développement sans précédent, notamment grâce à l�introduction en 1848 de la machine à denter, hissant la vallée de l'Hers au rang de premier centre français de production. En 1900 la production est de 10 millions de peignes. Dans les années 30, l'industrie du peigne en corne occupe 1500 ouvriers dans 50 entreprises.

Aujourd'hui cette vallée ne compte que deux entreprises artisanales de peigne en corne dont une à l'Aiguillon. C'est en effet sur la route de Bélesta, dans les anciens locaux de l'usine Delpech que monsieur José Da Fonseca nous accueille pour nous faire découvrir avec passion les gestes de ce métier ancestral mais désormais voué à l�oubli.
Après avoir travaillé pendant plus de trente ans à l'usine Jouret d'Ivry sur l'Hers, le voici maintenant à son compte depuis plus de cinq ans. "Il faut seize étapes pour réaliser manuellement un peigne en corne, soit près d'une demie heure par peigne", précise cet artisan amoureux du travail bien fait. « Certes, ces peignes sont un peu plus chers que les peignes en plastique qui sortent en deux secondes des presses à injecter dans la région d�Oyonnax mais pour les cheveux il est préférable d�utiliser la corne, croyez-moi » ajoute-t-il.

Outre le plaisir du contact avec la matière naturelle, la corne a en effet une qualité biologique exceptionnelle : sa texture riche en kératine est de la même nature que celle des ongles ou des cheveux. C�est pour cette raison que le peigne en corne les protège car il ne produit pas d�électricité statique.

Monsieur Da Fonseca nous explique que les cornes sont aujourd�hui importées d�Amérique Latine ou d�Australie. Les siennes proviennent d�Uruguay car les éleveurs français coupent les cornes de leurs vaches pour ne pas qu�elles se blessent dans les râteliers. Si la force hydraulique est aujourd�hui remplacée par l�électricité, les machines qu�il utilise ont tout de même une centaine d�années et il en connaît leurs moindres éléments, ce qui facilite considérablement les réparations quand une pièce lâche.

La première opération pour transformer une corne creuse en peigne est le sciage : la corne est découpée en trois tronçons. La « gorge», partie au contact de la tête du bovin, est réduite en sciures utilisées comme engrais naturel, excellent pour les jardins : c�est la cornaille. La partie médiane, ou « biscage » sert à la fabrication des peignes et la pointe (qui est pleine) est utilisée pour la réalisation de boutons.
Notre artisan expédie les pointes des cornes qu�il travaille dans le Jura où des ateliers spécialisés en feront des tuyaux de pipe ou des boutons en corne, très prisés dans le monde de la couture.
On passe ensuite au biscayage : le travail du biscayeur consiste à chauffer la corne, de la découper à l�aide d�un couteau en forme de serpette, « le biscail » et de bien la dérouler en spirale pour faire une plaque à peu près rectangulaire dans laquelle on réalisera le peigne. Pour des raisons évidentes de coût, la chauffe se fait aujourd�hui au gaz mais autrefois les cheminées à bois sur lesquelles on chauffait la corne produisaient de l�humidité, ce qui évitait de brûler la matière première. Un bon biscayeur en tapant la corne avec sa serpette reconnaît si elle est prête à travailler (elle doit « sonner plus lourd »).
Ensuite vient l�aplatissage : la corne est chauffée une deuxième fois, l�artisan la glisse entre les mâchoires de sa pince pour la dérouler, l�aplatir et casser ses fibres. Elle est passée dans une presse hydraulique où chaque « plaque » est refroidie par un circuit d�eau. Enfin cette plaque sera mise au repos pendant un mois afin que la fibre ainsi étirée ait le temps de se rétracter.

Le grattage permet de supprimer les défauts trop importants (comme les bosses sur les peignes) et d�obtenir une surface régulière.
Avec le traçage, les plaques de corne vont être marquées à l�aide d�un gabarit appelé «régadous » et d�un poinçon d�acier. Les peignes sont tracés en tenant compte de l�épaisseur et du sens de la fibre.

Le rognage consiste à découper la plaque avec une scie circulaire, afin d�obtenir une ébauche appelée « bâton ».
L�opération suivante, le carage, permet de meuler et d�arrondir les contours de ce peigne rudimentaire. L�ébauche va par la suite être façonnée en biseau sur chaque face, ce qui permettra une meilleure pénétration dans la chevelure.

L�étape suivante du stadage s�effectue en deux temps : on découper les grosses dents puis les plus fines, en fonction du modèle choisi. Cette opération est semi mécanique dans la mesure où les dents sont sciées à l�aide d�une fraise. « C�est loin d�être terminé » nous confie José d�un air enjoué.

Le planetage va permettre d�affiner le peigne : on ébavure avec plusieurs meules plus ou moins abrasives. On peut ensuite appointer les dents avec une autre meule.
Après l�appointage, le baguettage consiste à amincir le dos du peigne sur chaque face en faisant glisser celui-ci sur une petite meule.
Pour le ponçage on utilisera une préparation à base d'eau et de pierre ponce avec une roue en flanelle qui sert de tampon lustrant.
Mais pour qu�il ait un aspect brillant on le passe sur une ultime meule de polissage. L�opération terminée on rince et on sèche le peigne et notre artisan ajoute une touche de blanc d�Espagne pour faire apparaître toutes les nuances délicates de la corne.

C�est toujours avec le même bonheur que José Da Fonseca prend le temps de faire partager sa passion et d�expliquer, à qui veut bien franchir le seuil de son atelier, toutes les phases dans la fabrication d�un peigne en corne. « J�ai neuf tonnes de cornes qui m�attendent » dit-il en souriant. Il est vrai que son emplacement stratégique, sur la route des vacances, lui fait rencontrer beaucoup de touristes qui l�été s�arrêtent au magasin d�usine et prennent le temps de voir sous leurs yeux la transformation de la corne en peigne. Mais l�hiver, où les visites sont moins nombreuses, le travail est plus soutenu. Le cahier de commandes de notre artisan est plein, preuve qu�il fait du bon travail : il doit notamment approvisionner de nombreuses boutiques, parfumeries ou pharmacies et il fabrique les manches des fameux couteaux de Laguiole, un gros marché.

Ajoutons enfin qu�à l�heure de la mode ethnique et de la vague du bio, le peigne en corne revient sur le devant de la scène : en effet il est esthétique, il fait du bien aux cheveux et il est unique car il n�a jamais deux peignes identiques, donc il est précieux. Mais proportionnellement il n'est pas cher car avec une dizaine d�euros on a un très beau peigne en corne. La palette se décline en d�infinies variations, du vert sombre au miel, en passant par le crème ou le roux.

Après avoir rencontré cet artisan hors du commun, rien n�est plus pareil : le peigne qui faisait partie de notre quotidien, voire de notre intimité prend désormais une proportion sacrée. On comprend mieux pourquoi au Moyen Age on trouvait des peignes en corne ou en ivoire dans les trésors d�Eglise. Ils étaient certes utilisés en tant qu�objets liturgiques pendant certaines cérémonies comme l�onction des évêques, mais après avoir vu réaliser toutes les étapes de sa fabrication à partir d�une ordinaire corne de vache, le peigne devient sans aucun doute un objet d�exception.

Outre le peigne décliné sous toutes ses formes, du peigne à moustache au démêloir en passant par le peigne à poux, José Da Fonseca réalise de nombreux objets à partir de la corne : pelle à gâteau, reposes couteaux, bracelets�etc, autant d�idées de cadeaux pour les fêtes ou tout simplement pour faire plaisir toute l�année. Il ne faut pas hésiter à pousser la porte de son atelier car c�est pour lui un plaisir renouvelé que de parler de son métier.

José Da Fonseca
Route de Bélesta
09 300 L�Aiguillon
Tél /fax : 05 61 01 71 46
actualites Ariege   auteur: Laurence Cabrol  |  publié le: 26/11/2005
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