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Haute-Ariège: le rucher du Montcalm au carrefour des 3 vallées
 C’est au pied du toit de l’Ariège, «Le Montcalm», au carrefour des vallées du Soulcem, d’Artigues et de Vicdessos que Sylvie Humbert a installé sa miellerie.
«Je me suis installée en 1992, explique Sylvie, je cherchais un local suffisamment proche des ruches mais pas complètement coupé du monde pour accueillir le public […] Bernard Piquemal, président de la communauté de communes, m’a proposé d’emménager dans l’ancienne école de Marc, un petit village à 7km d’Auzat, désaffectée depuis l’exode rural du siècle dernier, que nous avons restauré»
Cette apicultrice a choisi de travailler en vente directe pour être plus proche de ses clients… et c’est après une dégustation systématique des miels récoltés en haute-montagne qu’ils peuvent ensuite choisir.
«Chaque miel a sa spécificité: acacia, rhododendrons, toutes fleurs, châtaignier, bruyère, tilleul […] nous fabriquons des produits dérivés: nougats, pains d’épice, bonbons, bougies et savons en relation avec la savonnerie marseillaise la Licorne»
A l’entrée de la miellerie, un ours Pyrénéen en bois sculpté dans un tronc de près de 2m contient un essaim d’abeilles que l’on peut observer derrière une vitre.
«Je tiens à démystifier l’approche que l’on peut avoir des abeilles, ce sont nos amies, elles ne piquent que si elles se sentent en danger […] elles meurent aussitôt après. J'explique le fonctionnement d'une ruche et surtout l'organisation de la vie des abeilles.
Depuis quelques années nous avons aménagé dans une ancienne salle de classe à l’étage, au-dessus de la miellerie et de la boutique, un petit éco-musée de l’abeille permettant de comprendre l’organisation d’une ruche et la vie en société des abeilles»
Un partenariat avec l’inspection d’Académie et la mise en place d’outils pédagogiques permettent à l’apicultrice d’accueillir des classes dans le cadre du label Ferme Ecole.
Depuis peu, Sylvie Humbert a embauché Magay, une jeune apicultrice très motivée qui a décroché son diplôme professionnel (BP REA) à Auzeville avant de revenir au pays et travailler au Rucher du Montcalm.
«En saison, tous les trois ou quatre jours, nous déplaçons les ruches en fonction des floraisons: au mois de juillet, nous avons beaucoup de ruches sur les rhododendrons, ensuite on enchaîne avec la bruyère. Je dois surveiller si elles se remplissent bien. Nous commençons vers mars ou avril et nous terminons en septembre. Après nous sommes comme les abeilles, nous hibernons !»
En effet, l’hiver, les abeilles consomment moins d’énergie. Pendant quatre mois elles se mettent en grappe autour d’un rayon et cessent leur activité en attendant des jours meilleurs.
Dès le solstice d’hiver, l’apparition des premiers chatons de noisetiers ou de saule, puis les fruitiers, elles reprennent leur activité de butinage, la colonie s’agrandit de manière exponentielle jusqu’en octobre.
«C’est un travail agréable rythmé par les saisons, commente la jeune fille: récolte, extraction, transhumance […] une fois une miellée terminée, on remonte les ruches en altitude pour une autre miellée […] il faut aussi préparer les abeilles pour qu’elles soient performantes, changer les cadres, entretenir les ruches, changer les reines, renouveler les essaims […] ces petites bêtes sont passionnantes, on apprend beaucoup sur la vie sociale !»
Bien que les abeilles de montagne soient protégées, Sylvie constate que les pertes après hivernage sont aujourd’hui plus importantes: «les abeilles en montagne sont moins exposées qu’en plaine, cependant la mortalité est passée de 10 à 30% [...] Le Gaucho et le Régent TS, les deux pesticides interdits depuis 2004, ne sont pas les seuls responsables.
Ils ont affaibli les ruchers qui ont ainsi été plus sensibles à des maladies comme la loque acide qui s'attaque aux larves. Les abeilles affaiblies sont aussi menacées par des acariens comme le Varroa destructor ou le frelon asiatique, la Vespa velutina qui envahit aussi nos régions [...]
Si l'abeille venait à disparaître, l'homme n'aurait plus que quelques années à vivre a dit Albert Einstein. Cela illustre l'interdépendance des espèces. Les abeilles assurent à 80% la pollinisation des espèces végétales, parmi lesquelles se trouvent près de 35% des ressources alimentaires mondiales…» à méditer...
Quoiqu’il en soit, Sylvie, notre apicultrice du Montcalm, réussit à transmettre son enthousiasme pour les abeilles et même aux plus réfractaires… dès que l’on franchit le seuil de sa boutique odorante, on tombe sous le charme… ils sont nombreux à revenir chaque année lors des vacances en Haute-Ariège, redécouvrir les goûts simples et authentiques du miel d’autrefois.
Sylvie est également présente en juillet-août sur le marché de Vicdessos où elle ouvrira bientôt une boutique… et au Festival des Saveurs, du 13 au 15 septembre à Ax les Thermes.
Le Rucher du Montcalm Village de Marc 09200 Auzat tél: 06 14 83 48 84 et 05 61 64 83 86 Visite commentée du monde des abeilles tous les vendredis à 10h Eco-musée, visite libre tous les jours Toute l’année vente de miel et autres produits dérivés Location de Gîtes
Photos et vidéo: AriegNews TV 2008 |
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 26/08/2008 |
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