La maison bioclimatique, la maison de l�avenir
 Pour la deuxième année consécutive, la Communauté des Communes du Pays de Mirepoix a organisé «les journées de sensibilisation à l’Eco-construction»…
Un réel succès pour cette action reconduite en partenariat avec plusieurs associations, dont l’Arpe, Ecorce ou Phébus-Ariège et la chambre de Métiers. Cela a permis à un large public de rencontrer les acteurs de l’éco-construction dans le département de l’Ariège, de visiter des maisons solaires, bioclimatiques ou à ossature bois et d’assister à des conférences.
C’est chez Francis Obled, sur les hauteurs de Mirepoix que nous avons découvert avec un groupe d’une vingtaine de personnes («Face au nombre de demandes il m’a fallu organiser plusieurs visites», explique Corinne, l’organisatrice) une maison bioclimatique ou encore une maison dite passive en raison de sa faible consommation énergétique.
Ossature bois, chanvre de chaux, bottes de paille, briques de terre crue, panneaux solaires (pour l’eau chaude et l’électricité), récupération d’eau de pluie… bref une maison écologique et autonome.
Mais Francis n’en est pas à son coup d’essai, cet ancien décorateur de théâtre, originaire du nord de la France construit depuis trente ans des maisons «écolo», plus de 25, qu’il revend par la suite mais celle-ci, c’est décidé, il l’habitera.
Plus de deux ans de lutte auront été nécessaire pour réaliser ce rêve.
«Aujourd’hui alors que l’on parle de filière bois, l’administration n’autorise que 20% de bois visible, la DDE a cependant des consignes plus souples mais le combat est loin d’être gagné […]
Ma démarche est militante quand je construit une maison, le propriétaire doit participer aux travaux sinon ce n’est pas raisonnable […] je ne prends pas de chantiers autrement»
Après l’obtention de son permis de construire, Francis Obled débute les travaux en avril 2006, il construit sa maison en adobe, une brique de terre crue, séchée au soleil, autrefois 70% des maisons dans le département de l’Ariège étaient réalisées ainsi.
«169m² (220m² avec les combles), murs en chanvre et chaux doublé avec des briquettes de terre cuite, un mur nord en paille et béton de chanvre idéal pour le transfert hygrométrique […]
Le chanvre est un excellent isolant, nous l’employons ici sous forme de chènevotte ajouté à la chaux hydraulique qui, malaxé dans une cuve de 850l, est ensuite tassé manuellement dans un coffrage bois pour monter les murs»
Cette maison à ossature bois autonome est construite dans une technique poteaux-poutres en charpente traditionnelle avec un assemblage en tenons et mortaises, sans pièces métalliques.
Elle campe sur 4 gros piliers en béton cyclopéen à 6m de profondeur, les fondations ont été réalisées pour conserver la chaleur: terre battue bien tassée, 50 tonnes de galets, dalle de terre sur 50cm puis 15cm de graviers, une dalle de chaux-chanvre dans laquelle passe la tuyauterie du chauffage.
Une batterie de panneaux solaires sur le toit permettent de stocker l’énergie dans des batteries, un puit et l’eau de pluie récupérée par la toiture (300m², soit 10 fois que ce que l’on consomme pendant une année).
Quant au prix de revient, Francis Obled précise: «actuellement une maison 100% écolo revient au même prix qu’une maison classique, soit 1200€ le m², les matériaux sont peu chers mais il y a beaucoup de main d’œuvre […] un marché est en train de se créer et la tendance commence à s’inverser»
Parmi les visiteurs, un jeune artisan d’Artigat, Jean-Baptiste Pauly, convaincu comme beaucoup, que la maison écologique c’est l’avenir. Francis Obled intervient dans des stages organisés par l’association Ecorce (tél 05 61 60 18 95)
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |